Envie de mer, de montagne et de villes atypiques dans un pays peu fréquenté par les touristes? Alors direction l’Albanie! Ce petit pays du sud de l’Europe, en bordure des mers Adriatique et Ionienne, fut longtemps un des plus fermés d’Europe, sous le joug d’une terrible dictature jusqu’à la fin des années 80. Aujourd’hui, la page est tournée et c’est désormais facile d’y voyager. Avec mon amie Adeline, nous y avons passé deux semaines entre fin juin et début juillet, à la découverte de sa capitale, Tirana, et en road trip dans la partie sud du pays, le long des plages de la Riviera et dans les villes classées de l’Unesco, Berat et Gjirokastër. Voilà mon itinéraire, mes coups de cœur et mes bonnes adresses pour un road trip en Albanie.

Visiter Tirana, la capitale de l’Albanie

Immeuble arc-en-ciel dans les rues de Tirana

Tirana n’est pas ce qu’on pourrait appeler une belle ville, mais elle est intéressante à découvrir. Quand on arrive par avion en Albanie, c’est la porte d’entrée pour le pays (voir les billets d’avion pas chers pour Tirana). Son bric-à-brac architectural et son urbanisation anarchique ne sont pas dénués de charme. Et c’est surtout là qu’on prend conscience de la terrible dictature qu’a subi le pays sous le joug d’Enver Hoxha, qui a dirigé le pays de 1944 à 1985. Je recommanderais d’y passer trois jours en début de voyage. J’écrirai un article détaillé sur la visite de Tirana un peu plus tard sur le blog, mais voilà quelques éléments à savoir.

La place Skanderberg à Tirana

L’idéal en arrivant, c’est de faire le Free Walking Tour, dont le départ a lieu tous les jours devant l’opéra sur la place Skanderberg, à 10h et à 18h. La visite dure deux heures environ et permet de faire le tour des sites principaux du centre-ville avec les explications d’un guide albanais (en anglais). On y apprend vraiment beaucoup de choses sur Tirana et sur le pays. On donne le pourboire qu’on souhaite à la fin de la visite (à titre indicatif, j’ai donné 500 leks, soit le prix moyen d’une visite de musée).

Le Bunk’Art 2 face au ministère de l’Agriculture à Tirana

Les deux visites incontournables à faire à Tirana, ce sont la Maison des Feuilles, un musée consacré à l’espionnage de la population pendant la dictature communiste, et Bunk’Art 1, un ancien bunker transformé en musée sur le régime d’Enver Hoxha (attention, c’est un peu trop impressionnant pour les enfants et je le déconseille aux personnes claustrophobes). L’inconvénient de Bunk’Art 1 c’est qu’il est éloigné du centre-ville donc il faut avoir un peu de temps pour y aller. Si vous ne passez qu’un jour ou deux à Tirana allez plutôt au Bunk’Art 2, un peu le même genre, mais en beaucoup plus petit et dans le centre-ville. En tout cas, cela ne sert à rien de visiter les deux. Pour ma part, j’ai largement préféré le 1, même si c’est une visite qui peut faire un peu peur car on s’enfonce profondément sous terre dans d’immenses galeries qui semblent interminables (on a même eu droit à une coupure d’électricité!!).

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Sinon les deux quartiers à ne pas louper, c’est le Pazari I Ri, celui du nouveau bazar, idéal pour manger en terrasse, et le Blloku (Bloc), l’ancien quartier de la nomenklatura, devenu aujourd’hui un quartier branché avec pas mal de street-art. J’ai été un peu déçue par la qualité des restaurants à Tirana, où c’est souvent le règne de la « malbouffe » et des mauvais hamburgers. C’est dommage car pourtant la gastronomie albanaise est délicieuse et les fruits et légumes d’excellente qualité. Les deux endroits que j’ai préféré pour manger c’est Oda (Rruga Luigi Gurakuqi), un petit restaurant de cuisine traditionnelle dans le quartier du Pazari I Ri (attention, c’est tout petit, donc mieux vaut arriver tôt et patienter si c’est complet car cela vaut le coup, surtout pour la cuisine végétarienne). L’autre bonne adresse, c’est Era (il y en a deux: Era Blloku et Era Vila), avec de très bons assortiments de cuisine albanaise.

