La Russie n’est pas toujours une destination qui fait rêver et c’est bien dommage. C’est un pays-continent fabuleux, avec des villes grandioses, des espaces naturels immenses, une, ou plutôt des, cultures fascinantes. A cheval sur deux continents et 11 fuseaux horaires, c’est le plus grand pays du monde! Il n’y a pas que Saint-Pétersbourg, Moscou et le lac Baïkal à y découvrir… Pour ma part, rien qu’à l’évocation de l’Altaï, de Mourmansk ou du Kamtchatka, mon imaginaire s’enflamme. Kazan, Iekaterinbourg ou Souzdal sont des pépites à découvrir. Pour les voyageurs qui ont envie de « sortir des sentiers battus », la Russie est un formidable terrain de découverte. Et pour les aventuriers qui rêvent d’explorer des terres quasiment inconnues, c’est un eldorado. Méconnu, c’est un pays qui fait peur et dont on parle rarement de manière positive dans l’actualité. Il ne faut pas s’arrêter à ces préjugés. Les Russes ont la réputation d’être froids et distants, mais une fois qu’on a brisé la glace, beaucoup se révèlent accueillants, chaleureux et très généreux. En plus, depuis la chute du rouble sur le marché des changes, c’est un pays pas cher pour voyager.

Le lac Baïkal vu de l’île d’Olkhone

Pour autant, c’est un pays qui demande un peu de préparation. Un voyage en Russie ne s’improvise pas. Comme il n’y a pas beaucoup de touristes, pas grand-chose n’est fait pour faciliter la vie des voyageurs. Il faut savoir être débrouillard, patient et conciliant. Mes premiers pas dans le pays remontent à avril 2006 avec un voyage à Moscou. En août-septembre 2010, j’y ai passé un mois, en traversant le pays de St-Pétersbourg jusqu’au lac Baïkal avec le transsibérien. Puis mon troisième voyage c’était en septembre-octobre 2017, avec un mois de Moscou jusqu’à Sotchi, sur les bords de la mer Noire. Je prévois déjà d’y retourner en 2018 pour la Coupe du Monde de football, mais en attendant, voilà mes principaux conseils pour un voyage en Russie. Il faut garder à l’esprit en tout cas que c’est un pays qui évolue très vite en ce moment et il faut donc chercher des informations les plus à jour possibles.

Les conseils de cet article visent plutôt les gens qui veulent voyager en indépendant en Russie. Si vous préférez choisir l’option d’un voyage organisé, vous pouvez demander un devis gratuit pour un voyage sur mesure avec une agence locale.

1/ Faire son visa pour la Russie

Mon visa pour la Russie en 2017 (j’ai retouché la photo pour cacher mes infos personnelles)

C’est la première chose à faire lorsqu’on organise un voyage en Russie, et ce n’est pas la partie la plus agréable. Pour ma part, je suis assez allergique aux démarches administratives compliquées, alors j’ai l’habitude de passer par l’agence Action Visas. C’est un peu plus cher, mais au moins on ne perd pas de temps à réunir tous les documents et on est sûr d’obtenir son visa pour la durée voulue! Il y a toute une gamme de tarifs à étudier en fonction de la durée du voyage et des délais (à partir de 108 € pour la formule plus économique). C’est aussi très pratique car on peut faire les formalités par courrier et on peut être conseillé par téléphone pour préparer son dossier.

En tout cas, l’idéal, c’est de s’y prendre suffisamment à l’avance pour payer les tarifs les moins chers. Il faut bien être sûr que son passeport est valable au moins six mois après la date du retour de Russie. Pour avoir des informations à jour, il faut toujours vérifier sur le site de l’ambassade de Russie. Les avis sur les forums de voyage ou les articles de blog (comme ici-même) peuvent être périmés.

Quelques informations à savoir.
– Le visa touristique pour la Russie est de maximum 30 jours et il n’est pas renouvelable une fois sur place. Pour rester plus longtemps, il faut demander un visa business de trois mois (c’est un procédé souvent utilisé par les voyageurs; il faut juste une invitation d’entreprise au lieu d’une invitation touristique, invitation qui s’achète facilement, comme les autres, cf ci-après).
– Pour obtenir la lettre d’invitation/voucher touristique, pas besoin de se couper les cheveux en quatre… Il suffit de taper « lettre invitation Russie » sur Google pour trouver tout un tas d’agences de voyage qui en vendent. C’est généralement entre 20 et 50 euros en fonction de la durée du voyage. C’est juste un « papier bidon »: personne n’ira jamais vérifier que vous voyagez bien avec cette agence une fois sur place. Sinon, on peut l’avoir facilement avec Action Visas. L’important c’est que les dates de voyage sur l’invitation collent avec les dates du visa demandé.
– Pour un visa de 30 jours il faut fournir un itinéraire détaillé de son voyage, mais c’est juste à titre indicatif. Donc pas de souci pour ceux qui veulent voyager en indépendant sans rien organiser à l’avance (c’est toujours comme cela que j’ai voyagé en Russie). On peut changer son parcours une fois qu’on a son visa. En 2010, pour faire simple, j’avais juste mis 15 jours à St-Pétersbourg et 15 jours à Moscou. Et en 2017 j’avais prévu de rentrer en Russie par Vladivostok, mais finalement je suis arrivée par Moscou…
– Pour obtenir le visa, il faut une assurance médicale rapatriement avec une couverture minimum de 30.000€. Si vous êtes titulaire d’une Visa Premier ou Gold Mastercard, ça suffit et il faut donc demander une attestation stipulant qu’on est couvert en Russie pour les dates du voyage (il faut l’original reçu par courrier et non le pdf envoyé par email!). Sinon regardez les offres d’assurance voyage sur Chapka ou AVI. Autrement, Action Visas propose des formule visa « tout compris » avec l’assurance incluse.
– C’est possible d’entrer en Russie sans visa, mais les cas sont très limités. Cela concerne les trois villes de Kaliningrad, St Pétersbourg et Vladivostok, mais il faut voyager sur un bateau de croisière et rester moins de 72h.

