Oulan-Bator… Une ville mythique dont la simple évocation me faisait fantasmer depuis des années. Ulaaan-Baaatar!!! Un nom improbable, surgit de nulle part; en Mongol, le « héros rouge ». Et la réalité a été à la hauteur.

La beauté ne m’intéresse pas. Je préfère l’émotion et l’inattendu. L’anarchie me touche plus que la cohérence. C’est pour cela que j’ai aimé Oulan-Bator. La capitale de la Mongolie n’est pas une belle ville, mais elle dégage quelque chose. L’âme d’un pays qui cherche encore sa voie vers la modernité.

Tout commence avec la place principale, l’immense place Sukkhe-Bator. C’est là que se situe le palais présidentiel. Un bâtiment énorme, au style inimitable, mélange entre le gigantisme à la soviétique et les colonnades à la grecque. Le tout parsemé de vitres à effet bleuté. De l’autre côté, se dresse l’unique gratte-ciel de la ville, une belle construction moderne en demi-cercle (voir photo). Pas très loin, aussi un bout de terrain vague avec des mauvaises herbes. Sur les côtés, un deuxième gratte-ciel en construction, quelques immeubles kitch rose-saumon, une bouteille de Coca-Cola géante… Une drôle d’incohérence fourre-tout qui résume très bien « le charme » d’Oulan Bator.

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Le gratte-ciel d’Oulan-Bator

Sans oublier l’attraction principale de la place. Au milieu de l’interminable façade du palais présidentiel, se dresse une imposante statue de Gengis Khan, le héros historique de la Mongolie qui, au XIIIe siècle, en a porté les limites de l’Europe à l’Extrême Orient. Aujourd’hui encore, il fait partie du quotidien des Mongols. Une véritable star du marketing, avec la bière Chinggis Khan, les chips Khaan, la vodka Chinggis… Le grand conquérant trône dorénavant sur les linéaires des supérettes mongoles.

A quelques encablures, il faut absolument découvrir le monastère Gandan Khiid. Havre de tranquillité dans une ville embouteillée en permanence. Les Mongols y viennent en famille se recueillir, et aussi… nourrir les pigeons. Enfants, parents, grand-parents s’en donnent à coeur joie et lancent des poignées de granules à l’attention des volatiles. Un spectacle très sympathique. Les jeunes filles en mini-jupe ultra-courte et les ados en jean délavé côtoient les plus âgés en costume traditionnel.

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Les enfants Mongols jouent au milieu des pigeons

A ne pas louper non plus, le State departement Store, les Galeries Lafayettes d’Oulan Bator. Intérieur ultra-moderne, escalators et ascenseurs high-tech, food court (très bon) au dernier étage, stands beauté au rez-de-chaussée… Bienvenue au paradis du shopping pour les fashionistas d’Oulan Bator!! Tout est neuf et brillant. Mais les rayons sont aussi déserts que les steppes mongoles. Les fashionistas d’Oulan Bator n’ont malheureusement pas encore le porte-monnaie suffisamment bien garni. La Mongolie n’est pas encore entrée dans la société de consommation.

Emily téléphone dans les rues d’Oulan-Bator

Il suffit de se balader dans les rues pour s’en rendre compte. Le téléphone portable reste ici encore un luxe. Les Mongoles utilisent les téléphones de rues, vieux combinés filaires posés sur des tables sur les trottoirs. Peu semblent également avoir des pèses-personnes chez eux, car on en trouve aussi dans la rue. Foule de petits métiers qui semblent incongrus à nos yeux d’occidentaux.

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Et pour finir, un des meilleurs spectacles d’Oulan-Bator: le ballet des flics-majorettes. Bien installés sur un podium au milieu des gros carrefours, armés d’un sifflet et d’un bâton rose fluo, ils tentent de réguler le trafic anarchique de la ville. D’un mouvement de poignet digne des majorettes, ils manient leur baton avec une dextérité incroyable. Le mouvement ferme et précis, tout en élégance… Avec Emily, on est plusieurs fois restées scotchées d’admiration devant un spectacle si inattendu. Un véritable instant de poésie au milieu des embouteillages.

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9 commentaires pour “Oulan-Bator, une capitale improbable perdue au milieu du monde”

  1. Je ne connaissais pas du tout Oulan-Bator, même pas le moindre cliché qui me serait venu à l’esprit, et ton article vient d’un seul coup de me faire franchir un grand bon en avant : j’ai l’impression que je pourrais raconter y être allé !

    Déjà des idées sur le concert / événement que tu vas tenter d’aller voir ? Un spectacle de chevaux ? Je ne vois pas trop quel artiste un peu connu pourrait se produire là-bas … Mais il doit y avoir sur place des vedettes locales capables de rassembler les foules !

    Michel


    • Sarah

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      merci michel!! mais je n’ai malheureusement assisté à aucun spectacle ni concert à Oulan-Bator… Dommage.


  2. Lucie

    Répondre

    J’ai une amie qui y a vécu un an et ça avait l’air fascinant. Merci pour cet article!


    • Sarah

      Répondre

      je ne sais pas si j’aurais pu y passer un an, l’hiver doit être terrible notamment, mais c’est vrai que c’est une ville fascinante!


  3. Emily Zanier

    Répondre

    Pour enchainer sur les commentaires precedents:
    Oui enfin c’est une ville fascinante une semaine, on s’en lasse tres vite tout de meme!
    Et le flic majorette, qu’est-ce que c’etait marrant! A chaque fois qu’on passait devant je me retenais de ne pas lui eclater de rire au nez! D’ailleurs, on a une super video de ca!
    Sinon j’ajouterai: attention aux pickpockets, il y en a beaucoup dans cette ville, j’ai eu affaire 2 fois a eux (mais ils n’ont rien eu!)


    • Sarah

      Répondre

      oui, c’est vrai, c’est ce que je me disais hier: j’ai oublié de parler des pickpockets d’Oulan Bator!! Il faut faire super gaffe. Par deux fois, tu as quand même trouvé la main d’un mec dans ton sac, c’est tout de même embarrassant… mais bon, les flics ils peuvent pas être partout: faire le show sur leur podium aux carrefours et courir après les pickpockets…


  4. Dominique G.

    Répondre

    Bonjour Sarah, très intéressant, vôtre chronique sur Oulan-Bator. Je suis tombée dessus car je souhaitais en, savoir plus sur cette ville dont personne ne parle jamais nulle part, après avoir lu « Yeruldelgger » de Ian Manook, un roman noir passionnant et ourdé de prix. Je pense qu’il vous intéresserait si vous ne l’avez déjà lu. C’est amusant d’ailleurs car son auteur explique son travail dans la préface en parlant de pertinence, d’émotion et d’inattendu. des termes que vous employez également pour expliquer votre façon de choisir vos destinations de voyages.



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