aller-en-islande-tourisme-seljalandfossJe reviens tout juste d’un long voyage en Islande de 7 semaines cet été (du 20 juillet au 10 septembre), et je ne peux m’empêcher d’avoir une question de conscience qui me trotte dans la tête… Est-ce une bonne idée de donner envie sur mon blog d’aller en Islande? Non pas que ce voyage m’ait déplu, bien au contraire, j’ai adoré, mais j’ai rarement eu autant le sentiment d’un pays littéralement envahi par les touristes. Impression d’autant plus forte que le pic touristique en Islande est assez concentré sur juillet-août, les deux mois où la météo est la plus clémente… pour ne pas dire, la moins mauvaise 😉 Est-ce donc bien raisonnable de contribuer, avec ma modeste part, à cet afflux? Difficile à dire. Ces quelques états d’âme ne m’empêcheront pas de continuer à publier des articles vantant la beauté de cette destination, mais j’ouvre ici quand même le débat: faut-il encore aller en Islande?

Un boom touristique sans précédent

A vrai dire, ce n’était pas mon premier voyage en Islande, mais le troisième. La première fois, c’était en 2006, il y a déjà dix ans. Les paysages n’ont pourtant pas changé depuis, mais je n’ai pas reconnu le pays. Ou plutôt: c’est son ambiance générale qui a changé. En 2016, j’ai eu l’impression de voyager dans un vaste parc d’attraction pour touristes. Quelques chiffres (source skift.com) suffisent à résumer la situation: en 2006, 400.000 touristes étrangers avaient visité le pays. En 2016, les prévisions tablent sur 1,7 million! Pour un petit pays d’à peine 330.000 habitants, la différence est colossale.

Evolution du nombre de touristes en Islande (source skift.com)

Evolution du nombre de touristes en Islande (source skift.com)

Le boom touristique en Islande remonte à 2010. Très affecté par une grave crise financière en 2008, le pays a fortement misé sur ce secteur pour assurer sa renaissance économique. La compagnie aérienne nationale Icelandair a transformé l’aéroport de Keflavik en hub international pour relier l’Amérique du Nord et l’Europe et de nombreuses compagnies low-cost comme Easyjet, Wow Air ou Transavia ont investit le marché. Les résultats de croissance ont été au-delà de toutes les prévisions: en 5 ans, le nombre de touristes a bondit de 264%, soit une hausse moyenne de plus de 20% par an. Le tourisme est maintenant la première activité économique de l’Islande, devant la pêche et la production d’aluminium, et représente 31% des rentrées financières du pays. Ce secteur a sauvé l’Islande de la faillite, mais maintenant le pays doit faire face à de nouveaux enjeux…

Des infrastructures touristiques saturées

Affluence de tentes au camping de Reykjavik

Affluence de tentes au camping de Reykjavik

C’est le constat auquel on se heurte quand on voyage l’été en Islande en indépendant sans avoir organisé son périple à l’avance. Les hôtels sont hors de prix et tous complets si on n’a pas réservé. A titre d’exemple, pour une chambre dans le centre de Reykjavik en juillet-août, il faut compter 150-200 euros, et pour un lit en dortoir 50 euros. Les prix sont les mêmes dans toute la partie Sud du pays, la plus touristique. On peut trouver des hébergement un peu moins chers dans l’Est, le Nord ou l’Ouest, mais pas de grande différence non plus. Pour les petits budgets, la seule solution c’est de faire du camping (de 10 à 15 euros la nuit par personne), mais là encore, c’est l’embouteillage assuré. Les tentes sont tellement collées les unes aux autres qu’on entend les conversations de tous ses voisins -et les ronflements aussi-, et il faut faire la queue pour prendre une douche ou faire à manger dans la cuisine (quand il y en a une). Sur les gros sites touristiques, notamment sur le « Cercle d’or » autour de Reykjavik et sur la côte Sud du pays, il y a beaucoup de monde, et ça peut être difficile de se frayer un chemin parmi les perches à selfies…

Un coût de la vie qui augmente

C’est à vrai dire le principal souci des Islandais face à ce boom touristique. La plupart restent accueillants et bienveillants envers les touristes, mais dans leur quotidien, ils doivent faire face à l’augmentation des prix que cela entraîne, surtout pour ce qui concerne l’essence, les logements ou les restaurants. Comme dans beaucoup de grandes villes dans le monde, l’essor de Airbnb à Reykjavik a fait augmenter les loyers et chasse les habitants en grande banlieue.