Cas particulier: la Coupe du Monde de football en 2018. Ceux qui iront assister au Mondial et qui auront acheté au moins un billet sur le site de la Fifa devront faire une demande de fan ID pour accéder aux stades. Ce document leur permettra de rentrer en Russie sans visa dans une période commençant 10 jours avant le premier match (15 juin) et finissant 10 jours après la finale (14 juillet).

2/ Apprendre l’alphabet cyrillique – et un peu de russe

Panneau d’affichage de trains dans une gare russe

Pour un voyage en individuel en Russie, c’est indispensable de faire l’effort d’apprendre l’alphabet cyrillique. Même si dans le métro de Moscou et dans les grandes gares de train, il y a de plus en plus de panneaux en anglais, c’est encore très loin d’être le cas partout. On a vite fait d’être complètement perdu si on n’est pas capable de déchiffrer les panneaux. D’autant plus que l’alphabet cyrillique n’est pas très compliqué à maîtriser. On peut l’apprendre en quelques jours sur internet, mais l’idéal, c’est d’acheter un petit guide de conversation, qui sera également très utile pour savoir dire quelques phrases de base en russe.

Alors où suis-je? Capable de déchiffrer le nom de cette ville?

Pour ma part, j’ai été un peu plus loin, car deux semaines avant mon voyage en 2017, j’ai commencé à prendre quelques cours de russe avec Babbel, un site de cours en ligne qu’on peut également utiliser en application sur son téléphone portable. D’ailleurs pour le russe, je recommande vraiment d’utiliser la version téléphone mobile plutôt que celle sur ordinateur pour des raisons de clavier! La formule d’un mois coûte 9,95 euros. Alors bien sûr le russe est une langue difficile et en un mois on ne va pas très loin, mais les Russes apprécient beaucoup quand ils voient que vous êtes capables de dire quelques phrases. Ca permet de briser la glace et d’être beaucoup mieux accueilli. Il faut vraiment éviter d’aborder les gens en disant « Hello » ou « Sorry », car ça peut les braquer un peu. Alors qu’avec un « Pajalousta » (S’il vous plait) ou un « Zdrasvouitié » (Bonjour), ça passe beaucoup mieux! Avec une ou deux leçons de dix minutes par jour, j’ai facilement appris une centaine de mots/phrases du vocabulaire courant et ça a beaucoup amélioré mon voyage!

3/ Quand aller en Russie?

La Russie est un pays avec des saisons très différentes et un climat très rude en hiver. Pour ma part, j’estime que la meilleure période, c’est de début juin à fin septembre. L’automne n’est pas une très belle saison en Russie. Les arbres et les forêts arborent de jolies couleurs, mais il fait rarement soleil pour en profiter et la météo est très grise et pluvieuse. A Novossibirsk, en Sibérie, j’ai d’ailleurs vu des flocons de neige tomber mi-septembre. « En Sibérie, l’hiver dure douze mois; le reste c’est l’été » d’après un proverbe russe… Le printemps est une période un peu risquée, car il ne faut pas tomber pendant la fonte des neiges où l’on se retrouve à patauger dans la boue.
Cela doit aussi être très beau de découvrir la Russie en hiver (janvier à mars), mais je n’en ai pas encore eu l’occasion. Par contre, à cette saison, j’envisagerais plutôt un voyage organisé. En tout cas, il faut prévoir un équipement grand-froid et bien organiser ses déplacements et ses hébergements à l’avance pour ne pas se retrouver en difficulté.

4/ Comment aller en Russie?

En route pour la Russie en auto-stop avec mon amie Emily en 2010

Non non pas l’auto-stop 😉 Le moyen le plus facile et le plus rapide, c’est l’avion… Je vous recommande donc les moteurs de recherche habituels comme Matrix Ita, Skyskanner, Liligo… Longtemps décriée, il faut savoir que la compagnie nationale russe Aeroflot s’est beaucoup modernisée et affiche maintenant une qualité de service proche de celle des meilleures compagnies. En 2017, elle a décroché la 30e place sur le classement Skytrax des 100 premières compagnies mondiales. Bon à savoir: on peut rentrer en Russie sans avoir de billet d’avion de sortie.

Pour ceux qui veulent aller en Russie par voie terrestre, et bien c’est plus compliqué… Il faut savoir qu’on ne peut pas franchir la frontière terrestre entre la Biélorussie et la Russie, même si on est en possession des visas. Les deux pays forment une sorte de communauté et il n’y a pas de vrai passage frontière (info à jour en décembre 2017, mais ça peut changer). A cause des conflits en cours, les frontières avec la Géorgie et l’Azerbaïdjan sont fermées aux étrangers, et celle avec l’Ukraine, vivement déconseillée. Mieux vaut donc passer par le nord de l’Europe: Lettonie, Estonie ou Finlande. C’est ce que j’avais fait d’ailleurs en 2010, puisque je suis arrivée à Moscou en auto-stop depuis Paris avec mon amie Emily. Nous avons franchi la frontière par l’Estonie. Pour ceux qui veulent lire le récit de cette aventure: c’est par ici.

Il y a des ferries qui traversent la mer Noire pour aller en Russie, mais sur internet, c’est difficile de trouver des informations à jour… Les liaisons qui existaient il y a quelques années depuis la Bulgarie et l’Ukraine n’existent plus. La seule qui fonctionne toujours c’est la ligne qui relie la Turquie à la Russie: Trabzon-Sotchi, mais le site pour réserver est en russe.

5/ Comment se déplacer en Russie?