Où dormir à Tirana. Nous avons dormi quatre nuits à l’Hôtel Town House: c’est bien situé et d’un bon rapport qualité-prix pour ceux qui veulent une chambre basique et fonctionnelle, par contre l’accueil est un peu moyen et le petit-déjeuner pas terrible… Sinon j’ai repéré deux établissements qui ont l’air bien: le Trip’n hostel (avec à la fois des dortoirs et des chambres particulières) et le Sar’Otel Boutique Hotel (un peu plus haut de gamme avec très bon petit-déjeuner). Pour ceux qui veulent se faire plaisir dans un des plus beaux hôtels de Tirana, il faut aller au Plaza Tirana et demander une chambre en étage élevé avec vue sur la place Skanderberg. Si je retourne à Tirana un jour, j’y passerai au moins une nuit!

Berat, « la ville aux mille fenêtres »

Berat, classée au Patrimoine mondial de l’Unesco

Après quatre jours à Tirana, nous récupérons notre voiture de location et prenons la direction de Berat, dans le Sud, qui sera la première étape de notre road trip en Albanie. En chemin, nous faisons un stop rapide à Durrës, en bord de mer pour déjeuner. Il règne une drôle d’ambiance dans cette station balnéaire aux immeubles défraîchis. C’est là qu’arrivent les voyageurs qui viennent en Albanie par bateau depuis l’Italie. Mise à part quelques ruines romaines il n’y a pas grand-chose à y voir et ce n’est pas une étape indispensable.

Surnommée la ville aux mille fenêtres pour les façades de ses maisons ottomanes collées les unes aux autres, Berat est classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2008. Quel délice de se perdre dans son labyrinthe de ruelles tortueuses. Par contre, mieux vaut éviter les heures chaudes, car ça grimpe beaucoup! Il faut monter au sommet de la citadelle qui domine Berat au sommet de la colline. De là-haut on a une vue superbe sur tous les alentours.

Vue sur Berat depuis la citadelle

Une étape d’une nuit à Berat suffit pour profiter de la ville. Nous avons dormi à Ana’s resthouse, une agréable petite pension de famille avec à la fois des chambres individuelles et des dortoirs pour les petits budgets. Pour manger, je vous recommande le restaurant Mangameli (Rruga Mihal Komneno), qui sert de la cuisine albanaise traditionnelle sur une jolie terrasse (sans réservation mieux vaut venir tôt car c’est un restaurant populaire auprès des groupes de touristes qui occupent de grandes tablées).

Ana’s resthouse à Berat: une jolie pension de famille avec chambre ou dortoir selon le budget

Les plages de la Riviera: Livadhi Beach

Voyage en Albanie: road trip sur la riviera Voyage en Albanie: road trip sur la riviera

Après ces quelques jours urbains à Tirana puis Berat, nous avions très envie de plage et de détente… Alors en route vers le sud de l’Albanie et les plages de la mer Ionienne. Il y a beaucoup de stations balnéaires entre Vlora et Saranda. Pour notre part, nous avons jeté notre dévolu sur Livadhi Beach, à côté d’Himarë. Pour profiter de son séjour sur la Riviera albanaise, je pense qu’il vaut mieux choisir un hébergement sur une plage pas trop grande, et surtout pas dans une grosse station, car celles-ci sont assez bétonnées. Livadhi Beach (c’est la photo de tête de l’article) a en tout cas été un très bon choix et nous avons beaucoup aimé. C’est ambiance tranquille et un peu bohème avec quelques petits hôtels et des restaurants de poissons en bord d’une plage de galet (comme la plupart dans le sud de l’Albanie). Par contre, il faut avoir une voiture pour venir. Il y a bien quelques bus, mais pas très souvent…

Nous avons passé deux nuits à Scala Bungalows, dans un coin tranquille en bout de plage et j’aurais bien aimé avoir le temps d’y rester un peu plus. Pour les petits budgets (25 euros pour deux), il y a des chambres toutes simples en bas, et pour les budgets moyens, de très jolies chambres plus haut de gamme un peu plus haut avec une vue sublime sur la mer et de belles terrasses. Ambiance à la cool avec une patronne un peu bohème et très sympa.

