En cargo sur le canal de Suez

Mardi 1er mars

Le premier jour du mois de mars aujourd’hui! Dans 15 jours, je suis en France! Mon transat au soleil sur le pont me fait des clins d’oeil. C’est trop frustrant! Il fait un soleil absolument magnifique, mais interdiction de sortir dehors. Nous avons franchi les Maldives cette nuit et sommes maintenant dans la mer d’Arabie. Le mode vigilance anti-pirates a été activé à bord. 1/Toute sortie à l’extérieur est interdite; 2/Le soir, il faut fermer les rideaux quand on allume la lumière; 3/Le cargo a augmenté sa vitesse pour être moins vulnérable aux assauts. Le commandant me briefe sur l’attitude à adopter en cas d’attaque. Si des pirates parviennent à monter à bord, il ne faut surtout pas essayer de résister. J’ai même droit à la lecture d’un petit memo sur « comment survivre à une prise d’otage »… Gloups, tout d’un coup, le fait d’être la seule femme à bord me semble nettement moins rigolo… Avant d’embarquer sur la Traviata, je n’avais absolument pas pensé à cela. Bien sûr, je n’aurais pas envisagé de faire ce trajet en voilier car sur un petit bateau, on est très vulnérable, et les attaques médiatisées m’en ont dissuadé (prise d’otage de l’équipage du voilier le Ponant en 2008, attaque du Tanit en 2009 avec le décès de son skipper, Florent Lemaçon). Mais je pensais que sur un cargo, on était en sécurité… Pas tant que ça en fait… Bien sûr, c’est beaucoup plus difficile pour des pirates de s’emparer d’un gros bateau, mais ils y arrivent quand même. Le piratage est devenu presque une industrie militaire dans cette zone du monde. Et la zone maritime est tellement vaste à couvrir (cela va du golfe d’Aden aux Maldives) que les navires militaires qui quadrillent l’endroit ne suffisent pas. Les pirates naviguent à bord de ce qu’on appelle des « vaisseaux-mères », des bateaux de taille moyenne dont ils ont réussi à s’emparer, et peuvent ainsi rester plusieurs semaines en haute mer. Avec l’argent des rançons, ils sont devenus très puissants. Bien loin des pauvres bougres de Somalie, mais plutôt des armées de mercenaires.

A l’heure où j’écris ce post (six mois après être rentrée, ndlr), un cargo italien, le Montecristo, avec 23 membres d’équipage vient d’être pris en otage. Et depuis début 2011 (source AFP), deux autres navires ont été séquestrés par des pirates au large des côtes de la Somalie: le pétrolier Savina Caylyn, capturé en février avec 22 membres d’équipage, et le Rosario D’Amato, un cargo retenu depuis avril, avec 21 personnes.

Mais à bord, ça, je ne le savais pas, et étais plutôt confiante… Me contentant de pester contre ces mesures de sécurité qui m’empêchaient de faire ma séance de bronzage quotidienne sur mon transat…

Mercredi 2 mars

J’apprends tranquillement la nouvelle à l’heure du déjeuner. La Traviata a été poursuivie ce matin par des pirates! J’étais en train de regarder un DVD (Knight and Day avec Tom Cruise et Cameron Diaz). Je ne me suis rendue compte de rien. Le commandant raconte l’épisode. Un bateau-mère a poursuivi le cargo, en mettant à l’eau un skiff, une embarcation rapide, pour tenter de nous rattraper. Heureusement, avec la pleine puissance machine, on a réussi à les semer. Mais apparemment, l’alerte a été sérieuse. J’ose le « Oh ben mince, j’aurais eu une histoire croustillante à raconter sur mon blog »… Mais la blague ne fait pas rire les officiers. Pas du tout en fait… Le commandant passe son après-midi à envoyer des rapports sur l’incident, photos du vaisseau-mère à l’appui, pour que les navires militaires qui croisent sur zone tentent de l’intercepter. Je n’en saurai pas plus…

Après-midi et soirée tranquilles. Classement photos. Je fais un rattrapage Woody Allen. Vicky Cristina Barcelona et Match Point. J’adore Woody Allen!!