A bord du transsibérien avec Emily lors de mon voyage en Russie en 2010

La Russie étant le plus grand pays du monde, le sujet des déplacements est de la plus grande importance. Le réseau ferroviaire y est très développé et avec la popularité du transsibérien, c’est un des moyens les plus utilisés par les voyageurs. Le point faible, c’est la lenteur des trajets, car mise à part entre St-Pétersbourg et Moscou il n’y a pas de train grande vitesse (Sapsan/Сапсан). Le point fort, c’est la fiabilité et le confort des trains russes, car même en 3e classe, on a une couchette, ce qui permet de dormir et de passer un bon trajet. Pour ma part, j’ai toujours voyagé en 3e classe et c’est vraiment l’option que je recommande, que ce soit en terme de rapport qualité/prix ou de convivialité car c’est là qu’on rencontre le plus de gens. Autre avantage: le prix! Les voyages en train sont très bon marché. A titre d’exemple, un Moscou-Irkoutsk (5.000 km) coûte aux environs de 6.000 roubles (85 €) en 3e classe. Pour un Moscou-St-Pétersbourg en Sapsan (train grande vitesse), il faut compter à partir de 2.500 roubles (35 €) en 2e classe (les prix varient pas mal en fonction des saisons et du type de couchette… Les conversions sont faites sur la base d’un taux de change 1€=70RUB)

Par rapport à il y a quelques années, c’est aujourd’hui beaucoup plus facile d’organiser un voyage en train à travers la Russie, car on peut acheter ses billets de train sur internet sur le site en anglais de Russian Railways. Ca n’a pas l’air comme ça, mais c’est une sacrée révolution par rapport à l’époque où il fallait acheter ses billets directement aux guichets des gares (où personne ne parle anglais) ou alors par l’intermédiaire d’agences de voyage qui se prennent une bonne commission. C’est vrai que la traduction du site en anglais n’est pas encore parfaite, mais il ne faut pas se laisser décourager par les quelques informations en cyrillique qui continuent d’apparaître (vive Google Translate!). A lire bientôt sur le blog: mon guide complet pour voyager en train en Russie. Contrairement aux idées reçues, le transsibérien n’est pas un train spécifique, mais une ligne ferroviaire, qui relie Moscou à Vladivostok, avec plusieurs variantes de parcours et différents trains qui circulent sur cette même ligne.

Avec mon amie Emily (Travel and Film) nous avions réalisé un film sur notre voyage en transsibérien en 2010: Moscou-Trans-Baïkal. L’ambiance à bord des trains russes a toutefois bien changé depuis, car maintenant il est interdit d’y boire de l’alcool. La règle n’est pas toujours respectée à 100% mais on ne peut plus boire de la vodka ou de la bière devant tout le monde comme nous le faisons dans ce film.

Pour les grandes distances, la meilleure alternative, c’est l’avion. Mise à part Aéroflot, il y a plusieurs compagnies aériennes russes. Pour ma part, j’ai voyagé sur S7 et je dois dire que j’ai été agréablement surprise par la qualité de service et le bon état des avions. J’ai d’ailleurs du une fois annuler un vol et le service client en anglais a été super réactif et très efficace pour me rembourser. La 3e compagnie russe la plus importante c’est UTair, mais je ne l’ai jamais utilisée.

Pour les courtes distances, ça vaut le coup d’étudier les options en bus ou en covoiturage. Pour le bus, si on maitrise un peu le cyrillique on peut faire une recherche de trajet sur ce site (tout est en russe). Ca donne au moins les dates et les horaires et après on peut acheter son ticket à la gare routière. Il faut juste bien penser à préciser qu’on a un bagage en soute (on dit bagage en russe) car c’est en supplément. Si vous êtes un peu perdus, n’hésitez pas à demander de l’aide à votre hôtel, à votre voisin dans un café wifi ou à la gare. Les Russes feront leur possible pour vous aider. Pour le covoiturage, Blablacar est très bien implanté en Russie et j’aurais souhaité pouvoir l’utiliser, mais là pour le coup la barrière de la langue m’en a empêché. J’ai pu faire des réservations sur le site en russe mais les échanges via google translate par texto avec les conducteurs ne se sont pas très bien passés donc j’ai laissé tomber.

6/ Comment se déplacer dans les villes en Russie?

Le Moscou de métro est un des plus beaux du monde. On se croirait dans un palais!

Les grandes villes russes ont un très bon réseau de transport en commun. Grâce à Google map, on peut facilement se déplacer car les métros, les bus, les tramways et même les marchroutkas (les mini-bus privés) y sont très bien répertoriés. En plus, les tarifs sont très bon marché. A Moscou, le ticket de métro c’est 55 roubles (80 cts) et on peut aller partout même en grande banlieue. Les tickets de bus sont aux environs de 30 roubles. Pour un séjour de quelques jours à Moscou, le plus simple, c’est d’acheter une carte rechargeable Troika, avec 500 roubles de crédit par exemple; comme ça on n’a pas besoin d’acheter des tickets à chaque fois. Ca marche pour le bus et le métro et on peut se faire rembourser le crédit restant en partant.

L’idéal pour se déplacer facilement c’est d’avoir tout le temps accès à internet et donc d’acheter une carte sim locale. Même pour un court séjour, je trouve que ça vaut le coup car ça facilite tellement la vie, surtout si on s’aventure hors de St-Petersbourg et Moscou! Par contre, c’est assez rare de trouver un vendeur qui parle anglais dans les magasins de téléphone. Si vous n’avez pas d’ami russe pour vous aider, demandez à votre hôtel de vous écrire sur un papier en russe ce dont vous avez besoin. Pour un voyage grande distance, il faut bien demander une carte avec l’option « All Russia », car sinon il y a des frais de roaming quand on change de région. Pour ma part, j’ai pris une carte 10 GB chez Megafon pour 700 Rub (10 euros). Par contre, je n’ai pas bien compris quand activer l’option « All Russia » et j’ai du recharger du crédit car j’étais passée en mode roaming sans m’en rendre compte… Tout seul c’est difficile car il faut appeler un serveur vocal en russe, donc mieux vaut demander à quelqu’un ou dans une boutique de l’opérateur. Sinon, pour recharger sa carte Sim, le mieux c’est d’utiliser les distributeurs de billets (Bankomat) car c’est traduit en anglais. Autre conseil pour le téléphone: c’est une bonne idée d’installer le clavier en cyrillique. Google map ne reconnait pas tout le temps les adresses quand on les tape en alphabet latin.

