Le Danube à vélo était un projet de voyage que j’avais dans ma tête depuis quelques temps… Voilà deux ans que j’ai attrapé le virus du voyage à vélo et j’essaie d’en caler au moins un par an dans mon programme. Après l’Avenue Verte Paris-Londres en 2019, puis les Pays-Bas à vélo en 2020, 2021 m’a offert l’occasion de concrétiser cette aventure sur la partie autrichienne du grand fleuve européen. Comme aux Pays-Bas, je suis partie en duo avec mon amie Adeline du blog voyagesetc.

Nous avons commencé notre voyage à Passau en Allemagne, juste avant la frontière autrichienne. Notre objectif était d’atteindre Vienne, une semaine plus tard, en suivant le cours du Danube le long de la véloroute Eurovélo 6, qui relie l’océan Atlantique à la mer Noire. Un voyage sportif et culturel de 350km à travers l’Autriche, à la découverte de ses villes de charme, ses châteaux et ses abbayes. Pour l’organisation du périple nous avons fait appel à une agence française, Grand Angle, spécialisée dans les circuits de randonnée à pied ou à vélo en Europe. Ils ont géré pour nous la location des vélos, la réservation des hôtels (avec demi-pension) ainsi que le transfert des bagages d’un jour à l’autre, très utile pour pédaler léger!

Voilà l’itinéraire et le programme de ce voyage: le Danube de Passau à Vienne (8 jours/7 nuits à partir de 490 euros par personne). Grand Angle fournit également un roadbook détaillé sur les étapes de vélo, les traces gpx pour le GPS, une assistance technique en cas de problème sur place et des sacoches pour transporter les affaires de la journée (appareils photo, vêtements chaud/pluie, pique-nique…).

Départ du voyage à vélo: Passau en Allemagne

Passau est une jolie ville de Bavière à la confluence du Danube, de l’Inn et de l’Ilz. Pour respecter la thématique slow-travel de notre voyage, nous y sommes arrivées en train depuis Paris (9 heures de trajet avec un changement à Francfort). C’est là que nous avons récupéré nos vélos de location, que nous avons choisi avec assistance électrique pour ménager nos efforts. Le Danube à vélo est dans l’ensemble un trajet assez plat avec peu de dénivelé, mais nous avons à plusieurs reprise monté des collines pour profiter de points de vue ou faire des visites et nous étions bien contentes d’avoir l’aide du moteur électrique.

Si vous avez le temps, montez sur la colline de la forteresse d’Oberhaus. C’est de là que vous aurez la plus belle vue sur Passau et la confluence des eaux foncées du Danube et vertes pour l’Inn. Dans le centre-ville, ne manquez pas la cathédrale Saint-Etienne, qui possède un des orgues les plus grands du monde. Au coucher du soleil, vous pourrez faire de belles photos depuis le pont Schanzlbrücke, qui permet de traverser le Danube.

Première étape le long du Danube: Passau – Schlögen

Juste après la sortie de Passau, nous franchissons la frontière avec l’Autriche. Les premiers coups de pédale le long du Danube sont assez facile. L’itinéraire cyclable est bien balisé et nous n’avons pas besoin de GPS. De toutes manières c’est simple, il suffit de suivre le fleuve! Il faut juste parfois se demander si on traverse ou pas. Rive sud ou rive nord? Le parcours est parfois plus intéressant d’un côté ou de l’autre: il faut donc un peu étudier la question. Les ponts sur le Danube ne sont pas très fréquents, alors la meilleure option c’est souvent d’emprunter un bac pour traverser. Ce sont de petites embarcations assez pittoresques. Si le bateau est en face, il suffit de sonner la cloche pour l’appeler et il arrive aussitôt pour prendre les passagers! Une pause exotique et originale entre deux coups de pédales…

Après 45km, nous atteignons notre première étape: Schlögen, où se situe l’un des plus beaux points de vue sur le Danube. Le temps d’une petite pause à l’hôtel et nous repartons, à pied cette fois-ci, pour monter au panorama. Une petite randonnée avec 200m de dénivelé tout de même. Au sommet, l’orage est menaçant mais la vue sur le méandre du fleuve est somptueuse. Une vraie carte postale qui mérite clairement l’effort de monter à pied jusque-là.

