Vous avez déjà entendu parler de Kumamoto? C’est une préfecture située au sud du Japon, sur l’île de Kyushu. Je l’ai découverte pendant quelques jours en septembre 2018 et j’ai eu un vrai coup de cœur pour cette région, une des plus belles du Japon pour moi! Les paysages naturels sont fabuleux et les Japonais incroyablement accueillants! Les activités à y faire et les choses à voir sont très nombreuses… Voilà ce que je peux vous recommander.

1/ Partir à la découverte du mont Aso

Vue sur le cratère du Naka-Dake depuis un hélicoptère

Le mont Aso est un des volcans les plus actifs du monde. Il regroupe en fait une quinzaine de cônes volcaniques au sein d’une caldeira de 128km de circonférence, l’une des plus grandes en activité sur la planète. Pour cette raison il est parfois inaccessible à cause des risques d’éruption et des émissions toxiques.

Vue sur le cratère du Naka-Dake depuis un hélicoptère

Le mont Naka-Dake, qui culmine à 1.506m est le plus actif. Il contient un superbe lac acide de couleur verte. On peut y monter en téléphérique (accès possible en bus depuis la gare d’Aso). Pour ma part, j’ai eu la chance de pouvoir le survoler en hélicoptère. C’était sensationnel et j’ai adoré! Par contre, c’est quelque-chose que je déconseille si vous avez un peu le vertige. C’est hyper impressionnant et l’hélicoptère est vraiment tout petit alors on a l’impression de voler dans une coquille de noix qui pourrait tomber d’une seconde à l’autre. Infos pratiques sur le site du parc Cuddly Dominion. 7.500 JPY (env 55€) pour le vol de 7 minutes (7 minutes ça parait court mais j’ai trouvé ça suffisant: on est bien content de pouvoir reposer les pieds sur terre après ça). Par contre, on doit payer en plus l’entrée du parc animalier (2.400 JPY) et les ours dans leurs enclos font vraiment peine à voir. Accès: on peut venir en bus depuis Kumamoto ou Oita, ou sinon en taxi depuis la gare de train d’Aso.

Après le vol en hélicoptère, je suis partie à la découverte de la caldeira en vélo. Super balade au milieu des rizières et des temples avec vue sur les volcans. En plus le guide, Kota, était vraiment trop sympa! Il ne parle pas beaucoup anglais mais on s’est bien marrés. Infos pratiques: Aso Kujyu Cycle Tour.

2/ Visiter Kumamoto et son château

La ville de Kumamoto mérite une visite, notamment pour son château, considéré comme un des trois plus beaux du Japon, avec le château de Himeji et celui de Matsumoto. Malheureusement, il a été fortement endommagé par le séisme de 2016. Les travaux de rénovation sont toujours en cours et je n’ai pas pu y accéder lors de mon voyage, mais il devrait être ré-ouvert d’ici septembre 2019, lorsque Kumamoto accueillera des matches de la Coupe de monde de rugby. Historiquement, il est célèbre pour avoir été le cadre d’un des ultimes épisodes du dernier samouraï, quand ceux-ci tentaient de résister à la modernisation de l’ère Meiji. En 1877, les samouraï y tinrent un siège de 50 jours jusqu’à l’incendie du château et leur défaite.

3/ S’initier aux pratiques des miko

Les miko, ce sont les prêtresses dans les sanctuaires shinto au Japon. Quelques uns offrent la possibilité aux « profanes » de découvrir cet univers et d’endosser l’uniforme des miko pour quelques heures et de s’initier à leurs pratiques. C’est ce que j’ai pu faire au sanctuaire Izumi de Kumamoto, situé dans le parc Suizenji Jojuen (un site par ailleurs à ne pas manquer lorsqu’on visite la ville de Kumamoto). Le shintoïsme, c’est la religion principale du Japon, avec le bouddhisme, sachant que la plupart des Japonais pratiquent à la fois des rites de l’une et l’autre. Le principe du shintoïsme, c’est de vénérer les divinités ou les esprits (les Kami) qui sont présents dans la nature, comme l’eau, le vent, la montagne, et également les ancêtres.