Ailleurs dans le pays, hôtels et restaurants pour touristes remplacent progressivement les autres types d’activité commerciale car c’est plus rentable. A Höfn par exemple, un port de pêche de 2.000 habitants au Sud-Est de l’Islande, un jeune me racontait que le seul bar de la ville avait fermé récemment pour être transformé en hôtel.

Un environnement menacé

Autre sujet d’inquiétude des Islandais: les dommages causés à l’environnement. Les paysages grandioses et une nature à l’état brut, c’est ce qui attire les voyageurs en Islande, mais c’est une richesse fragile et difficile à protéger. Avec les 4×4 de plus en plus nombreux sur les pistes à l’intérieur du pays et le camping sauvage dans la nature, la virginité de ces écosystèmes est menacée. J’ai été frappée par une discussion avec un Islandais qui me disait que les « meilleurs touristes » pour l’Islande, c’était les touristes chinois: ils paient très cher pour dormir à l’hôtel, font beaucoup de shopping et ils descendent juste du bus pour faire deux-trois photos… Les touristes idéaux en quelque sorte: ils rapportent beaucoup d’argent sans dégrader l’environnement.

Des milliers de touristes fréquentent chaque jour le site naturel de Geysir en Islande

Des milliers de touristes fréquentent chaque jour le site naturel de Geysir en Islande

Où sont les Islandais?

A titre personnel, c’est l’aspect que j’ai trouvé le plus dommage sur ce voyage. Il y a tellement de touristes en été en Islande que cela devient difficile de rencontrer des Islandais. C’est vrai qu’une population de 330.000 habitants, c’est très faible… A Reykjavik par exemple, on entend partout parler français, anglais ou allemand, mais peu islandais… Dans les bars et les restos, il y a beaucoup de personnel étranger, et c’est souvent un barman français qui va vous servir une bière. Pareil pour les piscines, qui sont normalement un lieu privilégié de rencontres en Islande avec tout le monde qui discute dans les bains chauds, mais là encore, je me suis la plupart du temps retrouvée entourée uniquement de Français ou d’étrangers. On a vraiment l’impression de voyager dans un pays fréquenté seulement par des touristes… Un autre exemple avec une statistique qui n’est peut être pas représentative, mais qui correspond à ce que j’ai vécu: j’ai plusieurs fois fait de l’auto-stop en Islande, et sur le total des 27 voitures qui m’ont prise, seulement 5 étaient conduites par des Islandais… Ca ne veut pas dire que les Islandais ne prennent pas d’auto-stoppeurs, mais surtout qu’ils sont en minorité sur leurs propres routes.

Pour rencontrer des locaux en voyage et dormir chez l’habitant, j’utilise d’habitude beaucoup le site couchsurfing, mais en Islande, ça marche très mal. Déjà, il y a très peu d’Islandais inscrits sur le site, et ceux qui le sont se retrouvent submergés par une quantité de demandes d’hébergements hallucinantes. A Reykjavik par exemple, les hôtes reçoivent en moyenne 40 demandes par jour en été, ce qui fait qu’ils cessent de répondre et d’héberger… Inutile donc d’espérer réussir à faire du couchsurfing en été à Reykjavik. Même les rencontres organisées sur le site comme le « CS meeting » hebdomadaire du mardi ou le « pub crawl » du vendredi sont fréquentés quasi exclusivement par des voyageurs ou des étrangers qui habitent Reykjavik. Pour réussir à faire du couchsurfing chez des Islandais, il faut sortir en fait des lieux les plus touristiques. Lors de mon voyage, j’ai eu trois très bonne expériences de logement chez l’habitant sur les îles Vestmann, à Akureyri dans le Nord et à Akranes, une ville au Nord de Reykjavik.