Les dunes derrière le port de Salalah à Oman

Jeudi 3 mars.

Derrière le port, les dunes. Aujourd’hui est une journée un peu particulière. Nous sommes en escale au sultanat d’Oman, à Salalah. Nous sommes arrivés dans la nuit et je me réveille avec vue sur le désert d’Arabie. Avec aussi les cheminées des raffineries de pétrole et les grues du port industriel. Je piétine d’impatience à l’idée de pouvoir enfin débarquer après une semaine entière à bord du cargo. Je dois toutefois prendre mon mal en patience. Prête dès 8 heures du matin, je dois néanmoins attendre deux bonnes heures, après le passage de l’agent d’escale local qui s’occupe des formalités de douane. Nous sommes dans un pays étranger. On ne peut pas mettre pied à terre comme ça.

Je débarque avec deux jeunes cadets (des officiers stagiaires). Le reste de l’équipage reste à bord. C’est le grand drame du métier de marin. Ils passent leur temps à voyager autour du monde, mais n’ont que rarement l’occasion de débarquer. Les escales dans les ports ne sont que de courte durée, et ils doivent veiller aux opérations de chargement et déchargement des containers. La plupart des membres d’équipage à bord de la Traviata n’ont pas mis le pied à terre depuis leur départ du Havre, fin décembre dernier.

Les femmes voilées à Salalah, à Oman

Plutôt sympa, l’agent d’escale accepte d’endosser le rôle de guide touristique. Il nous balade dans le centre-ville de Salalah, nous fait découvrir le marché avec les nombreuses échoppes de parfum, la spécialité de Salalah, également dénommée « capitale des parfums d’Arabie ». Toutes les femmes sont habillées en noir des pieds à la tête, on ne voit que leurs yeux qui dépassent à travers les minces fentes du tchador. Boutiques de mode musulmane et d’électro-ménager. On va même faire un tour sur la plage. On est trop content de pouvoir tremper nos pieds dans la chaude mer d’Arabie. A bord d’un cargo, on est presque coupés de la mer en fait. Le bateau est tellement énorme qu’on la surplombe toujours de plusieurs dizaines de mètres. Inutile de préciser que bien sûr la plage est complètement déserte. Les Omanais ne viennent en profiter qu’en fin de journée quand il fait moins chaud. Et biens sûr, pas de baignade en maillot de bain. A la rigueur, short long pour les hommes, mais les femmes restent toutes habillées.

Quelques photos des dômes colorées des mosquées de Salalah, un déjeuner vite englouti dans un bouiboui local, et nous voilà repartis pour le port. La Traviata repart en milieu d’après-midi et hors de question de prendre le risque de rater le bateau!!

La plage de Salalah, à Oman

Vendredi 4 mars

Nouvelle alerte aux pirates. Nous naviguons aujourd’hui dans le golfe d’Aden, au large des côtes somaliennes. La zone la plus dangereuse. Un petit bateau rapide s’est approché à trois miles du bateau (5 kilomètres, une bouchée de pain…). Quatre ou cinq hommes à bord, qui faisaient des grands signes, à moitié dissimulés sous une grande bâche orange, couleur code pour les appels de détresse en navigation. C’est une des nouvelles stratégies des pirates. Faire croire qu’ils sont des naufragés à qui il faut venir en aide. Mais le piège grossier ne prend pas. Nous continuons notre route sans encombre. Nous allons franchir cette nuit Bab-el-Mandeb, le détroit qui sépare le Yémen de Djibouti. Encore une journée de 25 heures. Chouette, on peut encore une fois dormir une heure de plus.