La première étape de l’atelier, c’est de revêtir la tenue: un kimono blanc en haut et un pantalon rouge vif qu’on appelle hakama. Aux pieds, les chaussettes blanches avec séparation entre le gros orteil et les autres s’appellent des tabi. Elles permettent de porter des geta, ces chaussures en bois traditionnelles qui ressemblent un peu aux tongs. Ca n’a pas l’air comme ça, mais rien que l’habillage est déjà une sacrée expérience. Il faut un vrai savoir-faire pour nouer le kimono et une fois là-dedans, on se sent un peu comprimé! Pas le genre de tenue que je pourrais supporter tous les jours…

La deuxième étape, c’est la purification à la fontaine avant d’entrer dans le sanctuaire. C’est d’ailleurs ce que font tous les Japonais qui viennent se recueillir. Sur le bassin d’eau, il faut prendre une louche avec un peu d’eau, en verser sur une main, puis sur l’autre. Après, il faut mettre de l’eau dans sa main pour se rincer la bouche, et cracher l’eau par terre (pas dans le bassin bien sûr!). On termine en remettant de l’eau dans la louche et en inclinant le manche vers soi pour le rincer pour le prochain visiteur.

La troisième étape c’est la bénédiction avec le prêtre dans le sanctuaire. Je n’ai pas tout compris à sa liturgie car forcément tout est en japonais, mais il chante et prononce des psaumes. Ensuite, tous les deux devant l’autel, nous offrons une branche sacrée aux esprits en la tournant dans le sens des aiguilles d’une montre.

Après la cérémonie, je tire au sort un omikuji, un oracle japonais. Ce sont des prédictions écrites sur un petit bout de papier. Si c’est un bon oracle, il faut le garder, mais s’il est mauvais il faut l’attacher à un arbre près du sanctuaire pour conjurer le mauvais sort. Pour ma part, j’ai eu de la chance, mon omikuji était très favorable! Espérons que ces belles prédictions se réalisent ces prochains mois. Infos pratiques pour faire cette activité: Miko expérience.

4/ Découvrir l’artisanat local: Higo Zogan

La découverte de l’artisanat local fait souvent partie des incontournables lors d’un voyage au Japon. Les Japonais en sont très friands et beaucoup d’artisans proposent des ateliers pour faire découvrir leur travail. Si ce genre d’activité « Do it yourself » vous plait, vous allez adorer le Japon, car c’est vraiment quelque-chose de très répandu! Dans beaucoup de magasins ou de musées on peut fabriquer soi-même un objet sous les instructions d’un artisan. A Kumamoto, juste à côté du château, j’ai découvert ainsi la pratique du Higo Zogan, un artisanat traditionnel symbole de la préfecture. C’est un artisanat qui remonte à 400 ans environ au Japon et qui consiste à incruster de l’or et de l’argent sur des plaques en métal. En français, on parle de damasquinage et en fait c’est un artisanat qui est né à Damas en Syrie. L’artisan chez qui j’ai réalisé cet atelier s’appelle Mitsu Suke. C’est lui notamment qui a fourni les stylos de luxe aux chefs d’Etat lors du G7 au Japon en 2016. En l’espace d’une heure seulement j’ai pu faire un pendentif avec le château de Kumamoto pour motif. Pas mal non le résultat?

Pour ceux qui aiment bien les ateliers d’artisanat local, j’en ai fait un autre à Kikuchi, avec Smart Kikuchi, pour fabriquer des jouets en bambou traditionnel.

5/ Manger dans un restaurant ninja

Au Japon, il y a beaucoup de restaurants ou de bars à thèmes rigolos et originaux. Pour une expérience typiquement japonaise, je vous conseille le Ninja Yashiki à Kumamoto. On est servis par des ninja et la cuisine est délicieuse. Il faut surtout essayer les cocktails originaux servis dans des vases immenses ou avec des accessoires rigolos. Une soirée typiquement japonaise!

6/ Se baigner dans les sources chaudes à Kurokawa Onsen

Comme tout l’archipel japonais, l’île de Kysuhu est très volcanique et il y a beaucoup de sources chaudes naturelles où l’on peut se baigner pour profiter de leur richesse en minéraux. Kurokawa Onsen est une des stations thermales les plus réputées du Japon. Il y a des bains de plein air ou des onsen aménagés, la plupart du temps dans les hôtels de la ville. L’idéal, c’est de dormir une nuit sur place et d’acheter un « Onsen-hopping pass » (1.300 JPY soit env 10€), pour accéder aux onsen des 24 établissements partenaires. On peut arriver en bus à Kurokawa Onsen depuis la gare d’Aso si on n’a pas de voiture.

