On a parcouru la Chine en train. Oulan Bator–Pékin–Shanghai–Suzhou–Xi’An–Chengdu–Guilin… On en a vu défiler des milliers de kilomètres à travers l’Empire du Milieu. Plus de cent heures (104 exactement) et quatre nuits: on a eu le temps de profiter du voyage!! Un mois après notre traversée de la Russie en transsibérien (six nuits, 110 heures), on ne peut s’empêcher de faire un comparatif entre les deux. Et bien les trains russes, c’est le Moyen-Age à côté des trains chinois. Je ne m’attendais pas à un tel écart de développement entre les deux pays. La Russie m’a clairement donné le sentiment d’un pays en crise profonde, alors que la Chine est en train de se moderniser à une vitesse incroyable (peut-être trop vite d’ailleurs, à en juger par les récents accidents de train).

Petit match « amical » entre le transsibérien et le trans… chinois

Paysages: Avantage Chine.
Bouleaux, bouleaux, bouleaux… A travers les vitres du transsibérien, la Russie est une succession quasi ininterrompue de forêts de bouleaux… Les Russes s’interrogent d’ailleurs pas mal sur la fascination qu’ont les touristes étrangers à vouloir emprunter ce train. «You’re gonna see trees, trees, trees… » nous expliquait une Russe à Moscou, nous mettant en garde contre la monotonie des paysages. Heureusement, il y a aussi quelques belles maisons en bois colorées pour égayer le parcours.
Côté Chine par contre, place aux déserts (Gobi), paysages naturels grandioses, rivières, villages, grandes villes, mégalopoles… L’étendue des barres d’immeubles en construction à la sortie des villes permet de prendre conscience du gigantisme de la croissance de ce pays. On voit même la Muraille de Chine quelques heures après la frontière avec la Mongolie.

Les couchettes du transsibérien

Confort: Egalité
Difficile de départager les deux sur ce plan là, car il y a du pour et du contre des deux côtés.
Les trains chinois sont plus modernes que les trains russes, avec des couchettes et des équipements récents, des toilettes beaucoup plus propres, de la moquette partout, des écrans d’information à affichage numérique. Dans les compartiments de seconde classe (on l’a pris juste une fois… mais sinon, c’était wagon commun de 3e classe, en Chine comme en Russie), il y a même des télés à chaque couchette!! Et on a même eu droit à la « Grande Vadrouille » doublé en chinois!! Un grand moment de pouvoir regarder Louis de Funès et Bourvil en parlant chinois!! Il y a aussi un vrai service de restauration à bord des trains chinois avec vente de plateaux repas dans les wagons. Dans les trains russes, mieux vaut avoir fait ses provisions de nouilles en boîte!!
Par contre, le GROS défaut des trains chinois, c’est le bruit!! Autant les Russes sont super discrets, même les enfants, ils jouent sagement dans leur coin sans déranger personne… On ne les entends jamais et on peut faire la grasse matinée jusqu’à midi. Autant les Chinois, c’est une autre histoire. Dès six heures du matin, tout le monde parle fort, s’active, mange, téléphone, farfouille dans ses bagages… Impossible de réussir à dormir le matin. Et le pire, c’est la musique diffusée à fond les haut-parleurs, souvent dès 7 heures du matin. Un vrai cauchemar quand votre couchette est située juste sous les baffles!! Quoique là aussi quelques surprises amusantes sur la playlist. Après la Grande Vadrouille à la télé, on a eu droit « à  la claire fontaine , m’en allant promener…» Et en Français cette fois-ci!!

Wagon restaurant d’un train chinois

Charme: Avantage Russie.
Les trains chinois sont clairement plus modernes, mais beaucoup plus impersonnels finalement. Le transsibérien garde un cachet « rétro » qui lui donne tout son charme. La comparaison des deux photos de wagon restaurant (ci-dessus la Chine et ci-dessous la Russie) en est une bonne illustration. En haut, la version chinoise, propre et contemporaine avec néons blancs et tables en verre. En bas, la version russe, démodée, mais tellement plus conviviale, avec ses rideaux roses et ses banquettes en fer forgé. Le transsibérien, c’est aussi tout un « cérémonial », avec votre prodvonista (hôtesse de wagon) en uniforme qui veille à ce que tout se passe bien pendant le voyage… Le Samovar (une grosse bouilloire) qui distribue de l’eau chaude à toute heure… Tout ces petits plus qui font que finalement vous n’êtes pas dans un train comme les autres… Mais dans le transsibérien!! Rien que le nom est un rêve de voyage…