Deuxième étape: Schlögen – Linz

L’orage a été violent cette nuit. Heureusement, nous étions bien à l’abri dans notre chambre d’hôtel. De nombreux cyclistes font le Danube à vélo avec la tente sur le porte-bagage et dorment au camping. C’est vrai que cela procure une certaine liberté, et un moindre coût bien sûr, mais c’est tout de même bien appréciable de dormir au chaud dans un bon lit, surtout quand on fait un voyage sportif. Nous déposons nos valises à la réception avant 9 heures pour que l’agence puisse les récupérer et les transporter à notre prochain hôtel. J’aime beaucoup le confort de cette formule. Pour avoir déjà fait des voyages à vélo avec plus de 15kg sur le porte-bagage, c’est assez physique et contraignant…

Nous pédalons le long des méandres du fleuve, traversons de jolis villages tranquilles et photogéniques. Le midi, nous trouvons facilement des biergarten accueillants pour un déjeuner rapide et bon marché. Notre étape de 60km se déroule sans accro. Peu avant Linz, notre destination du jour, nous nous arrêtons pour visiter l’abbaye de Wilhering, un chef-d’œuvre de l’art rococo.

En fin de journée nous arrivons à Linz, la capitale de la Haute-Autriche, où nous avons prévu de dormir deux nuits pour avoir le temps de découvrir la ville. Cette cité industrielle s’est largement transformée ces dernières années pour devenir une destination à la pointe en matière d’Art contemporain et nouvelles technologies. A lire: mon article avec tous mes conseils et les incontournables pour visiter Linz. Si vous n’y passez qu’une nuit, essayez d’arriver en début d’après-midi pour avoir le temps de profiter un peu de la ville. Ne manquez pas le festival artistique Höhenrausch qui se tient tous les ans sur les toits de Linz de mai à octobre et profitez des rives animées du Danube en fin de journée pour boire un verre.

La Grand Place de Linz, capitale de la Haute-Autriche

Troisième étape du Danube à vélo: Linz – Ardagger

Notre troisième jour de vélo débute par une visite riche en émotions. A une vingtaine de kilomètres de Linz, se trouve le Mémorial de Mauthausen, là où était installé un des plus grands camps de concentration du régime nazi. De 1938 à 1945, environ 200.000 personnes y furent détenues (ou dans l’un des 49 camps annexes qui dépendaient de Mauthausen) et plus de 100.000 y trouvèrent la mort. Une visite qui glace le sang, mais importante pour le devoir de mémoire. Une partie des anciens baraquements est transformé en musée. A l’extérieur du camp, des monuments rendent hommage aux victimes de l’holocauste. A savoir: la visite est gratuite. Infos et jours d’ouverture sur le site internet. Le camp est situé sur une colline au-dessus de la ville de Mauthausen, donc si vous n’avez pas l’assistance électrique sur les vélos, la montée est assez sportive.

En fin de journée, nous quittons les rives du Danube pour faire un petit crochet à travers la campagne autrichienne. Les champs de maïs remplacent les méandres du fleuve. Notre hébergement du soir se trouve dans le village d’Ardagger, perché au sommet d’une colline (merci à l’assistance électrique pour les vélos…). Notre étape d’un peu moins de 70km nous a fait quitter la Haute-Autriche pour entrer en Basse-Autriche.

Quatrième étape: Ardagger – Melk

Nous continuons de pédaler en direction de Vienne. Suivre le Danube est une route assez aisée et la plupart du temps nous pédalons sur des pistes réservées aux vélos. Un vrai bonheur de ne pas avoir à cohabiter avec les voitures! Les bords du fleuve deviennent de plus en plus photogéniques, avec une succession de villages et de châteaux comme celui de Grein (photo ci-dessus).

Notre destination du jour, au terme d’une étape d’une soixantaine de kilomètres, c’est la ville de Melk, avec son abbaye baroque qui est l’une des plus belles d’Autriche. On la voit de loin quand on arrive à vélo, perchée sur son éperon rocheux au-dessus du Danube. Inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco, c’est un incontournable à visiter lors d’une voyage à vélo le long du Danube.

Pour ce qui nous concerne, nous avons joué de malchance à cause des “horaires covid”. Nous étions pourtant arrivées bien assez tôt à Melk, mais persuadées d’avoir du temps devant nous, nous avons d’abord fait une halte à l’hôtel pour prendre une douche et nous reposer un peu. Malheureusement l’abbaye fermait plus tôt mais nous n’avions pas eu l’information… Voyager en période de coronavirus s’avère compliqué à bien des titres. Nous avions pourtant vérifié les horaires plusieurs fois, mais ceux-ci n’étaient pas à jour. Tant pis pour nous. Melk est une belle étape pour passer la nuit en tout cas, avec de bonnes adresses d’hôtels et de restaurants.