Marchroutka mode d’emploi. La marchroutka, c’est une institution en Russie, et c’est sûrement le moyen de transport que j’ai le plus utilisé, surtout dans des villes moins développées que Moscou ou St-Pétersbourg. Ce sont des intermédiaires entre des taxis collectifs et des mini-bus privés. Ils ont des lignes régulières, avec des numéros et des arrêts, donc avec google map, c’est facile de repérer celui qu’on doit prendre. Il faut bien faire signe au chauffeur pour qu’il s’arrête et pareil à l’intérieur pour demander l’arrêt (Aztanovka!). Mieux vaut avoir de la monnaie car on paie directement au chauffeur, en général dans les 25 roubles. C’est toujours indiqué sur une affichette, donc c’est facile de s’y retrouver. Si on reste à l’avant, il ne faut pas être surpris si les autres passagers vous donnent l’argent à transmettre au chauffeur, puis vous demandent la monnaie et leur ticket. C’est un moyen de transport assez convivial. Si vous avez un doute sur votre itinéraire, n’hésitez pas à montrer votre adresse (en russe si possible) à votre voisin, et il y a de grandes chances pour que la moitié du mini-bus essaie de vous aider pour arriver à destination.

Les taxis. Il y a trois types différents de taxis en Russie: les taxis officiels avec plaque, qui sont assez chers et acceptent rarement de mettre le compteur, donc il faut bien négocier le prix avant de monter. Les taxis officieux: beaucoup de particuliers font office de taxi et s’arrêtent si on fait un signe de la main. Je ne recommande pas trop cette option, surtout le soir (j’y reviendrai dans le paragraphe sur la sécurité). En gros, les risques sont les mêmes qu’avec l’auto-stop, mais en plus il faut payer. Les autres, ce sont les taxis avec appli comme Uber ou Gett. Pour ma part, j’ai quasiment toujours utilisé Gett et c’est vraiment très pratique! Bien sûr, il faut avoir une carte sim locale pour avoir accès à internet. Le gros avantage c’est qu’on sait d’avance le prix qu’on va payer donc pas besoin de négocier et pas de risque d’arnaque, et c’est plus sûr que les autres taxis car tout est tracé informatiquement. Il faut juste faire attention si on est géolocalisé au bon endroit lors de la commande, et bien vérifier l’adresse de destination qu’on a rentrée.

Sinon il reste la marche à pied bien sûr! Par contre, il faut savoir que les distances sont vite très grandes et les villes russes pas toujours bien adaptées aux piétons. Il y a beaucoup de grandes autoroutes urbaines de 2×4 voies et il faut des fois marcher dix minutes pour trouver un passage souterrain pour pouvoir traverser. Les villes russes sont en tout cas très mal adaptées pour les personnes en fauteuil roulant ou aux familles avec poussette. On a des fois l’impression de passer sa journée à monter et descendre des escaliers…

7/ Enregistrer son visa en Russie

Une fois arrivé en Russie, ça n’en est pas fini des démarches administratives, car on doit faire enregistrer son visa dans les 7 jours ouvrés (soit 9 jours incluant le week-end). Si on reste moins longtemps, ce n’est pas obligatoire. Le plus simple, c’est de loger à l’hôtel car dans ce cas, c’est lui qui se charge des formalités. Il faut bien le demander quand on fait le check-in et demander le reçu d’enregistrement que l’hôtel reçoit un ou deux jours après. Sinon, c’est possible de faire la démarche dans un bureau de Poste, mais ça ne m’est jamais arrivé. Pour la suite du voyage en Russie, théoriquement on doit s’enregistrer à nouveau si on reste plus de 7 jours au même endroit. Pour ma part, je ne suis jamais restée plus de 7 jours dans la même ville, mais j’ai quand même préféré demander l’enregistrement (registration) à chaque fois que j’étais dans un hôtel vu que c’est eux qui s’occupent de tout. Par contre, quand je logeais chez l’habitant, je ne me suis pas occupée de ça. Les hôtels où je suis allée ont toujours accepté de faire la démarche gratuitement, même les auberges pas chères. Par contre, ça peut arriver que certains demandent de payer pour le faire.

Quels sont les risques si on ne le fait pas? Théoriquement, on doit payer une amende à la sortie de Russie. Mais j’ai l’impression, pour en avoir discuté avec pas mal d’autres voyageurs, que c’est très rarement appliqué. A titre d’exemple, lors de notre voyage en 2010 avec Emily, sur un mois de voyage nous n’avons fait l’enregistrement que la dernière nuit que nous avons passée en Russie car c’est la seule fois où nous avons dormi à l’hôtel. A cette époque pourtant la législation était plus stricte que maintenant et imposait un enregistrement sous les 3 jours. Pour ma part, je suis sortie de Russie sans qu’on ne me pose aucune question, mais Emily a du passer par un interrogatoire. Elle s’en est sorti en citant toutes les villes russes de notre parcours (et en rajoutant d’autres) pour justifier le fait que nous n’avions jamais passé plus de 3 jours au même endroit. Au bout de deux minutes, le douanier lui a dit « ok ok », et c’était réglé… Pour conclure: je pense qu’il est quand mieux de respecter les règles, mais ce n’est pas la peine de trop se prendre la tête sur ces questions d’enregistrement. L’idéal, c’est d’en faire au moins un lors des 7 premiers jours.

Mon conseil: lors d’un voyage en Russie, c’est bien de conserver dans une pochette plastifiée toutes les copies de billet d’avion, train, réservations ou factures d’hôtel, reçus d’enregistrement… Comme ça, en cas de problème, on peut facilement justifier son parcours. En plus, ça fait toujours bonne impression de présenter un beau dossier de papiers, surtout dans un pays aussi administratif que la Russie… En tout cas, il ne faut surtout pas perdre le feuillet d’immigration qu’on reçoit à l’entrée dans le pays.

