La préfecture de Wakayama est à l’écart des grands circuits touristiques du Japon. Pourtant c’est une région qui mérite le détour. Très facile d’accès grâce à sa proximité avec l’aéroport international du Kansaï, ses deux sites les plus connus sont l’ensemble monastique de Koya-san et la cascade de Nachi, reliés tous deux par le célèbre chemin de pèlerinage du Kumano Kodo. Si vous avez un peu de temps, je vous encourage à découvrir également la capitale de la préfecture, la ville de Wakayama, ainsi que la côte rocheuse de Kushimoto et les onsen de Hongu. Pour ma part, j’ai passé un peu plus de deux semaines à voyager dans cette préfecture, en solo et en utilisant les transports en commun. Si vous pouvez louer une voiture, vous pourrez vous déplacer plus facilement et découvrir davantage d’endroits, mais sinon ça reste quand même faisable.

La ville de Wakayama

Le château de la ville de Wakayama

Je n’aborderai pas ici en détail la ville de Wakayama, car j’y ai consacré un article entier: Découvrir la ville de Wakayama, un secret méconnu au Japon. Cette discrète capitale provinciale possède le charme d’une ville moyenne japonaise quasiment vide de touristes occidentaux. Si vous rêvez d’une incursion facile dans un Japon authentique, alors n’hésitez pas à aller y passer deux ou trois jours. C’est également là que j’ai vu les plus belles plages de la préfecture (le long de la baie de Wakaura) et séjourné dans un superbe ryokan en bord de mer (le ryokan Kaigetsu à Kada).

Les temples de Koya-san

La pagode Dai-to, un des édifices les plus importants de Koya-san

L’ensemble monastique de Koya-san, perché au sommet d’une montagne est un des plus grands centres bouddhiques du Japon. On y dénombre plus de 110 temples, entourés par une épaisse forêt. Passez-y au moins une ou deux nuits pour avoir le temps de bien visiter. Avec l’altitude, les températures sont plus fraîches qu’ailleurs.

Koya-san est divisé en deux espaces: à l’ouest se situe l’enceinte sacrée du Garan, avec les temples et pagodes, et à l’est le mémorial Oku-no-in, entouré par un immense cimetière bouddhique. A faire: levez-vous tôt pour assisiter au chant des moines entre 6h et 7h du matin au Toro-do, le bâtiment principal du sanctuaire Oku-no-in. Très belle expérience de méditation contemplative et l’ambiance du cimetière au lever du jour est magique.

Où dormir à Koya-san: Koya-san est très populaire pour passer une nuit dans un temple. Vous pouvez vous renseigner auprès de l’Association des Shukubo de Koya-san ou sinon réserver directement sur internet. Pour ma part, j’étais un peu juste niveau budget, alors j’ai passé deux nuits à la Guest House Kokuu qui propose des lits en dortoir capsule, idéal pour les voyageurs en solo.

Shirahama Onsen

Pour être honnête, j’ai été très déçue par Shirahama. L’étape est pourtant recommandée dans les guides de voyages et si vous demandez conseil à des Japonais, beaucoup vous diront qu’ils adorent et vous inciteront à y aller. C’est la station balnéaire la plus populaire du Kansai. En fait, souvent j’ai remarqué que les goûts des voyageurs français et des locaux peuvent être très différents. Les Japonais ne sont pas forcément rebutés par l’urbanisation des sites naturels, alors que nous y sommes beaucoup plus sensibles. C’est le cas à Shirahama en tout cas: l’endroit a une jolie côte rocheuse et une longue plage de sable blanc, mais c’est complètement gâché par des constructions hideuses qui ne respectent pas du tout la beauté des paysages naturels.

Si vous voyagez en voiture, vous pouvez y faire une étape pour juger par vous-même, mais sinon en train, mieux vaut poursuivre plus au sud jusqu’à Kushimoto où la côte est bien mieux préservée. J’ai tout de même bien aimé les onsen à Shirahama. En bordure de mer, vous avez des bassins gratuits pour faire des bains de pieds ou sinon le Sakino-yu Onsen pour se baigner dans l’eau chaude volcanique face aux vagues est très bien. Pour dormir, je vous recommande la Sandanya Guesthouse où j’ai passé une nuit: bon accueil et très bon rapport qualité-prix.

La côte rocheuse de Kushimoto

J’ai eu un vrai coup de coeur pour Kushimoto. C’est tout au sud de la préfecture de Wakayama. A vrai dire, c’est plus simple de voyager en voiture pour en profiter, mais en louant un vélo et en utilisant les transports en commun, j’ai quand même réussi à me déplacer. La côte rocheuse est sublime et on se retrouve souvent seul au monde pour en profiter.

J’ai dormi deux nuits à la Misaki Lodge Nishida, dans une superbe chambre japonaise traditionnelle avec vue sur mer. Très relaxant comme séjour, mais c’est un peu isolé si on n’a pas de moyen de transport. prévoyez d’y prendre vos diners car il n’y a rien d’autre aux alentours.