Wagon restaurant du transsibérien

Achat des billets: Avantage Chine.
Acheter ses billets de train dans les gares russes, c’est un peu la galère. Aucun guichetier, ou plutôt guichetière car c’est un métier quasi exclusivement féminin, ne parle ne serait-ce que deux mots d’anglais. Heureusement, il y a toujours quelqu’un dans la file d’attente prêt à dépanner, mais souvent avec un niveau d’anglais pas bien meilleur. Le conseil pour acheter ses billets de train en Russie: utiliser le site internet Real Russia qui donne toutes les infos (en anglais) sur les horaires des trains. Bien noter les billets qu’on veut acheter (idéalement, faire traduire tout ça en cyrillique par un Russe) et aller à la gare en sachant exactement les trajets qu’on veut.
La Chine au contraire a fait de gros efforts pour faciliter l’achat de billets de train par les touristes. Sans doute une conséquence de l’effet JO et World Expo. Que ce soit à Pékin, Shanghai ou Xi’An, on a toujours trouvé un guichet spécial « foreigners » avec un vendeur qui parle un anglais très correct.

Rencontres dans un train chinois

Accueil des locaux: Egalité.
Là encore, difficile de départager. Les Russes sont beaucoup plus réservés que les Chinois. Avec Emily, on passait nos trajets à faire des aller-retours dans le train, avec caméra (films à venir!!) et appareil photo. Accueil tirant plutôt vers l’indifférence bienveillante chez les Russes qui pour la plupart nous ignoraient royalement (sauf les mecs déjà bien imbibés de vodka), alors qu’au contraire les Chinois étaient très nombreux à nous saluer, nous dire bonjour, « nihau », « hello », nous prendre en photo, nous demander d’où on venait, nous poser plein de questions… (A lire aussi: modèles d’un soir pour des étudiant chinois en art) Par contre, une fois la glace brisée avec les Russes, ils devenaient très chaleureux. Bières, vodka, thé, gâteaux secs, poissons séchés (on savait même pas comment les manger, cf photo ci-dessous)… On croulait presque sous les cadeaux côté russe, alors que côté chinois pas du tout. Des habitudes culturelles bien différentes qu’il était intéressant de constater à travers ce voyage.

Emily s’est fait offrir un gros poisson dans le transsibérien

Résultat des courses…
La traversée de la Russie en transsibérien fait rêver beaucoup de monde. Mais à mon sens, celle de la Chine vaut autant le coup. Deux pays-continents à découvrir absolument en tous cas!! Et au rythme du train vous l’aurez compris, moyen de transport idéal pour passer d’une ville à l’autre, découvrir les paysages et rencontrer les habitants, très souvent heureux d’engager la conversation pour égayer les longues heures de transport.

Bières, thé et jus de fruit dans le transsibérien


 


14 commentaires pour “Le match: le transsibérien contre le trans… chinois”

  1. On the Roadside

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    J’adore les articles de se genre sa change vraiment de se que l’on peut voir sur internet.
    Je vais pouvoir faire cette experience aussi dès vendredi, c’est sympa d’avoir un petit aperçu avant.
    Mais je vais commence par de petits itinéraires : Beijing – Datong – Pingyao – Xi’an (peut être une autre ville entre les deux) puis retour vers shangai et la sa risque d’être plus long.
    Toi tu tu avais fais quoi après ou avant la chine je me souviens plus, enfin de la chine à l’asie du sud-est ou vers le Népal puis inde ? Parceque pour l’instant je ne sais pas ce que je fais à partir de Shangai, tu me conseils quoi ? D’aller vers le vietnam directement, ou j’essaye d’aller vers le tibet pour rejoindre l’inde via le Népal ?