Samedi 5 mars

Bienvenue en mer Rouge!! Chic!! C’est la fin du régime « vigilance anti-pirates »! Les sorties à l’extérieur sont à nouveau autorisées. La mer est d’un calme olympien. On se croirait presque sur un lac. Je reprends mes séances de bronzage sur mon transat. Nous sommes début mars, et je vis mes derniers jours d’été… Maintenant nous filons droit vers le Nord et vers l’Europe. La saison va bientôt changer.

Fin d’après-midi. Nouvelles consignes à bord. Demain, nous faisons escale à Jeddah, en Arabie Saoudite. Il faut planquer toutes les bouteilles d’alcool et les revues avec des filles un peu trop dénudées. Toute la collection de FHM et des photos de Clara Morgan qui traînent au carré des officiers sont mis à la « blague », le terme marin pour désigner une consigne qui restera fermée toute la durée de notre passage en Arabie Saoudite.

Le port de Jeddah, vu des fenêtres de ma cabine

Dimanche 6 mars

Réveil à Jeddah ce matin. J’avais le secret espoir de pouvoir débarquer, comme à Oman il y a trois jours. Mais impossible. Sans visa pour l’Arabie Saoudite, les autorités ne nous laissent pas mettre pied à terre. Et interdiction en plus de prendre la moindre photo du port. J’en suis réduite à prendre quelques photos volées depuis les fenêtres de ma cabine. Grrrr…. Bienvenue au royaume des musulmans intégristes. En plus, on voit bien la ville depuis le pont du cargo. C’est un peu déprimant de devoir rester coincée sur le bateau toute une journée alors qu’on est à quai. Et on doit malgré tout respecter la loi saoudienne: interdiction de boire de l’alcool à bord. Privés de vin pour le déjeuner du midi!

J’obtiens tout de même le droit de visiter une cale du cargo pendant les opérations de chargement. C’est incroyable de réaliser la profondeur de la coque et la quantité des containers qui reposent sous nos pieds. Il y en a encore plus dessous que dessus.

Mini-psychodrame l’après-midi lors de la fouille du navire par les douanes. Un officier saoudien demande à boire une bière (et oui!!), ce qui lui est refusé. Vert de rage, il procède à une fouille complète de la cabine du commandant, qui se fait épingler à cause « d’une publicité asiatique », soi-disant interdite dans un magazine quelconque (ils trouvent les prétextes qu’ils veulent pour faire chier). Du coup, branle-bas-de-combat à bord: tout le monde doit planquer bouquins et revues, mêmes les plus anodines en cas d’une nouvelle fouille. Tous les numéros de Capital et Géo, qui comportent aussi des publicités avec des femmes pas suffisamment habillées au regard des lois islamiques, sont rapidement dissimulés, hors de la vue des douaniers.

Soulagement quand nous quittons les rives peu hospitalières de Jeddah. C’est en fin de soirée, donc à nouveau dîner sans vin, à l’eau plate. Encore une journée de 25 heures. Le temps n’a plus la même dimension.

Le cargo quitte le port

Lundi 7 mars

Etrange. Je commence à m’ennuyer un peu. Mais juste un peu… La première fois que je ressens ce sentiment depuis un an et demi. J’en ai marre de classer mes photos sur mon ordinateur. Je profite de mon transat pour bronzer une dernière fois au soleil. Demain, nous serons dans le canal de Suez et nous passerons en niveau de sécurité supérieur. J’apprends le renversement d’Hosni Moubarak en Egypte début février, ainsi que tout le mouvement des « révolutions arabes »… La chute de Ben Ali en Tunisie, le soulèvement en Libye… Je n’en reviens pas. Janvier-février 2011, j’étais en Birmanie, complètement coupée d’Internet, ou en train de faire la fête sur les plages de Thaïlande (coupée de la réalité également), et je n’ai rien su de tout ça…

Cet après-midi, nous entrons dans le golfe de Suez. Nous passons pas très loin de Charm el-Shaikh. A babord, le désert du Sinaï, à tribord, des îles désertes. Le vent souffle très fort. Nous voguons au milieu des plate-formes pétrolières.