Rencontres avec des Islandais en Islande

Rencontres avec des Islandais en Islande

Alors, faut-il encore aller en Islande?

En fait, j’ai envie de dire: si vous avez vraiment envie d’y aller et que ces paysages grandioses vous font rêver depuis longtemps, et bien oui bien sûr allez-y! J’adore ce pays et j’ai prévu d’y retourner malgré tout… Par contre, si c’est juste pour suivre un effet de mode ou une motivation sans grande conviction, alors allez plutôt voyager un autre pays: il y en a tellement à découvrir! Comme dirait mon amie Emily (Travel and Film) qui adore voyager dans les pays chauds, il y a plein de bonnes raisons pour ne pas aller en Islande: 1/il fait froid; 2/il pleut tout le temps; 3/il y a trop de touristes; 4/tout est très cher; 5/la nourriture n’est pas terrible; 6/risque d’éruption volcanique… On pourrait presque faire un « Top 10 des bonnes raisons pour ne pas aller en Islande » 😉

Quelques conseils: si vous voulez éviter le pic touristique, privilégiez plutôt avril-mai-juin ou septembre-octobre-novembre… Ou même carrément l’hiver. Par contre, si vous voulez faire de la randonnée, il faut vraiment y aller en juillet ou août. L’avantage pour les marcheurs, c’est que dès que vous marchez sur les sentiers de randonnée à plus d’une heure du point de départ, il y a déjà beaucoup moins de monde. Si vous avez envie de rencontrer des Islandais et de mieux connaître la culture locale, pareil, c’est plus facile hors saison. J’avais fait un voyage de quelques jours en Islande en novembre 2015, et j’avais trouvé très facile de discuter avec des Islandais, que ce soit dans les bars de Reykajvik ou dans les piscines.

A lire aussi:

  • Un dossier complet sur le sujet sur le site skift.com (en anglais)
  • La face sombre du boom touristique en Islande sur Courrier International
  • Islande: le boom touristique menace l’environnement sur RFI

A voir: reportage très intéressant (en anglais) sur cette vidéo:

Note: ces réflexions sont issues d’un voyage de 7 semaines en Islande du 20 juillet 2016 au 10 septembre. J’ai voyagé seule, la plupart du temps en bus, et aussi en auto-stop. Pour l’hébergement, j’ai fait en grande majorité du camping, quelques nuits en auberge de jeunesse ou en refuge, et une semaine chez l’habitant avec couchsurfing. Mon budget moyen s’est élevé à 50 euros par jour tout compris (hors billet d’avion).




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36 commentaires pour “Faut-il encore aller en Islande?”


  1. Virginie

    Répondre

    Je suis tout à fait d’accord, l’Islande c’est merveilleux mais on n’a pas envie de trop le dire …
    J’y suis allée fin avril dernier et franchement il n’y avait pas beaucoup de touristes, très peu même (2 à 3 chambres occupés par ferme-hôtel). C’était formidable. Il faisait autour de 0° donc supportable. Les activités pour touristes ne commencent que le 1er mai le plus souvent, donc nous avons fait des randonnées seuls, Vik et Hofn étaient déserts et la blue lagon assez calme. Un bon plan en avril !
    Je pense ne jamais aller l’été pour préserver la vision que j’ai de ce pays attachant. Et j’espère qu’ils arriveront à maintenir leur différence et leur écologie.

    Sinon merci pour ce blog très sympa avec plein de bons plans et d’avis. Bravo !


