Pour glaner des invits au Festival de Cannes, le plus dur quand même, c’est le premier film du soir. Souvent là où y a les acteurs les plus prestigieux, la montée des marches en direct sur Canal Plus… Bref, faut savoir jouer des coudes et faire preuve d’un peu plus de malignité que tout le monde… A l’affiche à 18h30, ce soir, le 21 mai, « A l’origine », de Xavier Giannoli, avec François Cluzet, Emmanuelle Devos, et notre Gérard Depardieu national… Et là, ça s’annonce rude. J’arrive pas spécialement en avance. 17h45. Sachant que l’équipe du film monte les marches à 18h15, et qu’après, normalement, on ne peut plus rentrer dans la salle Lumière vu que le film commence dès qu’ils sont rentrés. Et oui, on n’est pas à l’UGC du coin. Quand le film a commencé, dur dur de rentrer. Et y a pas de pubs
avant, alors la séance de 18h30, elle commence pile-poil à 18h30, et il faut être rentré -du moins quand on ne s’appelle ni Gérard Depardieu, ni François Cluzet, ni Emmanuelle Devos- avant 18h15…

Et là encore, pas moyen de trouver un fichu carton bleu. « Vous auriez pas une invitation en plus ? » « Vous auriez pas une invitation en plus ? » Tout le tralala et les sourires habituels, mais y a beaucoup trop de monde qui cherche une place. Et les rares fois où de généreux donateurs d’invit se présentent, je suis jamais au bon endroit au bon moment…

L’équipe du film arrive, et c’est le grand bazar qui commence… D’où je suis, je vois pas grand-chose. En gros, à Cannes, il faut choisir. Soit on regarde la montée des marches (et on arrive deux heures avant pour être bien placé et on bouge plus, entassé parmi tout le monde), soit on tente le coup pour les monter… Et moi, et bien je préfère la deuxième solution. Mais là, ça sent le roussi. En plus, Emily et Nat se sont débrouillées pour choper un carton in-extremis, et du coup, je me retrouve toute seule dehors comme une conne…
La montée des marches se termine. La foule s’éclaircit un peu. Mais je reste là quand même. Avec mon expérience émérite de chasseuse de billets gratuits, je sais qu’il y a toujours une solution de dernière minute qui se présente. Faut rester motivée jusqu’au bout. Et là, je vois un p’tit jeune en smocking planté derrière une des barrières de l’entrée, CARTON BLEU à la main… « J’ai un billet, mais ils me laissent pas rentrer », se lamente-t-il… Et oui, faut pas être en retard. Après la montée des marches de l’équipe du film, on peut plus passer, billet ou pas… Mais faut dire qu’il insiste pas beaucoup le p’tit jeune. Faut qu’il essaye aux autres entrées… Qu’il se démène un peu… Fasse un peu de charme aux vigiles… Bon ça d’accord, c’est plus facile quand on est une nana… Et moi j’enrage de voir ce pauvre carton bleu qui sera perdu s’il ne fait pas plus d’effort que ça pour essayer de rentrer. Et comme bien sûr, il ne veut pas me le donner, alors je lui propose un échange. Une invitation pour le film du lendemain, que j’ai dégotée par hasard tout à l’heure, contre celle pour le film de tout de suite, où je suis sûre de réussir à rentrer quand même.

Marché conclu, j’ai le carton bleu magique. Mais à l’entrée des marches, les vigiles restent intraitables. « Trop tard mademoiselle pour rentrer ». Reste plus qu’à tenter le coup par la
sortie. Les portes sont juste à côté. Première porte: « Ah non c’est pas possible mademoiselle, vous pouvez pas rentrer par là ». Deuxième porte: « Ben… c’est-à-dire, moi j’veux bien vous laisser passer, mais là-haut, après les escaliers, ils vous laisseront pas passer mes collègues… » Taratata…. « Vous en faites pas, j’en fait mon affaire… » Et un
premier obstacle de franchi. Maintenant je suis dans le Palais, reste plus qu’à réussir à rentrer dans la salle Lumière. En haut des escaliers, je passe sans encombre l’accès qui mène à la salle: y a personne qui surveille… Et là, je suis juste devant l’entrée du théâtre Lumière. Première porte: « Ah désolé mademoiselle, le film vient juste de commencer, vous pouvez plus rentrer…. » Rrrrrr…. Deuxième porte: « Ben… je sais pas trop, faut que j’vois avec mon responsable si on peut vous laisser rentrer… » Lueur d’espoir. Et là, le responsable arrive. « Oh, mais bien sûr mademoiselle, on va bien vous trouver une petite place sur le côté… » Youpi!!!!! Hourrah!!!!! Bingo!!!!! Et me voilà bien installée, dans l’orchestre en plus, avec tout juste cinq minutes de film ratées. Comme quoi, faut toujours persévérer… Pour les places pour Cannes comme dans la vie d’ailleurs. Le monde appartient aux audacieux…

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2 commentaires pour “Festival de Cannes: si on peut pas rentrer par les marches, on rentre par la sortie”

  1. Marco

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    il devait pas avoir fait l’ipj le petit gars. Corso l’a toujours dit : l’ipj c’est la démerde !Moi ça me rappelle plusieurs bons événements de sports où j’avais réussi à m’incruster à force de persévérer, de passer sou sun grillage ou par une poret dérobée… Bien joué, super festivalière !


    • Sarah

      Répondre

      ah les bons vieux souvenirs de la rue saint-georges… il avait bien raison notre cher Corso. et en plus, c’est vachement meilleur de réussir à s’incruster comme ça que d’être tout bêtement accrédité


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