Ciel, aurais-je vendu mon âme au diable pour avoir le droit de gravir le mythique tapis rouge ?? Mais non, je vous rassure, je n’en suis pas rendue à ce genre d’extrémités… « Jusqu’en enfer », ou « Drag me to hell », c’est le premier film que j’ai vu à Cannes au Palais du festival. Et c’était un truc de dingue…

Première soirée à Cannes, le 20 mai 2009. Tout juste débarquée du train avec ma grosse valise, le temps de prendre une douche, et hop, transformation: robe de soirée, maquillage, talons hauts. Direction le Palais, arrivée au bas des marches vers 22h30. Faut dire que je suis pas toute seule. Y a ma grande copine Emily, avec qui j’ai traversé le Vietnam et fait la fiesta sur les plages de Thaïlande. Nathalie, avec qui je partage ma chambre d’hôtel… Laurent, Isabelle, et tous les autres… Que des chasseurs d’invitation. Et oui, à Cannes, c’est un peu le sport national, la chasse aux invitations. Dès l’abord du Palais, on est assailli par des dizaines de « sans-billets ». « Vous auriez pas une invitation en plus ? » « Vous auriez pas une invitation en plus ? » « Vous auriez pas une invitation en plus ? »… « Ben non, désolée, j’en cherche une… » Et c’est sans compter tous ceux qui se trimballent avec
des pancartes en tout genre… Car le Festival de Cannes c’est aussi le championnat du monde de la pancarte. Du basique « Cherche une invitation SVP » à l’original « Mon chien est mort, ma maison a brûlé, j’ai la grippe porcine, aidez-moi, donnez-moi une invitation SVP », en passant par « Une invitation pour manger et rester propre, merci pour le geste »… Du coup, je décide de ne pas prendre de pancarte cette fois-ci. Trop de pancartes tue la pancarte… Mon sourire suffira…

Mais comment trouver une invitation alors qu’on est des dizaines à en chercher… D’habitude, j’ai pas autant de concurrence. Je me sens un peu perdue au milieu de toute cette agitation. « Vous auriez pas une invitation en plus ? » « Vous auriez pas une invitation en plus ? » J’aborde robes de soirées et smockings-noeuds-papillons qui se pressent aux abords du Palais, mais avec peu de succès. Surtout, il faut réussir à trouver un billet de la bonne couleur. Les invitations marrons, c’est pour ceux qui ont un badge d’accréditation. Pour le reste du monde, il faut une invitation bleue… Mais pas moyen d’en dégoter une, je fais chou blanc à chaque fois. Emily et Nat, par contre, elles ont déjà trouvé leur place. Faut dire que ce sont des habituées du Festival, et la chasse aux invit en bas des marches elles le font tous les ans, des vraies pro. Et c’est Emily d’ailleurs qui va me sauver la mise. Elle en a trouvé une deuxième. Elle est vraiment trop forte. Suis un peu vexée de ne pas avoir réussi à en trouver une toute seule, mais tant pis. Et let’s go pour la montée des marches!!
Parce qu’à Cannes, y a pas que les stars qui foulent le tapis rouge. Tous les invités aux projections dans la grande salle Lumière y ont droit. Alors carton bleu à la main on se dirige toutes fières vers les barrières de l’entrée. Caméras, photographes, projecteurs, musique, gardes de sécurité… Un vrai show la montée des marches… Même si bien sûr les flashs ne crépitent pas sur notre passage, c’est quand même un grand moment! Bien cambrées sur nos talons hauts, on monte les escaliers les plus célèbres du monde avec prestance… Ah l’impression d’être une star d’Hollywood l’espace d’un instant… Magique!! Enorme!!
Puis entrée dans le Grand Théâtre Lumière. Avec nos trois beaux sourires on réussit à s’installer dans « l’orchestre » (en rez-de-chaussée, là ou y a tous les people et l’équipe du film), alors qu’on a des billets « balcon » (à l’étage). Elle est trop belle cette salle. Et immense en plus. Doit y avoir plus de 1.000 places. 1.500 peut-être ? Avec un écran de malade genre 200m de long. Bien installées dans nos fauteuils hyper confort on regarde la montée des marches de l’équipe du film, « Jusqu’en enfer », retransmise sur l’écran. Pas d’acteurs célèbres, mais le réalisateur est Sam Raimi, connu pour la saga des Evil Dead et des Spider-Man. Et ils font leur entrée dans la salle, sous les applaudissements et vivas de tout le public. Whouhou!!!! Car c’est ça qui est génial à Cannes. Y a une ambiance de malade. C’est pas comme de voir un film à l’UGC-Ciné-Cité où chacun reste bien silencieux assis dans son fauteuil. On se croirait au théâtre, ou à un concert. Et avec « Jusqu’en
enfer », question ambiance, ça a été du tonnerre. Une jeune et jolie banquière blonde se fait jeter un mauvais sort par une méchante vieille gitane à qui elle a refusé un prêt. Mais comment va-t-elle s’en sortir ??? Un vrai bon film d’horreur hyper gore avec des scènes bien dégueu où tout le monde hurle, pousse des cris, applaudit, rigole… Jusqu’au dénouement final qui cloue tout le monde sur son siège. Ouahhhhh…. Pour mon premier film à Cannes j’ai fait fort. Avant de faire ensuite la fête jusqu’au bout de la nuit…

2 commentaires pour “Jusqu’en enfer pour ma première montée des marches au Festival de Cannes”


  1. C’est marrant comme le ressenti de ce genre d’événements diffère d’une personne à l’autre. Pour moi, c’est surtout un mauvais souvenir. Enfin, pas mauvais, mais pas pas une expérience géniale. Un festival où il faut enchaîner les queues, avoir une invitation en plus de son pass, et où même quand on a tout ce qu’il faut on n’est pas sûr de rentrer… Je n’ai pas eu à chasser les invitations, peut-être que c’est ça qui donne de la saveur… Du coup les marches, bah, grosse déception !
    Et puis ne pas pouvoir voir plus de trois films par jour, c’était quand même un comble, alors que partout ailleurs on enchaîne toute la journée sans difficulté. Au festival de La Rochelle par exemple, on peut se débrouiller pour voir une quarantaine de films sur la semaine, on rencontre des gens hyper accessibles… Il n’y a pas de strass, certes, mais du coup c’est beaucoup plus agréable. Je me suis, par exemple, retrouvée à faire la queue aux toilettes avec Juliette Binoche (et l’unique wc était bouché, claaaasse). C’est tout con, mais ça donne une dimension différente, loin des escabeaux cadenassés en bas des marches !


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