  2. Je vis depuis 3 ans en Islande, et franchement merci pour cette analyse. Tu y synthétises ce que je (et beaucoup d’autres expats / immigrés) ressens ici, et qui est difficile d’exprimer « à chaud », avec toujours le paradoxe « comment se plaindre des touristes alors qu’on est arrivé ici en touriste, que le secteur touristique fournit beaucoup d’emplois à des étrangers / enrichis le pays donc les Islandais donc nos clients » (pour ceux qui ne travaillent pas dans le tourisme).
    Bref avec ton regard extérieur déjà venue en Islande avant le boum, tu as vu clair 😀 Et visiblement tu as rencontré peu mais suffisamment d’Islandais pour avoir une vision d’ensemble du pays. Triste mais réaliste, et encore tes mots sont « gentils ». Et ta réflexion « j’ai rarement eu autant le sentiment d’un pays littéralement envahi par les touristes » me fait d’autnat plus flipper quand on voit le nombre de pays où tu as voyagé… :'(
    Sophie Articles récents..Merci pour cet hiver…My Profile


  3. Hello Sarah,

    Vu que je viens de rentrer d’Islande également, je te rejoins sur ton point de vue. J’ai été assez étonnée de voir beaucoup plus de touristes que de locaux sur les routes et dans les petits villages qui bordaient la route 1. C’est seulement à Reyjkavik où j’avais un hébergement en périphérie de la ville que je n’en ai pas croisé. Mais comme tu dis l’Islande a beaucoup misé sur le tourisme et de nombreuses compagnies aériennes se sont implantées dans les aéroports européens et proposent des tarifs très attractifs. Comment résister? Pour ma part, Icelandair me proposait pour mon voyage à Montréal de m’arrêter jusqu’à 7 jours en Islande. Même si c’est un pays qui me plaît énormément, si je n’avais pas eu cette opportunité je n’y serais pas allée avant quelques années certainement… En tout cas j’ai eu plaisir à suivre ton périple sur facebook 😉
    Myriam Articles récents..Visite de Jökulsárlón et de sa petite sœur FjallsárlónMy Profile


  4. J’étais en Islande au moins d’août dernier et j’attendais ce voyage depuis des années (que j’ai enfin pu me payer). Je voulais être blufée par les paysages et ça a été le cas. Mais c’est vrai qu’il y a vraiment beaucoup de touristes, surtout dans le sud du pays. Même dans les fjords de l’ouest, j’étais vraiment surprise de voir autant de gens aux cascades de Dynjandi. Ça m’a agacée à certains moments alors j’imagine comment les islandais doivent le ressentir. Vivre avec cet afflux de touristes au quotidien et l’augmentation de fréquentation en un temps record. Ça doit être difficile à vivre au quotidien. Je compatis pour eux.
    Il est vrai que les infrastructures ne sont pas du tout adaptées. Je pense aux campings qui ont une douche homme, une douche femme et un WC pour plusieurs centaines de personnes. Attente interminable, eau froide et hygiène douteuse.
    Si les gens rêvent de l’Islande comme je l’ai rêvée, ils doivent y aller. Mais il est vrai que le pays doit adapter ses infrastructures de logement. Pour la préservation des lieux naturels, faire de la communication/sensibilisation. On peut difficilement limiter les accès à la nature dans ce cas.
    Estelle – Curiosity Escapes Articles récents..Ohrid : le joyau de la MacédoineMy Profile


  5. Bonjour Sarah,

    Ton article est très intéressant et je partage également ton point de vue. Nous nous attendions à nous retrouver seuls avec la nature et finalement nous avons dû visiter certains sites devenus trop touristiques vers minuit pour avoir un peu de calme, quel dommage 🙁

    Nous avons d’ailleurs eu le sentiment que les Islandais n’accueillaient pas les touristes dans leur coeur, et on peut les comprendre. C’est dommage car c’est une destination qui devient beaucoup trop à la mode. Pour s’isoler il faut parcourir les pistes intérieures ou beaucoup marcher, mais pour combien de temps encore? J’espère en tout cas qu’ils sauront préserver cette nature si belle et fragile.