8/ Quel mode d’hébergement choisir en Russie?

L’hôtel Marins Park à Nijni Novgorod: une expérience dans un ex-hôtel soviétique…

Hôtel, appartement, logement chez l’habitant? Quelle est la meilleure solution d’hébergement en Russie? En fait, mon jugement est un peu biaisé, car de manière générale, je n’aime pas trop la location d’appartement en voyage. Je préfère loger dans des hôtels ou des auberges de jeunesse pour rencontrer du monde, et pour le logement chez l’habitant, rien ne vaut couchsurfing (cf ci-après). Mais concernant la Russie, il y a trois raisons objectives de préférer un hôtel à un appartement ou une chambre airbnb.
-Administrative tout d’abord: les hôtels, même bon marché, se chargent de faire la procédure d’enregistrement, alors que lorsqu’on loue un appartement chez l’habitant c’est plus aléatoire… Normalement les hôtes ont l’obligation de faire cette formalité, mais dans les faits c’est rarement le cas. Donc si vous préférez avoir l’esprit tranquille de ce côté-là, mieux vaut prendre au moins deux nuits à l’hôtel au début du séjour.
-Pour le conseil au quotidien: en Russie, c’est très utile d’avoir quelqu’un à la réception de disponible pour les renseignements même si ce n’est pas toujours évident de trouver un hôtel avec du personnel qui parle anglais. Il faut savoir qu’il n’y a quasiment aucun office du tourisme pour l’accueil du public dans les villes en Russie, donc quand on a besoin d’info, ce n’est pas toujours facile à trouver. Il y a souvent plusieurs gares de train, plusieurs gares de bus… C’est donc toujours très utile de pouvoir montrer son ticket (qu’on a pu faire imprimer à la réception) pour demander l’itinéraire et être sûr de ne pas se tromper.
-Pour trouver l’adresse facilement: seuls ceux qui ont déjà voyagé en Russie ou dans les pays de l’Est, savent à quel point ça peut être compliqué de trouver un logement privé. Le système d’adresse est différent du notre et les numéros indiquent le numéro du bloc d’immeuble et non de l’entrée. Et il faut savoir que les blocs d’immeubles en Russie peuvent être… gigantesques! Même les petits hostels sont parfois difficiles à trouver car ils peuvent être situés dans des appartements et il n’y a pas toujours une plaque nominative à l’entrée. Le nombre de fois où j’ai tourné en bas de grosses barres d’immeubles à m’arracher les cheveux pour savoir quelle pouvait être la bonne porte… Google map n’est pas toujours d’une grande aide car la géolocalisation n’est pas assez précise. J’ai même rencontré une voyageuse américaine qui m’a avoué s’être effondrée en larme en pleine rue car elle ne trouvait pas son appartement airbnb et que le numéro de téléphone ne répondait pas. Elle a du se rabattre sur un hôtel pour ne pas dormir dehors. En tout cas, il faut demander un maximum d’informations sur la localisation précise de l’appartement car sinon on peut vraiment se retrouver en galère. Au moins, avec un hôtel, il y a toujours quelqu’un de joignable au téléphone à la réception.

Comment bien choisir un hôtel en Russie?
Pour réserver un hôtel en voyage, j’utilise Booking la plupart du temps. C’est souvent là où il y a le plus de choix d’hébergements et les meilleurs tarifs. Par contre, pour la Russie, j’ai été plusieurs fois surprise par les notes d’hôtel attribuées par les clients qui étaient assez souvent largement surévaluées à mon avis. En fait, pour se faire une bonne idée de la qualité de l’hôtel, il faut regarder non pas la note globale, mais surtout les commentaires des clients étrangers, idéalement francophones ou anglophones. C’est là qu’on peut voir si le staff parle anglais, si l’hôtel est facile à trouver… C’est mieux en tout cas de privilégier les établissements qui ont l’habitude de recevoir des étrangers, sinon ça peut arriver qu’on soit assez mal reçu. Sinon il y a bien sûr les hôtels recommandés par les guides de voyage, mais ils sont souvent vite complets.

Pour avoir une idée du budget hébergement, en septembre/octobre 2017, j’ai dépensé en moyenne 20 euros par nuit pour l’hôtel (avec un taux de change 1€=70RUB). La plupart du temps, je choisissais une chambre particulière avec salle de bain partagée dans une auberge ou un hôtel bon marché. Quand on voyage en solo, je trouve que c’est le meilleur compromis entre confort, prix et convivialité. Pour un lit en dortoir en Russie, il faut compter en moyenne entre 5 et 10€; pour une chambre avec salle de bain partagée entre 20 et 25€; pour une chambre dans un hôtel 3/4* à partir de 30/40€. Voilà une liste de quelques hôtels que je recommande (pour toutes les autres villes, soit je n’ai pas aimé l’hôtel, soit j’ai fait du couchsurfing).

Moscou:
El Coffe House and Hostel: petit hostel sympathique situé dans le très joli quartier de Tchistye Proudy. J’ai eu un vrai coup de cœur pour ce quartier à Moscou avec plein de bars et restos et on est à 30 minutes à peine de la place Rouge. Attention, la plaque en bas de l’immeuble n’est pas très facile à voir: elle est écrite en cyrillique et est un peu cachée. Très bon rapport qualité prix avec une chambre double à 25 euros la nuit (salle de bain partagée).

El Coffe House Hostel à Moscou: ma chambre pour 25 € la nuit

Uniquement pour ceux qui veulent sortir en club toute la nuit: le Fabrika Hostel Gallery. Au début j’étais assez séduite par cet hostel design, situé en plein milieu de Red October, une ancienne usine réaménagée en lieu artistique alternatif, mais c’était avant d’y dormir et de réaliser qu’on entend à fond la musique des clubs environnants jusqu’au matin. Difficile de fermer l’œil la nuit, même avec des boules quies… Par contre, c’est une super option pour ceux qui adorent faire la fête et qui veulent rentrer dormir à pied au petit matin (700 RUB/10 € la nuit dans un dortoir capsule).

