Envie de faire une pause et de prendre soin de soi? Alors direction le nord de l’Aveyron, la petite ville de Cransac. J’y ai passé quelques jours après la tenue du salon des blogueurs de voyage à Millau. Une parenthèse de calme et de repos bienvenue après l’effervescence et la fatigue des rencontres et conférences avec des centaines de blogueurs et de professionnels du tourisme. Cransac, qu’on appelle aussi Cransac-les-Thermes, est une petite ville de 1500 habitants à l’histoire singulière. Située dans un des bassins houillers les plus importants du sud de la France, elle a connu de forts bouleversements au gré de l’industrialisation et de la désindustrialisation de la région. On peut venir y faire une pause salutaire en prenant soin de soi, tout en profitant de la nature et en découvrant son histoire minière.

Cransac: des eaux aux mines, puis au thermalisme…

Maquette de Cransac lors de sa période minière au Musée des Mémoires de Cransac

A priori, on peut se demander quel rapport peut-il y avoir entre thermalisme et exploitation minière… La réponse se trouve au petit musée Les Mémoires de Cransac, situé juste au-dessus de l’office du tourisme. Au XIXème siècle, celle qu’on appelait alors Cransac-les-Eaux était une des villes thermales les plus réputées de France, avec des eaux renommées pour soigner les maladies du foie. Avec l’industrialisation, on découvre que les sous-sols de la ville constituent un des plus riches bassins houillers du sud de la France. Mais l’exploitation des mines et les forages tarissent les sources d’eau, laissant la place à une exploitation purement minière de celle qui devient alors Cransac-les-Mines. Puis, en 1960, avec la désindustrialisation, la mine de Cransac ferme. Le thermalisme renait alors avec l’utilisation des gaz chauds issus de la combustion souterraine naturelle de la montagne. Place à Cransac-les-Thermes. Sans avoir connaissance de cet historique, c’est aujourd’hui impossible de deviner à Cransac l’héritage industriel de cette époque.

Une cure thermale à Cransac

Aujourd’hui, Cransac est une station thermale spécialisée dans le traitement des rhumatismes, mal de dos, arthrose et douleurs articulaires. Les gaz naturels chauds qui s’échappent du sol sont chargés de dérivés soufrés et d’eau qui véhicule alun, fer, manganèse, silicium, cobalt, hélium et argon. Le soin spécialité de Cransac, c’est le Berthollaix, ce drôle de fauteuil blanc dans lequel on prend un bain de vapeur chaude aux effets relaxants et décontractants. Il y a aussi le Vaporarium, sorte de hammam avec les gaz thermaux. Les curistes qui ont une vraie pathologie médicale peuvent suivre une cure thermale de 18 jours, prise en charge par la Sécurité sociale. Mais sinon on peut aussi venir en mode détente pour une mini-cure thermale de quelques jours. Il y a des programmes courts découverte de 1 à 5 jours ou des cures de 6 jours associant aussi un programme de randonnée et de soins relaxants. Renseignements et réservations auprès de la Chaîne Thermale du Soleil.

En plus de l’espace thermal, il y a un espace spa avec des offres de massage et soins de détente comme le lit jouvence par exemple (une sorte de lit auto-massant incroyablement agréable, on plonge dans un nuage de bien-être). On peut ainsi associer soins thermaux et soins spa en fonction des envies et du budget (escapades spa avec différentes formules de 65 à 165 euros en fonction du nombre de soins).

Espace spa à Cransac-les-Thermes

L’hébergement se fait sur-place au Logis des Boisements, une très belle résidence en bois avec studios et appartements. Il n’y a pas d’espace de restauration, mais on peut se faire livrer petits déjeuners et plateaux repas. Les logements sont équipés de cuisine si on veut se faire à manger.

Le Logis des Boisements à Cransac

Nature et patrimoine minier

La nature autour de Cransac, avec un terril, une colline artificielle

Après les soins, on peut faire des balades nature dans la forêt de la Vaysse, en bordure de l’établissement thermal. Il y a plusieurs chemins balisés (demander un topo-guide à l’office du tourisme). Dans le paysage verdoyant, on reconnaît les traces du passé minier de la région avec les terrils notamment, ces collines artificielles construites par l’accumulation de résidus miniers. Aujourd’hui la nature a complètement repris ses droits et la végétation a caché toutes les traces de la période industrielle.

Le musée du patrimoine minier à Decazeville

Pour ceux qui s’intéressent au patrimoine minier, il faut aller dans la ville voisine de Decazeville, fondée au XIXème siècle pour l’exploitation du charbon. Pour les bons marcheurs, c’est possible d’y aller à pied en suivant les sentiers de randonnée, mais sinon mieux vaut une voiture. A Decazeville, on peut visiter le Musée du patrimoine industriel et minier. Sur 600m2 d’exposition, on découvre l’histoire du bassin minier, et la reconstitution de deux galeries de mine. Mieux vaut vérifier jours et horaires d’ouverture sur son site internet avant d’y aller car c’est une petite structure associative. Il y a aussi des événements et des festivals qui y sont régulièrement organisés.

Pas très loin, se trouve le bâtiment, aujourd’hui abandonné, qui abritait les soufflantes, des machines qui permettaient d’alimenter en air chaud les hauts-fourneaux qui fabriquaient de la fonte. L’intérêt, c’est surtout de passer derrière pour voir les œuvres de street-art. J’ai beaucoup aimé le gorille réalisé par le street-artiste parisien Jo Di Bona. Le potentiel du lieu est immense et mériterait une vraie réhabilitation.

Fresque de street-art de Jo Di Bona à Decazeville

Le troisième site incontournable, c’est la découverte et le chevalement de mine. A l’époque, ce fut la plus grande mine à ciel ouvert d’Europe. Aujourd’hui, c’est un superbe lac vert émeraude qui a recouvert les travées circulaires de la mine. On peut encore deviner leur relief sous la végétation avec les lignes horizontales qui étagent la descente vers le lac. Près de 20 millions de tonnes de charbon et autant de remblais, bois et fers de soutènement, en ont été extraits.

Le lac de la Découverte à Decazeville: autrefois une mine à ciel ouvert

Le chevalement, qui mesure 22m de haut, est un authentique vestige de 1902, date de sa construction. Il desservait le puits central en descendant jusqu’à 130, puis 150m de profondeur. Les mineurs y descendaient à raison de 1.000 mineurs toutes les 24 h (deux cages, une descendante et l’autre ascendante de manière simultanée, pouvant porter chacune 40 hommes).

Le chevalement de Decazeville: un authentique vestige de l’époque minière

A consulter pour préparer son voyage:




Voyage en Suisse au bord du lac Léman, de Vevey à Montreux
Voyage nature et design en Suède à travers le Småland

4 commentaires pour “Cure thermale, nature et patrimoine minier dans l’Aveyron”


    • Sarah

      Répondre

      Ah c’est sûr, après la Coupe du Monde, très bonne idée! Moi après la fête au salon des blogueurs ça m’a fait beaucoup de bien!



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  1.  A la découverte de Millau et ses environs, du Roquefort au Larzac

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