Une bonne douche pour se remettre de notre éprouvant trajet en auto-stop… et nous voilà en route pour la grand-place d’Arras où se tient le Main Square Festival. A l’affiche ce soir: les Ting Tings, et surtout, Coldplay, avec le talentissimme Chris Martin. Ca fait déjà quatre fois que je les vois en live depuis septembre dernier (dont deux fois gratos), et c’est toujours le même bonheur, la même exaltation, le même enthousiasme. La dernière, c’était à Londres, en février, sur la scène du Shepherd’s Bush (salle de 2.000 personnes, l’équivalent de l’Olympia!!), avec Bono himself en guest star!!

Bon cette fois-ci, ce sera un peu moins intime: 20.000 spectateurs sont attendus à Arras. Plus nous deux… On se dirige un peu au pif dans les ruelles, et là, juste avant la place, on débouche sur une palissade grise, surveillée par un grand black. Pas grand-monde aux alentours. Et un passage sur le côté, entre le mur des immeubles et la palissade. « Euh bonjour… Y a pas un moyen de rentrer gratos s’il vous plait », je lui demande. « Ah non, ça c’est pas possible. » Je lui montre pourtant ma belle pancarte qui m’accompagne depuis le début dans mes chasses au billet gratuit, le « Cherche une place gratos en échange d’un sourire »… « Mais on est venu en stop depuis Paris, et on n’a pas de billets… » Mais pas moyen non plus. « Non, non, le passage ici c’est pour les commerçants qui bossent pendant le festival », nous explique-t-il. « Ah, mais nous on est journalistes, ça marche pour les
journalistes ? » demande Emily sans l’ombre d’un doute. « Ah, pour les journalistes c’est bon, c’est la liberté de la presse », nous répond-il. Alors là, elle est bien bonne celle-là. Que vient faire la liberté de la presse dans cette histoire?… Et il nous laisse nous faufiler illico derrière la palissade, et nous voici sur la grand-place. 5 minutes chrono en tout…


Presque trop facile, mais on savoure notre plaisir d’être dans l’enceinte magique!!
Il est 20h et la bande de Chris Martin est annoncée pour 22h. Ce sont les Ting Tings qui occupent la scène pour l’instant, mais c’est plutôt mou du genou. Y a bien une ou deux chansons qui bougent un peu genre « That’s not my name » ou « Shut up and let me go », mais autant les écouter à la radio, ça rend mieux… En tout cas, il fait super beau, la place est magnifique, les gens de bonne humeur, des baraques à frites un peu partout… Alors on se rapproche tranquilou de la scène pour profiter du meilleur point de vue possible.


Et voilà les première notes du « Beau Danube Bleu »… La célèbre valse de Strauss est toujours le morceau qui précède le début des concerts de Coldplay, et je me mets à trépigner comme une gosse. Yaouhhh!! Ca commence!! La bande de Chris Martin entre sur scène flambeaux à la main et c’est le coup d’envoi en douceur sur « Life in Technicolor »… Avant d’enchaîner sur le magistral « Clocks » avec les lasers rouges qui illuminent la
grand-place d’Arras. Whouahhh!! Place à deux heures de grand show, malgré les premières gouttes de pluie qui font leur apparition. Séquence émotion lorsque Chris reprend au piano quelques mesures de « Billie Jean »… Avec toujours une énergie et une présence sur scène incroyable, Martin court dans tous les sens, fait semblant de tomber, arrangue la foule de ses grands gestes de pantin désarticulé. Mais l’averse s’est transformée en un véritable déluge, et on admire tout ça sous des trombes d’eau. Jusqu’au moment où, dans un français plein du charme de son accent anglais, Chris Martin déclare «Je suis désolé parce qu’il pleut »… Et là, miracle, le « Messie » a parlé, et la pluie s’arrête quasi-instantanément… Le spectacle peut continuer de plus belle. De gros ballons jaunes font la joie du public sur « Yellow », et sur « Lovers in Japan », ce sont des milliers de papillons multicolores qui sont projetés sur la foule. Sans oublier bien sûr « Viva la Vida », avec les 20.000 spectateurs qui reprennent en choeur « Ohohohohohohoh… ohohohohohohoh… ». Les dernières notes de « Life in Technicolor 2 » viennent clôturer le show.

Mais alors que la grand-place se vide lentement de ses derniers festivaliers, avec Emily on mijote encore un coup. Parce que notre projet de suivre Coldplay en stop, jusqu’à Werchter, près de Bruxelles, demain soir (le 3 juillet), et à Roskilde, près de Copenhague, le 5 juillet, c’est sympa, mais un peu chaud à mettre en pratique tout de même. Enfin, pour Arras-Werchter (180km) en une journée, ça ne devrait pas trop poser de problème, mais pour Werchter-Roskilde (1.100km), en deux jours, là, c’est une autre histoire. On se souvient tout de même qu’on a mis aujourd’hui cinq heures pour rallier Paris à Arras, soit 180 km. Alors l’idéal, ça serait quand même de réussir à s’incruster dans la caravane de Coldplay… Ils ont forcément trois ou quatre camions pour trimballer tout leur matériel…


En tout cas, ça vaut le coup d’essayer, et à notre manière habituelle, on se dirige l’air
sûres de nous vers le derrière de la scène. Plus grand monde pour surveiller et on se faufile sans problème pour approcher les gros bras de l’équipe en train de charger les camions.
« Hi »… le tout est d’entamer la conversation, et de trouver qui sont les chauffeurs… Et ils sont plutôt cool, et contents de se taper la discut avec deux nanas, même s’ils doivent
garder le rythme. Surtout qu’il ont un taff de malade. Alors que Chris Martin et ses trois acolytes sont déjà dans leur avion, en route pour l’Angleterre (et oui, ils rentrent dormir chez eux, et demain, ils vont en Belgique, enfin c’est ce qu’ils nous racontent…), eux, ils doivent tout recharger (jusqu’à 2h du mat), faire la route jusqu’à Werchter (arrivée vers les 5h), dormir (???), et dès le matin, décharger tout le bordel, faire les essais sons et lumières, mettre en place la scène… Pfff, dur le rythme des tournées. Par contre, pour ce qui est de se taper l’incrust dans le convoi, c’est pas gagné. Y en a bien un ou deux qui nous disent « Yeah, come on, you can come with us, no problem… ». Mais on ne sait pas trop s’ils rigolent ou pas. D’autant plus que celui qui a l’air d’être un peu plus « patron » que les autres, Mat, nous répond lui que c’est pas possible, que tous leurs camions sont complets, et qu’il n’y a plus de place… Et ça nous semble très hasardeux de faire l’aller-retour au camping, à une demi-heure d’ici, démonter la tente, récupérer nos sacs… Si on se re-pointe ici avec tout notre barda et qu’ils ne nous prennent pas, on est quitte pour devoir retourner au camping et remonter la tente, ou bien dormir à la belle étoile… Tout ça c’est un peu moyen… Mais au moins on a droit au lot de consolation: deux magnifiques tee-shirts bleu pétrole « Coldplay local crew ». Alors ça c’est la classe quand même… Pas mécontentes de notre butin, on les enfile fièrement et prenons congé de nos « nouveaux amis »… « See you in Werchter tomorrow »….

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2 commentaires pour “L’incroyable magie de Coldplay au Main Square Festival d’Arras”



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