Nijni-Novgorod:
Smile Hostel: très bien situé dans le centre-ville à proximité du Kremlin, auberge très accueillante avec du personnel qui parle bien anglais. Chambre double aux environs de 20 euros et lit en dortoir à partir de 6 euros.
Pour une expérience dans un ancien hôtel type soviétique, il y a le Marins Park Hotel (cf photo ci-dessus), un gros bloc situé devant la grande statue de Lénine. L’hôtel est très bien, avec notamment un super buffet pour le petit-déjeuner et un service de laundry gratuit, par contre, la localisation est un peu glauque. Le quartier sympa de Nijni-Novgorod est situé de l’autre côté du pont, donc cela veut dire prendre le taxi ou les transports en commun le soir si on veut sortir manger ou boire un verre.

Kazan: le Wings Hostel. Une auberge sympathique très bien située où l’on peut facilement faire des rencontres dans la salle commune. Il y a à la fois des chambres individuelles avec salle de bain partagées et des dortoirs (environ 20 euros la nuit pour une chambre double avec salle de bain partagée).

Le Wings Hostel à Kazan: une bonne adresse pour les petits budgets

Volgograd: le Stariy Stalingrad. C’est un hôtel de moyenne gamme (3/4*) mais très bien décoré avec un lobby typiquement soviétique avec statue de Lénine et très bien situé tout proche de la gare. En octobre, j’ai payé 30 euros la nuit pour une grande chambre avec salle de bain et buffet petit-déjeuner compris.

La Russie, un pays idéal pour le couchsurfing!

Le couchsurfing, c’est un site internet qui permet d’être hébergé gratuitement chez l’habitant, mais pas seulement car c’est aussi un réseau social où l’on peut rencontrer des gens pour boire un verre, participer à des événements, organiser des sorties touristiques… L’objectif c’est vraiment la rencontre et le partage entre des gens de cultures différentes. J’utilise assez souvent ce site lors de mes voyages, mais je dois dire que rarement je ne l’ai trouvé aussi indispensable qu’en Russie. J’aime beaucoup ce pays, mais il est vrai que c’est plus difficile qu’ailleurs d’y rencontrer des locaux. Pour deux raisons principales: très peu de Russes parlent anglais et ils sont un peu froids au premier abord. C’est pour cela que couchsurfing est un outil génial là-bas: on y entre directement en relation avec des gens qui ont un minimum de niveau d’anglais et qui ont envie de rencontrer des étrangers! A chaque fois que j’ai été hébergée chez des Russes, j’ai vraiment été épatée par leur sens de l’accueil et leur générosité. Quasiment tous mes meilleurs souvenirs en Russie, c’était grâce à des gens rencontrés via couchsurfing.

Dîner couchsurfing à Novossibirsk

Dormir chez l’habitant, c’est vraiment la meilleure manière de découvrir une culture, et pour ma part je préfère quand il n’y a pas de transaction financière, car on est sûr que l’objectif des hôtes c’est la rencontre et non de gagner de l’argent. En plus, dans un pays où c’est parfois compliqué d’effectuer des démarches banales comme acheter un billet de train ou une carte sim, c’est très utile d’avoir un « ami local ». En contrepartie, en tant qu’invité, il faut bien sûr être prêt à s’investir. On n’est pas juste là pour dormir gratuitement, mais pour apporter son expérience et partager des moments en commun avec ses hôtes. Il y a beaucoup de Russes qui souffrent un peu de vivre dans un pays fermé sur lui-même. C’est difficile et cher pour eux de voyager, alors la meilleure manière qu’ils ont de « voyager » en quelque sorte, c’est d’inviter des étrangers chez eux. Certains veulent aussi faire des progrès en anglais et ils utilisent couchsurfing pour avoir des « profs d’anglais gratuits » à domicile. L’échange est vraiment « gagnant-gagnant » et il ne faut pas se sentir coupable parce qu’on ne paye pas pour l’hébergement. Pour illustration, j’ai juste envie de raconter une anecdote de voyage. Hébergée chez une famille russe qui a un petit garçon de six ans, Sacha, un soir, en regardant les dessins animés avec lui au retour de l’école, je lui demande de m’apprendre à compter jusqu’à 10 en russe. Ce faisant, je lui apprends en retour à compter jusqu’à 10 en anglais. Vous auriez vu sa fierté, et celle de ses parents, quand il a été capable devant eux de compter en anglais jusqu’à 10… Ca résume bien l’esprit de couchsurfing je trouve.

Couchsurfing dans une datcha russe à Volgograd

Par contre, utiliser couchsurfing ne s’improvise pas: il faut du temps pour se créer un bon profil car ce qui compte, c’est d’avoir des références d’utilisateurs pour montrer qu’on est digne de confiance. Pour débuter, le meilleur moyen c’est de participer à des événements organisés sur le site. Dans les grandes villes comme Moscou ou St-Pétersbourg, il faut regarder l’agenda: il y a toujours plein de sorties dans des bars ou des « free walking tour ». A Moscou notamment, il y a un « weekly meeting » tous les jeudis soir au Cafe Didu, un bar très sympa près de Chistie Prudy (à vérifier quand même sur l’agenda: le thirstday weekly meeting…). En dehors de ces deux grandes villes, il y a moins d’événements, mais c’est très facile de contacter des Russes en leur écrivant des messages. C’est souvent une option que j’ai utilisée, dans des villes moyennes comme Kazan ou Volgograd: je dormais à l’hôtel, mais j’ai rencontré des locaux pour sortir le soir boire un verre ou visiter les environs la journée. Une famille russe m’a même invitée à passer le dimanche dans leur datcha à la campagne. Je les ai aidés à récolter leur raisin et entretenir leur potager et nous avons passé tous ensemble un super moment. Pour ceux qui ont l’habitude d’utiliser couchsurfing et qui ont un bon profil avec des références, vous serez surpris à quel point c’est facile de trouver des hôtes. Ca m’est arrivé d’avoir trois réponses positives pour trois demandes et de devoir refuser à regrets des propositions d’hébergements d’hôtes qui avaient l’air super sympas car je ne pouvais pas aller chez tout le monde. J’espère en tout cas vous avoir convaincu de faire du couchsurfing en Russie! Ca changera complètement votre voyage. En 2010 avec Emily, mise à part les quelques nuits dans le transsibérien et une nuit à l’hôtel, nous avions fait un mois entier de couchsurfing.