7/ Dormir dans un ryokan

Un ryokan, c’est un hôtel traditionnel japonais où l’on dort sur un futon dans une chambre avec des tatamis et où l’on peut se baigner dans des sources chaudes naturelles. C’est vraiment quelque-chose à faire au moins une fois lors d’un voyage au Japon. Il y a toutes les gammes de confort et de prix, mais je trouve que pour en profiter vraiment, mieux vaut cibler le moyen ou haut de gamme, pour en faire une expérience exceptionnelle. Kurokawa Onsen est d’ailleurs un emplacement idéal pour passer une nuit dans un ryokan et il y a beaucoup d’établissements de bonne qualité. Celui où j’ai eu la chance de passer une nuit, Takefue, est un peu particulier car c’est un ryokan très luxueux, sans hésiter le plus beau que j’ai vu au Japon, et c’est vraiment une expérience hors du commun. Niveau tarif, il faut tout de même compter à partir de 300 à 600 euros pour une nuit avec dîner et petit-déjeuner compris.

Le ryokan est situé dans une forêt de bambous paradisiaque, avec plusieurs bains chauds qu’on peut privatiser pour une heure. Les chambres sont toutes différentes, avec une décoration traditionnelle raffinée. On peut se faire servir son repas dans sa chambre et c’est vraiment de la haute gastronomie japonaise. Je le redis encore une fois: c’est le plus beau ryokan que j’ai vu au Japon et c’est un séjour magique.

8/ Découvrir la cascade de Nabegataki

La cascade de Nabegataki - Que faire, que voir à Kumamoto au Japon La cascade de Nabegataki - Que faire, que voir à Kumamoto au Japon

Pas très loin de Kurokawa Onsen (il faut une voiture pour y aller, il n’y a pas de transports publics), se trouve une des plus belles cascades que j’ai vu au Japon: Nabegataki Falls. La chute n’est pas très haute, une diazine de mètres, mais l’environnement naturel est très beau et on peut marcher derrière la cascade. Prévoir des bonnes chaussures pour y aller car c’est assez glissant!

9 / Apprendre à cuisiner des soba

Les soba ce sont des nouilles japonaises de sarrasin. C’est un plat très populaire au Japon, qu’on mange froid en général, avec une sauce soja et des algues. Le sarrasin est un aliment très bon pour la santé, avec une teneur élevée en protéines végétales complètes. Sans gluten et riche en fibres, c’est très facile à digérer. Les cours de cuisine sont souvent une manière assez ludique et originale pour mieux connaître la gastronomie d’un pays. Près du mont Aso, j’ai pu suivre un cours pour apprendre à cuisiner des soba. La première étape, c’est la confection de la pâte, avec de la farine de sarrasin et de l’eau. Après il faut l’aplatir avec un rouleau, puis découper les soba au hâchoir. Après, cuisson à l’eau bouillante puis on les passe sous l’eau froide et on les fait tremper avec des glaçons pour les refroidir. Infos pratiques: Aso Yasuragi.

10/ Voir un théâtre de kabuki à Yamaga

Un des plus beaux sites culturels que j’ai vu sur l’île de Kyushu, c’est le théâtre de Yachiyoza à Yamaga. Située au nord de la préfecture de Kumamoto, la ville de Yamaga est restée très traditionnelle et mérite vraiment le détour. Son principal intérêt, c’est son théâtre de kabuki. Restauré récemment, il date de 1910, un vrai théâtre traditionnel japonais de l’époque Edo. Il y a de temps en temps des représentations de kabuki, mais sinon on peut quand même le visiter: Yachiyoza theatre.

L’autre spécificité culturelle de Yamaga, ce sont les lanternes de papier. Deux fois par an, en février et en août il y a un gros festival des lanternes. En dehors de ces périodes, on peut visiter le musée des lanternes pour découvrir cette tradition locale. Accès en bus possible à Yamaga depuis Kumamoto.