Plate-forme pétrolière en mer Rouge

Traversée du canal de Suez en cargo

Mardi 8 mars

Réveil aux aurores ce matin. Pour rien au monde je n’aurais voulu louper l’entrée dans le canal de Suez! Le soleil vient tout juste de se lever lorsque nous passons la ville de Suez, point d’entrée du canal mythique. Le trajet se fait en convoi. Une dizaine de cargos à la queue-leu-leu. 165 kilomètres à parcourir à la vitesse moyenne de 10-12km/heure.

L’entrée du canal de Suez

Le canal est sous surveillance maximum avec les récents événements d’Egypte. Le long des berges, les militaires en casque orange montent la garde. Impressionnant de voir tout ce déploiement, avec les chars dans les garnisons. Le canal est un enjeu considérable pour l’économie égyptienne. D’un côté, les villes et les champs, et de l’autre, le désert et les dunes.

En milieu de journée, on traverse le lac Amer, le seul endroit où les bateaux peuvent se croiser. Des dizaines de cargos alignés en rangs d’oignons. Ils descendent le canal dans l’autre sens et attendent le passage de notre convoi pour s’engager à leur tour. Un pétrolier traverse d’ailleurs juste devant nous. Concentration maximum sur la passerelle. La moindre erreur de pilotage conduirait à l’accident.

Armée des jumelles, je regarde les paysans travailler dans les champs, les femmes voilées se promener dans les rues, les enfants jouer devant leurs maisons. Il y a beaucoup de villes le long du canal. On navigue aux pieds des immeubles. Comme dans beaucoup de pays pauvres, les façades ne sont peintes que devant (pour économiser la peinture). Les cimes des minarets dépassent au-dessus des immeubles. Le linge sèche aux fenêtres.

On navigue aux pieds des immeubles le long du canal de Suez

Il y a beaucoup d’allées et venues à bord. Trois pilotes se succèdent dans la journée, pour assister le commandant dans les manœuvres. Il y a aussi les agents du canal pour les formalités administratives, un médecin pour l’inspection sanitaire, des canotiers pour permettre d’accoster en cas de souci, des vendeurs de souvenirs… Au total une douzaine de personnes, qui, chacune repartent avec… une cartouche de cigarettes. Les marins surnomment d’ailleurs le canal de Suez le « Marlboro canal », tant est ancrée cette tradition de donner une cartouche à chaque homme qui monte à bord.

On quitte le canal vers 17 heures, pour rentrer en mer Méditerranée. Incroyable journée. Je n’ai pas mis le pied à terre, mais j’ai tout de même passé une journée en Egypte. Tout d’un coup, la différence de température avec la mer Rouge est impressionnante. On a perdu 10 °C. Je dois ressortir ma laine polaire pour admirer le coucher de soleil sur le pont. L’été est terminé, bienvenue en hiver. Lire la suite: mon voyage en cargo.

Canal de Suez: j’ai passé une journée en Egypte




17 commentaires pour “Voyage en cargo: des pirates de Somalie au canal de Suez”



    • Sarah

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      merci!! oui, c’était une très belle expérience!! j’aimerais bien faire un tour du monde en cargo maintenant… traverser le pacifique!!



        • Sarah

          Répondre

          non, j’aimerais beaucoup voyager en voilier. mais pour rentrer d’asie, il fallait passer par le golfe d’aden et la mer d’arabie (ça fait un gros détour de passer par le cap de bonne espérance), et je pense que par rapport aux risques d’attaques de pirates, c’est trop dangereux. encore récemment, au mois de septembre, un skippeur français, christian colombo, a été tué lors de l’attaque de son voilier par des pirates au large du yémen. par contre, pour aller sur le continent américain, je prendrais bien un voilier si j’ai l’occasion!