Cinquième étape: la vallée de la Wachau de Melk à Krems

Le château de Schönbuhel juste après la sortie de Melk

Notre cinquième étape à vélo est la plus belle du voyage. La ville de Melk marque l’entrée dans la vallée de la Wachau, la région la plus célèbre du Danube, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. Vignobles en terrasses et imposantes forteresses se dévoilent à chaque méandre du fleuve. Si c’était à refaire, nous choisirions de passer une nuit de plus dans la Wachau pour mieux en profiter. Une journée à vélo n’a pas suffit pour avoir le temps de voir les plus beaux sites.

La vallée de la Wachau est l’une des premières régions viticoles d’Autriche. Les deux vins les plus répandus sont le Grüner Veltliner et le Riesling. Lors de votre voyage, faites étape chez un producteur ou dans un magasin de dégustation. Vous en trouverez beaucoup à Melk, Dürnstein ou Krems.

Les plus belles étapes de la journée ont été les villages de Weissenkirchen, au milieu des vignes, dont la jolie église fait souvent les couvertures des brochures touristiques, ainsi que celui de Dürnstein, avec son abbaye à la tour bleue et les ruines de son château qui surplombe le fleuve. Il est connu pour avoir jadis été le lieu d’emprisonnement de Richard 1er d’Angleterre, dit Richard Cœur de Lion.

Il faut absolument monter aux ruines du château pour voir la vue sur le Danube, vraiment somptueuse à cet endroit. La montée est raide sur un chemin avec des escaliers, donc pas possible en vélo. Dürnstein est vraiment un superbe village. Il y a aussi une jolie plage le long du Danube. Nous avons regretté de ne pas avoir le temps de nous y baigner.

Vue sur le Danube depuis les ruines du château de Dürnstein

Sixième (et dernière) étape: Krems – Vienne

Pour être honnête, nous avons visité Krems en coup de vent… Le soir en arrivant, nous étions trop fatiguées après notre journée dans la vallée de la Wachau, et le lendemain matin, nous n’avions pas trop de temps car nous avions 85km à pédaler pour arriver à Vienne. Son centre historique mérite en tout cas le détour. Avant de prendre la route, nous avons tout de même pris le temps de goûter à la spécialité locale, le Marillenknödel, un délicieux beignet fondant à l’abricot. Surnommé “l’or orange de la Wachau”, ce fruit est un incontournable de la région pendant l’été.

Pour la fin du parcours, nous mettons le turbo, au sens propre comme au figuré… Jusqu’à présent sur le voyage, nous avions peu utilisé l’assistance électrique de nos vélos, mise à part pour les montées. Mais sur cette longue étape de 85km (en vrai avec quelques détours nous en avons parcouru 94), nous filons vite sur les berges du Danube, pressées d’arriver dans la capitale autrichienne!

Arrivée à Vienne en vélo le long du Danube

Nous arrivons à Vienne par la rive nord en traversant Donauinsel, une île artificielle d’une vingtaine de kilomètres créée sur le Danube. Il fait chaud, les gens se baignent, profitent d’un bain de soleil… Je suis ébahie de trouver une ambiance aussi détendue et balnéaire en bordure d’une des plus grandes capitales d’Europe. Les Viennois ont de la chance d’habiter une ville avec un aussi bel espace naturel à proximité. Je ne résiste pas à l’envie de plonger dans le Danube avec mon short cycliste! Un bain rapide car la journée s’achève et nous avons hâte de nous poser à l’hôtel. Avec Adeline nous nous promettons de revenir profiter des plages du Danube un peu plus tard car nous avons prévu de rester cinq jours à Vienne. Il faut bien ça pour profiter de la capitale autrichienne. A lire: mon article pour visiter Vienne.

Neuf heures de train et six jours de vélo: c’est ce qu’il nous a fallut pour arriver à Vienne depuis Paris. Bien avant la prise de conscience du coût écologique des voyages en avion, j’étais déjà une adepte des voyages en terrestre (ou maritime). Cela permet de vivre une véritable aventure, de franchir les distances progressivement et de se reconnecter avec la vraie dimension du voyage. Maintenant que c’est un enjeu pour l’avenir de la planète, cela fait une motivation supplémentaire pour prendre l’avion le moins possible.