Mon coup de cœur juste à côte de Livadhi Beach, c’est la petite crique sauvage de Gjiri i Akuariumit, à une quarantaine de minute à pied en prenant le chemin côtier qui va vers le nord. Pourtant, même en arrivant tôt le matin et avant le rush de la saison touristique, il y avait déjà d’autres baigneurs. La plupart ne nous ont pas dérangé, sauf le groupe de jeunes qui a eu la mauvaise idée de ramener la sono avec de la musique à fond… Mise à part en venant complètement hors saison, je crois qu’il est illusoire de penser tomber sur de petites plages désertes en Albanie. Le tourisme de masse n’y est pas encore très développé, mais les plages sont petites, alors les gens se retrouvent assez vite entassés les uns sur les autres, même s’il faut marcher 30 à 40 minutes après le parking.

La petite crique de Gjiri i Akuariumit à côté de Livadhi Beach

A une dizaine de kilomètres au nord de Livadhi, je vous conseille d’aller faire un tour sur Gjipe Beach. Après avoir garé la voiture sur le parking, il faut marcher une bonne demi-heure à pied sur un chemin. La plage est belle, mais plus urbanisée que ce à quoi on s’attendait avec pas mal de petits resto buvettes, et surtout deux affreux frigos Pepsi déposés en plein milieu de la plage et qui nous ont bien gâché la vue.

Gjipe Beach avec deux affreux frigos Pepsi posés en plein milieu…

La conduite en Albanie

A ce stade de notre voyage en Albanie, un focus sur la conduite s’impose. Comme je le disais plus haut, nous avons récupéré notre voiture de location en centre-ville de Tirana. Nous avons trouvé notre offre sur le site Auto Europe, qui est un comparateur des différents loueurs de voiture, et pas seulement en Europe, puisqu’il fonctionne pour 180 pays dans le monde. Il propose notamment une annulation gratuite jusqu’à 48 heures avant la prise en charge de la voiture. Nous avons pris une Fiat Grande Punto pendant dix jours auprès d’Enterprise. Gros plus: nous avons pu la rendre au terme du voyage à l’aéroport de Tirana sans frais supplémentaire (au départ nous l’avons prise en centre-ville).

Tout s’est très bien passé concernant la location de la voiture et nous n’avons eu aucune mauvaise surprise. C’est Adeline qui a conduit, donc vous pourrez lire ses impressions et ses conseils sur son article road trip en Albanie. Il est vrai que c’est un pays où la conduite peut être un peu anarchique, donc mieux vaut avoir un peu d’expérience car le code de la route y est assez théorique… Les routes ne sont pas toujours en très bon état, surtout en campagne et dans les montagnes. Les lacets sont assez serrés et il faut partager la route avec les bergers qui ramènent leurs troupeaux… En tout cas, je recommande de choisir une voiture plutôt petite et maniable pour pouvoir se faufiler dans les petites ruelles des villages albanais. On a été très contente de notre choix pour une Fiat intermédiaire qui a très bien fait l’affaire.

En route pour le sud: Llamani, Porto Palermo et Ksamil

Llamani beach sur la riviera albanaise

Après Livadhi Beach, nous poursuivons notre route en direction du sud de l’Albanie. En chemin, nous faisons deux étapes intéressantes. Juste après Himarë, on tombe sur la petite plage de Llamani Beach. Elle est bien occupée par les transats et les parasols des restaurants de plage, mais c’est une halte agréable, surtout le matin. Ensuite, nous nous arrêtons à Porto Palermo, une petite station un peu désaffectée qui était autrefois une base militaire.

Etape à Porto Palermo

Ksamil, c’est une des stations balnéaires les plus populaires d’Albanie pour la bonne et simple raison qu’il y a des plages de sable, alors que quasiment partout ailleurs, il s’agit de galets. Pour être honnête, je n’ai pas eu le coup de cœur… Les plages sont tellement petites qu’elles sont très vite envahies! Le seul moment pour en profiter, même fin juin, c’est-à-dire avant le début de la haute saison, c’est d’aller à la plage à 8 heures du matin.