  6. Merci pour cet article. J’ai beaucoup apprécié ton analyse. En voyant l’ampleur des de la communication autour de cette destination et la présence permanente de l’office de tourisme sur les réseaux sociaux, ça ne m’étonne absolument pas. L’Islande ne fait pas parti des pays que j’ai visité mais c’est pourtant une destination qui me fait envie depuis toujours. J’ai toujours voulu la voir sous la neige alors je n’ai jamais imaginé m’y rendre en été. Tu m’as conforté dans mon idée. Merci encore pour ton analyse
    Cécile
    Cécile-Construire Le Monde Articles récents..Guide des architectures de New York : Jour1My Profile


  7. Je remercie la vie d’être allé en Islande en 2003, à cette époque les prix dont tu parles en Auberge de jeunesse n’étaient pas du tout les même, j’avais même loué des petites maisons en bois un peu partout (des sortes de gites) pour pas si cher que ça, il n’y avait concrètement personne, personne sur les routes, personne dans les lieux touristiques, personne à part des nuages de moustiques et de la pluie, et tout ça c’était en plein mois de Juillet. 1 mois de pur bonheur, l’impression d’être seul au monde dans ces paysages grandiose à perte de vue, donnant cette impression d’immensité alors que l’île n’est pas si grande. Bref. Je n’y retournerai plus aujourd’hui en effet, je trouve terrible où on en est arrivé et je n’ai pas du tout envie de participer à cela. Ou alors j’irai en hiver ! 😀 Mais je peux dire ça parce que j’ai déjà eu la chance d’y aller.
    Samuel Articles récents..Istanbul – Jour 2 / Karakoy, Eminonu, Mosquée SolimaneMy Profile


  8. Je comprends tout à fait le cas de conscience qui se pose à toi, mais difficile de dissuader tes lecteurs de ne pas y aller si toi-même tu projettes d’y retourner… Pour ma part, j’ai bien conscience que l’afflux touristique est particulièreemnt concentré sur 2 courts mois, mais la beauté de ces paysages m’attire à un point tel que j’irai prochainement, c’est sûr…
    LadyMilonguera Articles récents..Les jardins Upper Barrakka de La ValetteMy Profile


  9. Pailhes

    Répondre

    Je suis navrée de ce que je lis mais pas surprise. J’ai fait un voyage organisé de 10 jours en 1999 et j’ai été enthousiasmée par le pays et sa beauté sauvage. Peu de touristes à cette époque. L’Islande est victime de son succès, le tourisme de masse est un fléau, parlez en aux Vénitiens.


  10. Réflexions bien intéressantes qui ont touché tour à tour d’autres pays ou régions du monde. C’est le tour de l’Islande de devoir composer avec un tourisme de masse se développant trop rapidement. Les défauts d’une qualité. Le tourisme est bon sur le plan économique, mais sur l’authenticité et l’environnement (entre autres), l’équilibre est fragile.

    L’Islande m’a toujours attirée, j’aime les régions nordiques. Mais depuis 2-3 ans, j’ai l’impression d’un boom touristique qui m’amène à considérer d’autres destinations. Pas pour fuir les destinations dites « touristiques », mais pour laisser le temps passer un peu, les choses se mettre en place et voir où tout ça s’en va.


  11. Tres bonne analyse. J’ai fait le tour de l’ile cet ete pendant 3 semaines et j’ai ressenti exactement la meme chose.
    Tu oublies de dire que sur certains sites, la nature commence à etre serieusement pietinée et abimee par les milliers de passages… à tel point qu’un passeport payant pour les visiteurs est à l’etude …


