Avant-propos

 "Dans 20 ans, vous serez plus déçu par ces choses que vous n'avez pas faites que par celles que vous avez faites. Alors larguez les amarres. 
Mettez les voiles et sortez du port ô combien sécurisant. Explorez. Rêvez. Découvrez."
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Mardi 5 janvier 2010 2 05 /01 /2010 04:43

Antarctique 2397
Encore deux journées magiques sur le continent blanc, des centaines de pingouins, des icebergs, découverte de la base britannique de Port Lockroy, encore quelques baleines, et c'est malheureusement l'heure de prendre le chemin du retour vers le monde normal.

 

Réveil à 10 heures ce 5 janvier, ma première grasse matinée à bord de l'Antarctic Dream. Le bateau est entré cette nuit dans le passage de Drake, bras de mer plutôt agité qui sépare l'Antarctique de l'Argentine. Une nouvelle soirée arrosée aidant, j'ai dormi à poings fermés mais apparemment ça a dû pas mal secouer car c'est le foutoir incroyable dans ma cabine. Première difficulté de taille: impossible de remettre la main sur mes lunettes que j'ai malencontreusement posées sur ma table de nuit hier soir en oubliant de les ranger dans leur étui. Et elles ne sont pas au pied de la table. Myope pire qu'une taupe, je tâtonne à quatre pattes pour tenter de les retrouver, inquiète à l'idée de les écraser par mégarde. Mais elles sont où ces putains de lunettes??? En plus, c'est le bordel total au pied du lit. Mes trousses de toilette et de pharmacie, que j'avais laissées ouvertes sur la commode, ont également valdingué par terre et la moquette est jonchée de produits de beauté en tout genre et de plaquettes de médocs.

 

Lunettes enfin retrouvées, à deux mètres de la table de nuit, sous l'autre lit, pas très loin de la porte. Ouf, quel soulagement. Je retrouve en tout cas avec plaisir le tangage du bateau. Vais-je enfin avoir droit à ma petite tempête sur le trajet du retour? L'aller m'avait laissée un peu sur ma fin tant la mer avait été inhabituellement calme. Et bonne nouvelle: selon les prévisions météo, cette fois-ci ça devrait secouer un peu plus. Va enfin y avoir du sport!!

 

Petite journée tranquilou au rythme des conférences sur l'histoire de la découverte de l'Antarctique et de la conquête du Pôle Sud. Tri de mes innombrables photos (900 après suppression des mauvaises). Bavardages au bar avec Mark, Leon et Hugo. Les rangs des passagers s'amenuisent au fur et à mesure du tangage du bateau. L'opération retranchement dans les cabines a commencé.

 

Deuxième nuit dans le passage de Drake. Cette fois-ci par contre, difficile de s'endormir. Le bateau saute dans tous les sens comme un diable en furie. Impossible de rester allongée sur le côté comme j'en ai l'habitude car je manque de tomber du lit au moindre gros remous. Je me retrouve sur le ventre, agrippée au lit qui grince comme pas possible. Sans parler du vacarme assourdissant des vagues qui viennent claquer contre la coque du bateau. Ca y est, je l'ai enfin ma petite tempête.

 

Réveil un peu difficile en ce matin du 6 janvier. Mais ai-je vraiment dormi ? Pas sûre. Cette fois-ci, pas de problème pour retrouver mes lunettes, soigneusement rangées dans leur étui, bien à l'abri dans le tiroir de la table de nuit. Lever un peu périlleux par contre. Encore toute embrouillée de sommeil j'arrive difficilement jusqu'à la salle de bain, manque de me faire écrabouiller le pied par la porte qui vient me claquer dans la gueule, renonce à l'idée de mettre mes lentilles au risque de m'éborgner en m'enfonçant le doigt dans l'œil...

 

C'est vrai que ça retourne les tripes un peu dans tous les sens, mais bon, moi je trouve ça plutôt rigolo de voir transformée en parcours du combattant la moindre activité du quotidien. Opération sortie de la cabine réussie, reste à atteindre la salle de restaurant, deux étages plus haut. Oupsss.... Faut bien s'agripper aux rampes dans les escaliers.

 

En tout cas, y a pas foule ce matin pour le petit déj. Dix passagers max. Faut dire que tout déplacement dans le bateau est plutôt périlleux. J'ose même pas aller chercher mon café et demande à un serveur, beaucoup plus rompu que moi à cet exercice délicat, de me l'apporter à ma table. J'admire d'ailleurs leur habilité à se déplacer, tasses et assiettes à la main, sans presque rien renverser... Un pot de yaourt échappe tout de même malencontreusement du plateau de l'un d'entre eux pour s'exploser par terre. Une autre grosse vague et patatras... Mon café s'est renversé... Et dans le pot à sucre en plus... Ah c'est malin... Mais d'un autre côté, qu'est-ce que je marre... Pour les malheureux serveurs, c'est un peu le ballet ininterrompu des balais et serpillères pour éponger tous les dégâts.

 

Antarctique 3047

Et à l'extérieur, le spectacle est magique. Le mauvais temps du début de la matinée s'est dissipé pour laisser place à un grand soleil. La mer d'un bleu profond est parsemée d'écume blanche à la crête des vagues. J'adore regarder le fracas de l'eau contre la coque. Le mouvement du bateau donne l'impression d'être sur un cheval au galop. Ou alors dans une attraction de fête foraine. Pour un peu, je me croirais dans le « bateau pirate » de la Foire du Trône.

 

Je passe la fin de matinée dans la cabine de pilotage à admirer la vue et étudier les cartes de notre voyage. On va passer à moins de 80 kilomètres du Cap Horn m'indique l'officier aux commandes. Le capitaine avait envisagé dans la nuit d'y faire un détour, mais impossible, le vent était trop fort, et le bateau a repris son cap habituel. Quel dommage, j'aurais bien aimé voir à quoi il ressemble ce mythique Cap Horn. Tant pis, ce sera pour une autre fois.

 

Déjeuner très clairsemé également, même si la houle commence à se calmer un peu. La plupart des passagers n'ont pas encore mis le nez dehors de leur cabine. En tout cas, j'en ai maintenant le coeur net: je ne souffre pas du tout du mal de mer. Plutôt une bonne nouvelle pour moi qui n'avais jamais navigué en haute mer. Et petit sondage rapide auprès de l'ensemble des passagers. A priori nous ne sommes que deux à n'avoir pris aucun médoc!!

 

Pas malade, mais fatiguée tout de même par tout ce tourneboulis et ma mauvaise nuit, je dors toute l'après-midi sur le canapé de la salle de restaurant.

 


Antarctique 3057

Dernier repas du soir et remise de nos certificats officiels « J'ai été en Antarctique ». Ca sent la fin du voyage et ça me déprime. Dernières rigolades au bar avec Mark, Andrew, Leon, et bien sûr Hugo, le meilleur barman d'Antarctique!! Mais j'ai plus le cœur à faire la fête. Et c'est terrible: voilà la nuit qui commence à tomber. Plus d'une semaine qu'il faisait jour sans interruption. Ca nous fout tous un coup au moral de voir qu'il fait noir dehors. L'aventure est finie. Demain retour sur terre.



Antarctique 3062
Par sarah
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