    • Sarah

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      merci!! j’aime bien aussi ta manière de voyager! sans rien prévoir et à la rencontre des gens! après la chine, je suis allée à hong kong, puis en thailande, où je suis restée me poser un peu deux trois mois car j’étais fatiguée de trop voyager. j’avais déjà fait l’asie du sud est dans un voyage précédent: avec vietnam et cambodge. je n’ai jamais encore été ni au népal ni en inde. difficile de te conseiller. moi j’ai adoré l’asie du sud est (les deux plus beaux: cambodge et birmanie, et j’adore aussi la thailande), mais l’inde, népal et tibet, ça doit être top aussi!! demande à adrien du http://tourdumonde2010.free.fr/ il pourra peut-être te renseigner. ou à adeline de http://www.voyagesetc.fr/ bises et à bientôt!


  2. Je m’incruste pour répondre aux questions sur le Népal, le Tibet et l’Inde.
    Je crois qu’il faut un permis pour rentrer de Chine vers le Tibet, à confirmer avec les derniers événements. Le passage au Népal se fait sans trop de soucis je crois et la route est magnifique ! Si tu veux faire le Tibet depuis le Népal, c’est plus compliqué, tu seras obligé d’y aller avec un Tour organisé (c’était comme ça en 2010)… Moins cool !

    Sinon Sarah ton post est top com d’hab… J’aime toujours les histoires de trains… Tu devrais aller en Inde, tu aurais beaucoup à raconter ! Vous avez battu mon record au niveau des horaires… J’ai fait un peu plus de 70h en Inde 🙂

    Sinon pas très diététique votre régime transsibérien 🙂


    • Sarah

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      merci adeline! oui, c’est clair l’inde fait partie de ma « to go list ». l’idéal, ça serait d’avoir deux à trois mois, pour avoir le temps de bien s’imprégner… j’ai hâte de tester les trains indiens effectivement! pas très diététique effectivement dans le transsibérien. c’est surtout les produits frais qui manquent. mais c’est le cas dans toute la russie, et la mongolie aussi. mises à part le chou et les patates, ya quasiment jamais de légumes… et encore, les patates, c’est pas vraiment un légume…


  3. Emily Zanier

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    Super cet article de comparaison.
    Ah oui et tu as oublie de preciser: les Chinois petent tout le temps!!!
    Et je suis tout a fait d’accord, le train est absolument ideal pour voyager en Russie comme en Chine! Et je conseille plusieurs arrets dans les 2 pays, autant qu’on peut, suivant la duree des visas qui est malheureusement ce qui nous a reduit les visites, car on avait seulement 30 jours dans chacun de ces pays si immenses.


    • Sarah

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      oui… moi je n’aurais pas osé… par contre, moi c’est plutôt les crachats qui m’ont indisposée… mes oreilles ont toujours eu du mal à se faire à ce bruit venu du fond de la gorge… je ne sais même pas comment ils font d’ailleurs… je suis tout à fait incapable de cracher comme cela… ça demande un peu d’entraînement… ah tiens, je sais pas comment tu t’es débrouillée, mais tu viens de faire le 700e commentaire!! décidément, c’est une caisse de champagne que je vais te devoir quand tu rentreras!!


  4. Emily Zanier

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    Oui tu as raison, les crachats, c’etait le pire, surtout que c’etait toute la journee et partout. Mais les pets se distingaient plus dans le train car la nuit, ca s’entendait vachement.
    Genial pour le 700eme commentaire, en plus ca faisait longtemps que je n’etais pas allee sur internet, et c’est aussi mon 1er commentaire sur ton nouveau blog, que je trouve super au passage, felicitations.


    • Sarah

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      merci!! mais tu vas voir, le design va beaucoup changer. là je suis encore en train d’étudier les différentes possibilités.. la semaine prochaine, j’espère que ça sera enfin fini! et qu’est ce que je suis contente d’être passée sous wordpress, c’est vachement mieux qu’overblog, y a pas photo!!




  5. Bon ben je rajoute la traversée de la Chine en train alors, même si le transsibérien était déjà sur ma liste! Merci pour ce chouette article!


  6. Super ta comparaison et ton blog Sarah! Vivement que j’embarque d’ici peu 😉 Merci.


  7. Je tombe sur cet article par hasard et suis ravi de lire votre témoignage, merci ! En espérant pouvoir revenir rapidement dans ce beau pays lorsque la crise COVID sera fine !


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