  12. Elisa

    Répondre

    Bonjour,
    Le tourisme de masse est une vraie plaie moderne qui touche de plus en plus de pays. Sous prétexte de redynamiser une économie, les décideurs politiques et en affaires mettent en place ou participent à des projets à courte vue … cela leur importe peu tant que ça leur rapporte … Et depuis peu, nous sommes rentrés dans l’ère des paquebots géants qui déversent ses hordes de touristes insouciants de l’impact qu’ils laissent derrière eux … Venise (une pétition est en cours sur change.org Sauvons Venise), Tallin, etc.
    Cela ne peut continuer ainsi. Il va falloir que chacun se positionne, quitte à changer de destination, de période dans l’année et fasse pression auprès des autorités pour réorienter les priorités. Pour ma part, j’ai pas mal voyagé dans les années 1978-1982 (en Asie essentiellement) et comme je n’ai jamais eu l’esprit grégaire, je fuyais le moindre troupeau qui se présentait. À présent, je vis au Canada, et quand je suis de passage à Paris, il me faut parfois bouleverser mes projets si je ne veux pas perdre des heures à attendre ou être dans la cohue pour apprécier des oeuvres. Le tourisme de masse est aussi passé par la capitale … le Montmartre que j’ai connu n’a plus grand chose à voir avec celui d’aujourd’hui : un cirque ambulant, c’est ce qu’il est devenu.


  13. C’est intéressant d’avoir le point de vue de quelqu’un qui a voyagé en Islande avant ce véritable boom touristique. Pour ma part, j’ai voyagé pour la première fois en Islande fin août. J’ai trouvé qu’effectivement, certains endroits étaient saturés mais je n’ai pas trouvé ça insupportable (en fait, je m’y attendais).

    Par contre, avec une voiture et en se renseignant un minimum avant le voyage, ce n’est pas trop compliqué de trouver des coins plus calmes (parfois à 2 ou 3 km à peine des endroits bondés et tout près de la route nr 1) et des campings un peu plus confidentiels. Ça doit être plus compliqué quand on fait du stop !

    J’ai rencontré des islandais à Höfn qui m’ont confié être ravis de l’essor du tourisme, qui fournit de l’emploi aux jeunes des régions « rurales » qui avaient tendance à tous migrer vers Reykjavik. Comme quoi, dans toute situation, il y a des milliers de facettes et d’implications, négatives et positives.

    Mais j’ai remarqué aussi à quel point il était difficile de rencontrer les Islandais (presqu’aussi discrets que le petit peuple :D) et j’ai aussi senti un peu de tension dans certaines régions.

    Espérons que l’Islande parviendra à gérer tout cela et à trouver son équilibre ! Espérons aussi que les touristes et les voyageurs apprendront à faire preuve d’un peu plus de respect dans leur comportement 🙂
    Fred Articles récents..Roadtrip en Islande : 6 jours inoubliables sur la route nr 1My Profile



  14. J’ai découvert l’Islande en hiver (décembre 2014) et nous étions comme seuls au monde… J’y retournerais avec joie mais après t’avoir lue, peut-être plus au printemps ou en automne qu’en plein été – de plus en plus on préfère rajouter un pull et une paire de chaussettes, et avoir moins de monde autour de nous 😉 Merci pour cet article intéressant !


  15. Hello, on a suivi un peu ton voyage sur Twitter avec nos quelques échanges de tweets 🙂 Nous y sommes allés entre avril et mai, et comme le dit Virginie plus haut, c’était plutôt idéal : beaucoup moins de touristes et quasiment seuls dans les fjords de l’Est. Mais on a eu le même sentiment : un pays construit autour d’un tourisme qu’il ne contrôle pas. Dans quelques temps, on a bien peur que tout se monétise et que tout perde de son charme (ex : le cratère de Kerið).
    Cela dit, ça reste un de nos plus beaux voyages. Cette île est incroyable et c’est bon de la découvrir.
    Bon article by the way, le parallèle est intéressant.
    Fanny & Alexis



  16. Wow c’est super intéressant ce que tu racontes. J’ai passé neuf mois en Islande en 2011-2012, je crois que c’était le début de cette mode du tourisme en Islande. J’ai vraiment envie d’y retourner mais je pense que je vais suivre ton conseil et éviter juillet-août…


  17. Peut-être que je me trompe, mais j’imagine que le Groenland doit être assez similaire et moins touristique. Ce qui en fait une bonne alternative.