La plage de Ksamil (à huit heures du matin)

La cité antique de Butrint

L’intérêt majeur de Ksamil en fait, c’est que c’est juste à côté de Butrint, le plus important site archéologique d’Albanie, classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1992. C’est donc l’endroit idéal pour trouver un hébergement pour visiter ce site historique majeur. On y trouve à la fois des vestiges grecs, romains, byzantins et vénitiens. C’est même d’ailleurs un des plus importants sites archéologiques des Balkans. On craignait de mourir de chaud pendant la visite, mais il y a de nombreuses allées ombragées et on a pu bien en profiter. Mieux vaut éviter tout de même le créneau entre 11 heures et 15 heures si vous venez pendant l’été.

Gjirokastër, « la ville de pierre »

Vue sur la citadelle de Gjirokastër

Comme Berat, Gjirokastër est aussi une ville ottomane, mais son architecture est complètement différente. Elle est également inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. Lors de notre voyage, elle était en totale rénovation, donc a eu du mal à profiter de ses petites ruelles historiques, mais d’ici fin 2019, la ville devrait avoir retrouvé tout son attrait. Le principal site à visiter, c’est la citadelle, au sommet de la colline qui surplombe la ville. On peut y profiter d’une vue superbe sur les alentours et les maisons traditionnelles de Gjirokastër.

La visite des maisons traditionnelles albanaises est d’ailleurs l’un des principaux atouts touristiques de la ville. On peut notamment y visiter maison du plus célèbre écrivain albanais, Ismaël Kadaré. L’architecture de la maison est intéressante, mais ce qui est dommage, c’est qu’il n’y a quasiment rien sur la vie et l’œuvre de cet immense écrivain. Pour découvrir une maison typique de la région, il faut absolument aller voir la maison Skëndulaj, une vraie merveille, et qu’on visite en plus avec le propriétaire des lieux.

Visite de la maison Skëndulaj à Gjirokastër

Nous avons passé deux nuits à Gjirokasër, dans une très sympathique maison d’hôte, le Friend’s hostel (il y a à la fois des chambres particulières et des dortoirs). Très bon petit-déjeuner et superbe terrasse avec vue sur la citadelle. Pour manger, on a beaucoup aimé la taverne Rrapi avec une cuisine traditionnelle simple et savoureuse et une jolie terrasse ombragée en plein centre-ville.

Le Friend’s hostel à Gjirokastër

Carnet pratique pour un voyage en Albanie

Y aller: le plus économique et le plus rapide pour aller en Albanie depuis la France, c’est l’avion. Vous trouverez sûrement les offres les plus intéressantes avec la compagnie Transavia, qui assure des vols directs trois fois par semaine.  Mon conseil: si vous ne voulez pas que votre bagage cabine passe en soute au moment de l’embarquement (c’est assez fréquent sur Transavia lorsque l’avion est plein), embarquez dans l’avion parmi les premiers. Sinon, si vous avez le temps et que vous voulez y aller sans prendre l’avion, je vous invite à lire l’article de Laurent, qui y est allé en train et en ferry.

Circuler en Albanie: l’Albanie est un petit pays, à peine plus grand que la Bretagne, mais c’est un pays très montagneux, avec des routes pas toujours en bon état. Je pense que la solution la plus facile, c’est de louer une voiture comme nous l’avons fait (budget environ 400 euros pour une dizaine de jours sur Auto Europe). Sinon c’est aussi possible de voyager en bus, notamment pour les voir les villes comme Tirana, Berat ou Gjirokastër. Mais si vous voulez profiter de la côte et des plages, c’est plus compliqué.

Quand y aller: la meilleure saison, c’est la fin du printemps (mai-juin) ou le début de l’automne (septembre-octobre). En juillet-août il fait très chaud et les stations balnéaires sont bondées.

A lire pour préparer votre voyage: il n’y a pas beaucoup de guides de voyage sur l’Albanie. Le seul qui existe en français, c’est le Petit Futé Albanie. On n’y trouve pas beaucoup d’informations pratiques, mais au moins on y apprend des choses sur l’Albanie. Sinon il y a quelques blogs de voyage que je vous recommande.

Et bien sûr les livres d’Ismaël Kadaré, car rien ne prépare mieux à la découverte d’un pays que de lire des œuvres d’un auteur local: Avril brisé, Le palais des rêves, Le général de l’armée morte ou encore Chronique de la ville de pierre.




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