9/ Voyager en Russie en sécurité

La sécurité en voyage en Russie est une question assez ambivalente. A la fois c’est un pays assez sûr, avec globalement un faible niveau d’insécurité et peu de risques de vols et d’agressions. Mais en même temps, l’insécurité géopolitique est assez élevée, avec les conflits ou tensions en cours avec des pays frontaliers comme l’Ukraine, la Géorgie, l’Azerbaïdjan ou la Corée du Nord. D’après le Global Peace Index, un classement des pays selon leur degré de « pacifisme », la Russie figure au rang 151 sur un total de 163 pays, le dernier rang étant occupé par la Syrie. Cela n’affecte pas forcément la sécurité d’un voyage en tant que touriste, car les terrains d’affrontements se situent plutôt à l’étranger, mais c’est tout de même un risque qu’il faut avoir à l’esprit et il faut bien suivre les évolutions sur le site du ministère des Affaires étrangères avant de partir. Encore plus qu’ailleurs, le risque d’attentat est omniprésent. Il y a partout des portiques de sécurité, et on ne peut pas prendre le métro avec un sac-à-dos sans le passer aux rayons X.

Pour ce qui est de la sécurité en tant que voyageur, mise à part les pickpockets habituels sur les lieux touristiques, il y a deux choses sur lesquelles il faut être un peu vigilant. Le soir, mieux vaut éviter de prendre des « taxis officieux » dans la rue car il y a des risques de vol et d’agression. C’est préférable d’appeler un taxi avec une application mobile comme Uber ou Gett ou de prendre un taxi avec une plaque officielle. Dans les bars ou les boites de nuit, les hommes doivent être conscients que les jolies femmes russes n’ont pas toutes les meilleures intentions du monde… J’ai entendu plusieurs histoires de mecs qui se sont réveillés le lendemain matin dépouillés de toutes leurs affaires après avoir été drogués. Fin 2016, un jeune français est même mort à Moscou car après avoir été drogué il a été abandonné en pleine nuit dans le froid glacial de l’hiver russe. La Russie est d’ailleurs typiquement un pays où je trouve qu’il est plus sûr de voyager en tant que femme. Il n’y a quasiment pas de harcèlement sexiste et les hommes russes n’importunent que très rarement les femmes. Par contre, les hommes sont plus facilement victimes de crimes crapuleux car ils sont supposés avoir plus d’argent que les femmes, donc ce sont des cibles potentiellement plus intéressantes.

10/ Que manger en Russie

Décor et plateau repas dans des stolovayas russes

On ne s’y attend pas forcément, mais j’ai trouvé qu’on mange plutôt bien en Russie et pour pas cher du tout. Encore faut-il trouver les bons endroits et éviter les restos un peu branchés qui ont certes une belle devanture et des menus en anglais (pas toujours…), mais où les prix sont chers et le service pas terrible. L’idéal, ce sont les « stolovayas », les cantines russes (столовая): des self-services qui servent une cuisine simple et typique comme les soupes type bortsch (soupe de betterave avec de la viande), des viandes gratinées au fromage, des beignets fourrés de toutes sortes (pirojki), des accompagnements à base de pomme de terre, chou ou sarrasin, des blinis (crèpes), des pelmenis (raviolis)… A ma grande surprise, car jusqu’à présent je n’étais pas une grande fan, le meilleur outil pour trouver ces « stolovayas », c’est l’application Trip Advisor. Là encore, c’est plus pratique d’avoir une carte sim avec internet: quand on a faim, on fait une rapide recherche dans les environs en sélectionnant « cuisine russe » et « pas cher », et on se régale avec un repas complet entre 2 et 5€ environ. Il n’y a pas toujours l’intitulé « stolovaya » dans le nom du restaurant, mais tous les restaurants rapides et pas chers russes sont du même style avec une cafétéria self-service. Par contre, les noms des plats ne sont pas souvent traduits en anglais et les serveuses ne parlent pas anglais non plus. Si c’est l’heure d’affluence, il faut donc être capable de suivre le même rythme que tout le monde dans la file et désigner rapidement les plats qu’on veut sans toujours savoir précisément ce que c’est… Ca peut donc être un peu compliqué pour les végétariens, intolérants au gluten ou autres, car il vaut mieux être prêt à manger de tout. Ca m’est plusieurs fois arrivé de me retrouver avec de la viande dans ce qui me semblait être une potée ou une soupe de légumes, et les beignets fourrés, c’est toujours un peu comme les kinder surprise! On ne sait jamais trop ce qu’il y a à l’intérieur.

Mon fast-food préféré en Russie: teremok!

Parmi les chaînes de fast-food russe que je recommande, il y a les incontournables Teremok (Теремок), très nombreux à Moscou et Saint-Pétersbourg. C’est vraiment l’idéal pour manger typique, rapidement et pas cher. La spécialité, ce sont les blinis: les crêpes russes fourrées. En plus, ils ont un menu en anglais et il y a même une section végétarien.

11/ La Russie un pays cher?