Voyage à vélo en Autriche: retour d’expérience

L’Autriche est un pays idéal pour un voyage à vélo. Les infrastructures pour les cyclistes sont de très bonne qualité et les automobilistes font très attention aux vélos sur la route. A aucun moment je ne me suis sentie en danger quand nous devions rouler en compagnie des voitures. Les itinéraires sont bien indiqués et nous avons rarement eu besoin du GPS, mise à part pour trouver les adresses des hôtels à l’arrivée. En plus de la véloroute du Danube, le pays compte de nombreux itinéraires de voyage à vélo (vous les trouverez sur le site de l’office du tourisme).

Quel équipement prévoir pour un voyage à vélo

Sur ce voyage, l’agence Grand Angle nous a fournit les sacoches, que ce soit pour le guidon ou pour le porte-bagage, ainsi qu’un kit de réparation d’urgence pour le vélo. Le reste de l’équipement était à notre charge. Le casque à vélo n’est pas obligatoire en Autriche, mais je vous le recommande fortement. Moi qui fait beaucoup de vélo à Paris, j’ai un casque haute protection de la marque Abus, spécialiste en sécurité à vélo et à moto. Il s’agit du Pedelec 2.0, qui offre une forte protection en cas de chute. Normalement c’est plutôt un modèle urbain, mais ils convient très bien aussi pour un voyage à vélo. Pas besoin d’un casque de sport aérodynamique quand on ne cherche pas à faire des pointe de vitesse. Il dispose également d’une housse de pluie intégrée et d’une lumière LED rechargeable à l’arrière du casque.

Pour le guidage, je conseille d’utiliser une application gps sur son smartphone. Pour ma part j’utilise Pocket Earth, avec laquelle j’importe les traces gpx. Il faut juste bien penser à prévoir un support de téléphone pour vélo (étanche c’est mieux en cas de pluie). Par contre, attention, la fonction gps sur le téléphone consomme beaucoup de batterie, donc il faut avoir aussi une batterie externe pour le recharger dans la journée.

Sur ce voyage, j’ai utilisé une montre GPS multisport, une Polar Vantage M2. C’est la première fois que j’utilise ce genre de montre et moi qui ne suis pas très geek, j’avais un peu peur de ne pas réussir à m’en servir. Mais au final je l’ai trouvée assez simple d’utilisation et ergonomique. Pour un voyage sportif itinérant, c’est vraiment intéressant d’avoir un compte-rendu précis après chaque étape: distance, durée, vitesse moyenne, fréquence cardiaque, calories dépensées, dénivelé… Vous avez toutes les informations sur le parcours réalisé, avec la trace gpx exacte que vous pouvez directement partager sur des applications de réseau social sportif type Strava. Je l’utilise aussi pour mes sorties en randonnée ou mes longueurs de piscine et c’est vraiment top. En plus, elle mesure la qualité du sommeil, avec des informations détaillées sur les réveils nocturnes, les phases de sommeil léger, profond ou paradoxal. A lire bientôt: mon article complet sur mon test de cette montre connectée.


A lire avant, pendant ou après le voyage: Je vous conseille la lecture de Sur la route de Danube d’Emmanuel Ruben. L’auteur a remonté le fleuve à vélo avec un ami depuis la mer Noire en Ukraine jusqu’aux sources en forêt Noire en Allemagne. Le livre est un peu académique avec beaucoup d’informations historiques et géographiques, mais il donne un bon aperçu de l’aventure. Vous trouverez d’autres idées de lecture sur le thème dans ma sélection de livres sur le voyage à vélo.

Voyage en Autriche: carnet pratique

Y aller: pour comparer les différentes options entre train, avion ou bus, vous pouvez faire une recherche de billets sur Omio.

Informations touristiques: vous avez plein d’informations sur le site de l’office du tourisme d’Autriche, très utile pour préparer votre voyage. Concernant le guide papier, je vous conseille le Guide Vert Michelin Autriche, plus complet que ses concurrents.

Paiement: prévoyez suffisamment d’espèces avec vous car de nombreux commerces, dont les restaurants, n’acceptent pas les paiements par carte bancaire, surtout hors des grandes villes.

Voyage en période de coronavirus: avec l’épidémie en cours, il faut bien se renseigner avant de partir en voyage et de franchir une frontière. Les règles évoluent vite, donc la meilleure chose à faire c’est de consulter le site de l’ambassade d’Autriche en France ou celui de l’office du tourisme.

Voyage réalisé en partenariat avec l’Office du Tourisme d’Autriche et Grand Angle. Je n’en reste pas moins libre du contenu et des opinions de cet article.

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