  1. Et bien heureusement que les alertes pirates n’ont pas été trop violentes… Étrange de se dire que tu ne savais pas tout ça sur l’Égypte. Mais quand on voyage, cela ne me surprend pas…


  2. Emily Zanier

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    Vraiment super cette aventure! Carrement flippant les pirates! Justement on en parle souvent entre « yachties ». Et sinon oui traverser le Pacifique en voilier, ce que j’ai fait entre Fiji et l’Australie, c’est carrement mieux je pense car au moins on peut s’arreter ou on veut. Mais alors y’a carrement moyen de s’ennuyer plus, car le voilier va beaucoup plus lentement et on ne peut pas classer ses photos sur l’ordi ou regarder des films, car la plupart du temps, on vit penches par les voiles et ca bouge trop, donc on est limite a dormir et lire en gros, et regarder la mer bien sur, car chaque deplacement a bord du bateau n’a rien d’une balade…


    • Sarah

      Répondre

      ohlala, j’aimerais tellement voyager à bord d’un voilier!! encore jamais fait! j’ai fait cargo, ferry, brise-glace, zodiac… mais jamais voilier! le seul qui me manque!! quoique non, il me manque aussi porte-avions, sous-marin… 🙂


  3. Trop bien ton récit !!
    Les pirates, le genre de truc que tu es content d’avoir vécu, mais seulement après coup (ou pas).
    Fou, le coup de la fouille avec les Geo à planquer…


  4. et ben m**** alors j’ai envie de dire. ok, les pirates et tout ça font peur certainement sur le coup, mais c’est trop la classe de vivre de telles aventures 😛 (enfin, j’espère que tu me comprends)


  5. Un voilier on est assez discret aussi, difficile à repéré, mais j’admet que le risque n’en vaut pas la chandelle, dommage avant on pouvait faire le tour du monde sans quitter les alizés presque, sans avoir à affronter de grosses tempêtes, maintenant avec les détours c’est plus risqué


  6. Heureusement pas de drame! mais ça fait un peu peur tout ça! on ne se doute pas de ce que les cargos « endurent » pendant leurs traversées! En tout cas je n’en avais aucune idée!


  7. Laetitia

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    Tu as eu de la chance de l’accueil que tu as reçu pendant ta traversée, j’ai fais 6 semaines sur un cargo de la même compagnie, je n’ai jamais mangé à la table du capitaine, pendant 4 semaines il y avait 2 couples avec qui j’ai partagé la table, les deux dernières semaines j’etais seule passagère et je mangeais à une table seule, je n’ai jamais été invitée au carré des officiers et pas une goutte d’alcool à bord… heureusement l’équipage philippin était un peu plus accueillant. Mais j’ai quand même adoré cette traversée… j’envisage de rentrer d’Asie comme ça, tes postes font envie…


  8. Je découvre ce voyage à bord d’un cargo. Je ne savais pas qu’on pouvait voyager de cette façon. Mais ça a l’air très intéressant quoique la partie « pirates » fait un peu peur.
    Juste une petite remarque par rapport à l’Egypte et ses façades non peintes. Ce n’est pas pour économiser le prix de la peinture, d’après ce qu’on m’a expliqué sur place, mais pour économiser le prix d’une taxe ou impôt obligatoire après achèvement des travaux de construction. Et tant que la façade n’a pas été peinte, les travaux sont considérés comme inachevés.
    En tous cas, je garde votre blog en favoris. Je pense que j’y trouverai de l’inspiration pour de prochains voyages


  9. Guillaume CHAUVIN

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    Étant officier mécanicien dans cette compagnie, je reconnais bien la nôtre Navire sur lequel j’ai servi durant quelques voyages. C’est toujours un plaisir de partager notre quotidien avec d’autres personnes, partager ces moments d’une vie de marin si particulière que finalement peu de personne connaissent. Très beau récit Bravo merci à vous pour ces partages. C’est une joie d’accueillir des passagers à bord.


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