  18. Je comprends tes réserves, j’ai les mêmes aujourd’hui… J’ai choisi de découvrir l’Islande deux fois, en hiver : la première fois en 2015, où il n’y avait pas grand monde du tout… J’ai adoré !!! Ils venaient d’ouvrir les vols low costs Wow air… J’y suis retournée un an plus tard seulement : il y avait beaucoup plus de monde, nous avons donc décidé de fuir le monde près du cercle d’or et de Reykjavik et de filer dans la péninsule de Snaesfelsness pour se sentir de nouveau seuls au monde… Les paysages sont magiques et j’ai eu un énooorme coup de coeur pour le pays… Mais je me dis que j’ai bien fait d’y aller maintenant, je pense que dans peu de temps, ça n’aura plus tout à fait le même charme…


  19. Julie

    Répondre

    Cet article me donne envie d’aller faire un tour en Islande ! Ce sera peut-être la destination de mes prochaines vacances !


  20. Ça ne m’étonne pas du tout car les vols au départ de Montréal sont, en général, assez chers et l’Islande est devenue en quelques années l’une des destinations lointaines les moins chère avec wow air. C’était dans nos plans d’y aller mais j’avoue que je n’avais pas imaginé l’ampleur du phénomène et, n’aimant pas les destinations hyper touristiques, nous préfèrerions nous y rendre en dehors de l’été.
    Omniterra Articles récents..Comment un blog voyage devient-il un succès ?My Profile


  21. Article très intéressant. Et je trouve ça très bien de se poser la question de promouvoir ou non une destination quand on est blogueur, comme pour l’Antarctique par exemple, c’est un cas de conscience intéressant et une question difficile.
    Ah ah, bah les raisons de ne pas aller en Islande, j’allais le mettre en commentaire, mais tu m’as déjà cité dans l’article. 😉 je suis tout à fait d’accord! L’Islande est un pays qui ne m’a jamais attiré: gris, froid, cher et y’a personne là-bas, alors pour moi qui adore les pays tropicaux pas chers, avec la mer turquoise et la rencontre avec loes locaux, je n’ai vraiment rien à y faire. Et je me demande toujours ce que tout le monde va faire là-bas? si ce n’est dépenser une fortune pour se les geler! Je pense en effet, que les gens suivent vraiment un effet de mode, genre il faut absolument avoir vu l’Islande (alors que la Grèce c’est tellement plus beau et intéressant par exemple!)
    En tout cas, ton expérience ne m’a pas fait changé d’avis et on ne me verra pas de sitôt en Islande!
    Allez donc voir mon blog si vous recherchez d’autres destinations plutôt tropicales et pas chères avec beaucoup de gens à rencontrer 😉


  22. Je crois que je rêve de découvrir l’Islande et les Islandais depuis… 25 ans ?! Je me suis toujours dit qu’un jour j’irai… Alors oui, ton article me fait un peu peur et me rend un peu triste. Ou alors j’irai à la retraite (donc en dehors de juillet-aout) ?! Je suis une fille qui voit loin 😉



  23. Merci pour les informations. Même si les conditions et les touristes sont pas forcéments agréables. En revanche, les paysage eux valent le détour.

    Si j’ai un conseil à donné prennez votre séjour en dehors des vacance scolaire, ce qui permet déjà de limité un peu l’affluence. Pour les condition métérologique là il faut avoir un peu de chance je l’avoue ! Mais rien n’empèche de prendre votre manteau et de braver les vents et la pluie.

    Bonne journée.



  24. Merci pour toutes ses précieuses infos. Moi-même blogueuse, j’apprécie trouver des articles de qualité. L’Islande me tente depuis toujours…Disons qu’à la lecture de l’article j’ai toujours envie d’y aller mais la destination ne devient plus ma priorité. Encore merci


  25. Bonjour Sarah, n’oublies jamais que tu es également une touriste et que la multitude de tes voyages confirme la démocratisation totale des voyages aujourd’hui. Donc ne soyons pas étonné par le nombre de touristes et observons maintenant la qualité d’accueil et la conservation des sites.


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