Les sanctuaires de Shingu

La ville de Shingu, sur la côte Est de la préfecture de Wakayama, est un carrefour pratique pour visiter les environs comme la cascade de Nachi, les onsen de Hongu et les chemins de pélerinage du Kumano Kodo. J’y ai passé quelques jours en faisant du couchsurfing (logement gratuit chez l’habitant) chez un couple de Japonais. C’est un mode d’hébergement que je recommande d’essayer, surtout dans un pays comme le Japon où ce n’est pas facile de rencontrer des locaux qui parlent anglais, surtout dans les endroits non touristiques. Le gros avantage de couchsurfing, c’est qu’on entre directement en contact avec des personnes qui ont envie de rencontrer des étrangers et avec qui on peut échanger dans une langue commune.

A Shingu même, deux temples méritent une visite. Tout d’abord le sanctuaire Kumano Hayatama Taisha, qui marque la fin du Kumano Kodo, un des chemins de pèlerinage les plus connus du Japon. Inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, c’est un réseau de routes à travers la péninsule montagneuse du Kii, qui relie notamment Koya-san à Hongu, Nachi et Shingu. Les trois principaux sanctuaires sacrés du Kumano Kodo sont le Kumano Hongu Taisha, le Kumano Nachi Taisha et le Kumano Hayatama Taisha. C’est un pèlerinage qui mêle à la fois le bouddhisme, le shintoïsme et le culte de la nature.

Après le Kumano Hayatama Taisha, montez voir le sanctuaire Kamikura-jinja, perché sur les hauteurs de Shingu et blotti contre un énorme rocher. Les escaliers qui y mènent sont un peu escarpés, mais la balade mérite l’effort!

Le sanctuaire Kamikura-jinja sur les hauteurs de Shingu

La cascade et le sanctuaire de Nachi

Nachi est un des plus beaux sites de la préfecture de Wakayama, à la fois une splendeur de la nature et un lieu sacré avec tout un complexe de temples et de de sanctuaires. Avec 133m de haut, la cascade de Nachi est une des plus hautes du Japon. C’est en hommage aux esprits de cette chute d’eau qu’on été érigés les lieux religieux.

Pour accéder aux temples et à la vue sur la cascade, empruntez le chemin du Daimon-zaka qui monte à travers la forêt. C’est une portion du pèlerinage du Kumano-kodo. Ensuite, vous pouvez descendre à pied jusqu’en bas des chutes.

Torii et onsen à Hongu

Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, Hongu est à la convergence des chemins de pèlerinage du Kumano Kodo. Son sanctuaire, le Kumano Hongu Taisha est le plus important des trois sanctuaires du Kumano Kodo. Pourtant, esthétiquement il est beaucoup moins impressionnant que les deux autres, à Shingu et à Nachi. C’est un bâtiment plutôt austère, en bois brut avec des toits de chaume, isolé dans une forêt de cèdres.

Au milieu des rizières de Hongu, c’est là qu’on trouve le plus grand torii du Japon, avec 39,9m de haut. En acier peint en noir, il est très impressionnant. Un torii marque la séparation entre une enceinte sacré d’un environnement profane à l’entrée d’un sanctuaire shintoïste. Quand on passe dessous, il faut veiller à le retraverser dans l’autre sens afin de revenir dans le monde matériel.

Hongu est aussi très populaire pour les onsen situés aux alentours. Blotti contre une petite rivière, le village de Yunomine est très authentique. On peut se baigner dans les sources chaudes, loger dans un ryokan ou un minshuku, mais aussi simplement venir se promener et en profiter pour faire cuire ses œufs dans un des bassins du village. Note: contrairement à tous les autres sites de la préfecture de Wakayama où j’ai utilisé les transports en commun, j’ai découvert Hongu en voiture avec mon hôte de couchsurfing. Je ne sais donc pas si c’est facile à faire en solo sans moyen de transport.

Préfecture de Wakayama: carnet pratique

Comment se déplacer: pour ce voyage à travers la préfecture de Wakayama, j’ai fait tous mes déplacements en train et en bus locaux, à l’exception de quelques trajets à Shingu et Hongu que j’ai fait en voiture avec mon hôte japonaise. J’ai également plusieurs fois loué un vélo, notamment dans la ville de Wakayama et à Kushimoto. Si vous avez le budget, je vous conseille de louer une voiture, vous aurez plus de liberté et de temps pour découvrir la région.

Où dormir: j’ai donné précédemment toutes les adresses où j’ai séjourné dans la préfecture. D’une manière générale, je fais toujours mes recherches d’hébergement sur Booking car je trouve que le site est bien fait. Pour les choix d’hôtels, je vous recommande plutôt de choisir des petites guesthouses. Evitez les business hôtels qui sont davantage conçus pour des séjours d’affaire et sont assez déprimants et impersonnels (ils sont faciles à reconnaître: sur les photos ce sont des affreux buildings modernes).

Je vous encourage également à tenter l’expérience du logement chez l’habitant avec couchsurfing, mais mieux vaut avoir déjà un bon profil sur le site avec plusieurs recommandations. Les Japonais sont un peu méfiants vis à vis des étrangers et ils préfèrent les couchsurfeurs qui ont un profil rassurant.

Informations touristiques: vous pouvez consulter le site de l’office du tourisme de la préfecture de Wakayama.

Après la préfecture de Wakayama, si vous voulez encore rester hors des sentiers battus et voyager dans des lieux peu fréquentés par les touristes, vous pouvez continuer votre route dans la région voisine: la préfecture de Mie.

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