11/ Randonner dans les gorges de Kikuchi

Les gorges de Kikuchi - Que faire, que voir à Kumamoto au Japon Les gorges de Kikuchi - Que faire, que voir à Kumamoto au Japon

Une autre randonnée nature à découvrir à Kumamoto, ce sont les gorges de Kikuchi. Il faut une voiture pour accéder au site, mais c’est un beau site en pleine nature, renommé au Japon pour avoir parmi les eaux les plus pures et cristallines. Il y a plusieurs chemins de randonnée à parcourir. Une autre manière de découvrir la région de façon nature c’est de faire un tour avec Smart Kikuchi, mais tout le site est en japonais.

12/ Dormir chez l’habitant

Lors d’un voyage au Japon, ça n’est pas toujours évident de vraiment rencontrer des Japonais, surtout dans les zones rurales car peu d’entre eux parlent anglais et ils ont un caractère plutôt timide et réservé. A Kikuchi, j’ai eu l’occasion de dormir une nuit chez deux petites mamies japonaises trop mignonnes qui proposent une partie de leur habitation sur Airbnb. Je ne saurais trop que vous recommander d’aller chez elles, car c’est le vrai logement chez l’habitant et non pas ce qu’est devenu Airbnb dans les grandes villes où finalement on ne rencontre jamais les habitants et où le concept de « vivre comme les locaux » n’est qu’un argument marketing assez creux. L’un des deux soeurs parle un peu anglais, en tout cas cela suffit pour discuter, et elles proposent en plus de cuisiner un dîner typiquement japonais. C’est mieux d’avoir une voiture, mais sinon elles peuvent venir vous chercher à la station de bus de Kikuchi. En tout cas, ce fut une de mes meilleures expériences de logement chez l’habitant au Japon! Voilà le lien pour loger chez elles: maison traditionnelle japonaise. Si c’est la première fois que vous utilisez Airbnb, vous pouvez avoir une réduction de 20 à 30 euros sur votre réservation en utilisant ce lien: réduction Airbnb.

13/ Faire la connaissance de Kumamon

J’aurais pu commencer avec lui, mais finalement c’est plus sympathique de le garder pour la fin. Au Japon, le pays du kawaii (ça veut dire mignon en japonais), il y a des mascottes pour tout: des villes, des régions, des entreprises… Certaines deviennent très populaires, comme Kumamon, la mascotte de Kumamoto, une des plus célèbres au Japon. Partout dans la préfecture on voit des représentations de ce nounours rigolard. Bien sûr, c’est un vrai business, avec beaucoup de produits dérivés à son effigie. C’est un très bon ambassadeur marketing de la région en tout cas et on succombe vite à son charme…

Kumamoto ville sportive

A noter pour les amateurs d’événements sportifs, la ville de Kumamoto va accueillir de grandes compétitions en 2019, notamment des matches de la Coupe du Monde de rugby. L’équipe de France y jouera contre les Tonga le 6 octobre. Puis le 13 octobre, le stade de Kumamoto accueillera le match Pays-de-Galles contre l’Uruguay. Ensuite, du 30 novembre au 15 décembre 2019, la préfecture de Kumamoto accueillera le Championnat du Monde de handball féminin. Les françaises sont championnes du monde en titre! Autant d’événements sportifs qui seront une bonne occasion d’en profiter pour découvrir les environs.

Le stade de Kumamoto avec vue sur le mont Aso depuis les tribunes

Carnet pratique pour un voyage à Kumamoto

Où dormir: en dehors des hébergements chez l’habitant ou en ryokan dont j’ai parlé dans cet article, je peux vous recommander le Kumamoto Hotel Castle. Idéalement situé juste en face du château et à côté des quartiers commerçants et des restaurants de Kumamoto, c’est un hôtel très confort pour un prix abordable (env 70€ la chambre double).

Où manger: à Kumamoto, il faut tester les ramen de Kumamoto, réputées au Japon pour leurs nouilles épaisses avec de la viande de porc. Juste à l’entrée du Suizenji Jojuen Park, vous trouverez Ajisen Ramen, qui sert parmi les meilleurs ramen de Kumamoto!

Comment se déplacer: Kumamoto est une préfecture assez rurale et il est plus facile pour se déplacer de louer une voiture. Sinon, j’ai la plupart du temps indiqué les options en train ou en bus pour rallier les points d’intérêts.

Ce voyage a été réalisé en partenariat avec la préfecture de Kumamoto et l’agence Iglooo. Tous les avis et impressions restent les miens.




 

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