C’est une idée reçue qu’ont beaucoup de voyageurs: la Russie serait un pays cher… C’était vrai il y a quelques années, mais depuis la crise financière de 2014 et la chute du rouble sur le marché des changes, ça n’est plus du tout le cas. Dans les paragraphes précédents j’ai donné pas mal d’exemples de prix, que ce soit pour les transports, le logement et la nourriture. On peut quand même traverser la Russie de Moscou jusqu’au lac Baïkal (5.000 km) pour moins cher qu’un Paris-Marseille! Alors bien sûr, on peut dépenser beaucoup plus si on choisit de dormir et manger dans des endroits chics et de voyager en 1e ou 2e classe en train. A chacun de choisir le mode de voyage qui lui convient. Mais pour ceux qui ont un petit budget, c’est un pays très accessible. Même pour sortir le soir à Moscou, le prix moyen d’une pinte de bière c’est dans les 200 roubles (moins de 3€) et à peine plus pour les cocktails (300 Rub/4 €). Attention toutefois à surveiller l’évolution des taux de change, car le rouble est une monnaie très volatile. Mes calculs sont faits sur une base moyenne de 1€ pour 70 RUB (taux de change fin 2017).

12/ Suggestions d’itinéraires pour un voyage en Russie

Incontournable à Moscou: la cathédrale Saint-Basile sur la place Rouge

La cathédrale Saint-Basile à Moscou

Kazan, un incontournable à voir en Russie, avec sa grande mosquée

La mosquée de Kazan

La Russie est tellement immense que la définition d’un itinéraire n’est pas chose aisée. Pour débuter, c’est plus facile de suivre les deux routes habituelles à travers le pays: le tracé du transsibérien, que ce soit en direction de la Mongolie ou jusqu’au bout en direction de Vladivostok, ou alors descendre le long de la Volga, jusqu’à la mer Caspienne ou bien bifurquer vers la mer Noire. Si je devais citer 5 incontournables à voir en Russie, je dirais Saint-Pétersbourg, Moscou, Kazan, le lac Baïkal et Vladivostok. Parmi mes coups de cœur, j’ai envie de mentionner Souzdal, à proximité de Moscou, une petite ville pleine de charme avec ses maisons en bois typiques colorées, et Samara, sur les bords de la Volga avec de sublimes plages de sable blanc qui ont en font une vraie ville balnéaire l’été. L’endroit qui m’a le plus déçue en Russie et que je recommande d’éviter, c’est Sotchi, sur les bords de la mer Noire. Le cadre naturel y a été complètement défiguré par un urbanisme outrancier et on y est très mal accueilli. Pour les aventuriers qui rêvent d’espaces naturels quasi vierges, je citerais les forêts de la Carélie, les montagnes de l’Altaï ou les volcans du Kamtchatka, même si je ne suis pas encore allée dans chacune de ces trois régions. Je rêve en tout cas déjà d’y planifier mes prochains voyages…

Pour préparer son voyage en Russie, il faut aussi partir bien équipé en guides de voyages, car sur place, on ne trouve pas toujours beaucoup d’informations. Même dans une ville comme Moscou il n’y a pas d’office du tourisme pour renseigner les visiteurs (les seuls offices du tourisme que j’ai trouvés, c’était à St-Pétersbourg et à Kazan). Par contre, et c’est bien dommage, il n’y a pas de guide en français sur la totalité de la Russie, ni chez Lonely Planet, ni chez Le Guide du Routard. Le seul que j’ai trouvé, c’est le Petit Futé Russie, mais j’ai été très déçue par son contenu et il n’est vraiment pas suffisant pour voyager en indépendant. Sinon, si on suit le tracé du transsibérien, il y a un Lonely Planet Transsibérien avec des infos assez détaillées sur les villes étapes du parcours. Pour la Russie dans son ensemble, il faut acheter le Lonely Planet Russia en anglais. Moscou et Saint-Pétersbourg sont des villes tellement vastes et riches en lieux à voir que ça vaut le coup d’avoir des city-guides détaillés. Voilà ma sélection de guides à prévoir, en fonction de votre parcours :

 

A lire avant/pendant ou après un voyage en Russie: bien sûr, il y a les incontournables de la littérature russe comme Tolstoï, Dostoïevski ou, dans un autre registre, Soljenitsyne; mais pour comprendre la Russie actuelle et la détresse dans laquelle est plongée le pays depuis la chute de l’URSS, je recommande la lecture de La Fin de l’homme rouge, par Svetlana Alexievitch, prix Nobel de Littérature en 2015. C’est un livre bouleversant avec des témoignages de gens de tous horizons qui racontent comment ils ont vécu la fin de l’Union soviétique et la transition vers cette nouvelle Russie livrée à un capitalisme sans repères ni régulation.

Toutes les infos pour préparer un voyage en Russie



 

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5 commentaires pour “Tous mes conseils pour un voyage en Russie”

  1. Ton article est tellement détaillé c’est un vrai régal !!! Comme je te disais sur insta la russie c’est un pays que j’ai mis sur ma bucket list sans jamais avoir franchi le pas… a cause de cette image négative véhiculée par les medias… ton article m’a définitivement réconciliée avec l’envie de me mettre un coup de pied aux fesses pour y aller


  2. Super article super détaillé. Et 100% d’accord, le couchsurfing nous a vraiment permis de rencontrer des gens en Russie, sinon c’est pas évident. Tu vas me réussir à me convaincre à aller en Russie pour le Mondial 2018 je crois.


  3. Carillet jean-bernard

    Répondre

    Travail absolument remarquable ! Je ne m’étais jamais vraiment intéressé à la Russie mais la lecture de cet article très complet m’amène à reconsidérer les choses.


  4. Merci beaucoup, l’article est ultra complet. Parfois en cherchant des infos sur Internet c’est un peu confus mais là tout est clair! Faut vraiment que je visite ce pays et tu as l’air de vraiment bien le connaître, je retournerai sur tes articles au moment venu 🙂


    • Sarah

      Répondre

      Merci! N’hésites pas si tu as des questions en tout cas! J’ai beaucoup d’articles à publier sur la Russie ces prochaines semaines


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