Avec l’été, voici venu le temps des festivals de musique. Et qu’est-ce que je vois ?
Coldplay, mon groupe favori, sera au Main Square festival d’Arras (France, près de Lille) le 2 juillet, à Rock-Werchter (Belgique, près de Bruxelles) le 3 juillet et à Roskilde (Danemark, près de Copenhague) le 5 juillet. Trop génial!! Et là, me vient l’idée du « Euro Coldplay Tour »: enchaîner Arras, Werchter et Roskilde, sans aucun billet au départ bien sûr, et le tout en stop, histoire de pousser jusqu’au bout le concept du « billet gratuit ». Par goût de l’aventure et des rencontres aussi, et pour ça, le stop, c’est génial! Et en plus, ma copine Emily est partante pour ce projet un peu (trop…?) farfelu… Cool: faire du stop à deux, c’est quand même plus « safe ».

RDV donc le 2 juillet, 11h du matin porte de la Chapelle à Paris. Notre degré de préparation pour ce coup-là est, je dois l’avouer, proche de zéro. On a acheté une carte d’Europe, mais elle va de l’Espagne jusqu’à la Suède, alors le niveau de précision est plutôt moyen pour les itinéraires routiers. Et pour aller à Arras, on a regardé le trajet vite fait sur Mappy, juste pour voir qu’en gros, il fallait prendre l’A1 direction Lille, et qu’on pouvait la récupérer porte de la Chapelle.


Préparation de notre petite pancarte « Arras », et hop, on se positionne toutes les
deux sur le trottoir, pouce bien levé et sourire jusqu’aux oreilles. 11H15…, 11h30…, 11h45…, 12h00… Pfff… Ca fait une heure qu’on est là, en plein cagnard, et aucune voiture pour daigner s’arrêter. Vraiment pas sympas les parigots… Pourtant on n’a pas l’air si menaçantes que ça avec Emily. L’ « Euro Coldplay Tour » va-t-il s’achever avant même d’avoir commencé ? Un camion s’arrête enfin. Il va pas loin, juste à La Courneuve, mais il propose de nous avancer un peu sur l’A1, car là, c’est clair, y a personne qui nous prend. Alors on embarque, ravies de décoller enfin de la frontière parisienne.


Mais la joie est de courte durée. 5/10 minutes plus tard, notre chauffeur nous dépose sur la bretelle de sortie pour La Courneuve. Et nous voilà sur la bande d’arrêt d’urgence de l’autoroute, pas très fières avec nos gros sacs. Voitures et camions qui nous passent sous le nez à 90km/h, ça décoiffe… Hyper pas prudent, je sais, mais on n’a pas trop réfléchi sur le coup. Et là, on est un peu coincées. Difficile de sortir de l’autoroute à pied. Alors pas d’autre solution que de se ranger derrière la glissière de sécurité et d’attendre qu’un gentil automobiliste veuille bien nous sortir de ce guépier. Mais pas évident pour les voitures de s’arrêter. Y a pas mal de circulation, et tout le monde roule vite.

Une très très longue demi-heure plus tard, une bagnole s’arrête enfin. Deux mecs. Ils vont pas loin non plus, mais le tout est de nous sortir de cette situation pas très confortable. Et 10 minutes plus tard, nous voici à nouveau en carafe, le long d’une bretelle d’accès. Plus en sécurité cette fois-ci, mais c’est une petite voie, et il y a peu de passage. Tirant les leçons de notre échec Porte de la Chapelle avec notre panneau « Arras », on décide de s’en faire un « Lille », car les gens connaissent mieux et nous prendront donc plus facilement. Pari gagné. Une voiture s’arrête et nous propose de nous emmener jusqu’à Senlis. Conducteur sympa, et en plus, arrivé à sa sortie, il fait même un détour pour nous déposer au péage. Car là, on est sûre de moins galérer. Les voitures s’arrêtent obligatoirement, ont le temps de nous voir, de déchiffrer notre pancarte et de décider s’ils veulent bien nous prendre.


Et banco. A peine le temps de se positionner juste derrière les barrières du péage, dans la
file des camions, et direct, y en a un qui s’arrête. Il va un peu plus loin qu’Arras, c’est parfait, et c’est un conducteur espagnol, alors Emily peut faire la conversation. Parce que moi, l’espagnol, c’est niveau zéro. Et nous voilà super bien installées dans notre nouveau véhicule. Clim, musique, frigo… Moi sur le siège passager, hyper confort, et Emily… sur la couchette derrière les sièges… Incroyable, un camion-couchette!! C’est même plus confortable que le TGV 1ère classe. Surtout pour la mis d’ailleurs. Elle peut s’allonger de tout son long, et en profite même pour faire la sieste… Enfin pas tant que ça, parce que le chauffeur, qui fait la route tout seul depuis Barcelone, a bien envie de pouvoir discuter, et on le comprend… C’est l’intérêt quand même de prendre des auto-stoppeurs/euses. Du coup, dès qu’elle s’assoupit, il se remet à lui parler pour la réveiller… Et la joie de voir enfin les kilomètres défiler… Quel bonheur après avoir galéré près de trois heures pour sortir de Paris. Là encore, notre chauffeur prend la peine de prendre la bretelle de sortie Arras pour nous déposer juste après le péage. Et la chance nous sourit ici aussi. Emily aborde un mec en train de monter dans sa camionnette, et il nous emmène direct jusqu’à notre terminus, en plein centre-ville d’Arras.

 


Ouf, il est 16h, et nous voilà enfin arrivées. Un peu éprouvant tout de même. Cinq heures
pour faire Paris-Arras, alors qu’en bagnole c’est deux heures. Et 2 camions, 2 voitures et 1 camionette. Surtout qu’il fait une chaleur de malade et qu’on s’est retrouvées à chaque fois à poireauter en plein cagnard. Mais c’est le prix à payer pour faire un trajet un peu aventureux. On se dirige enfin vers le camping du festival. Et une fois notre belle petite tente montée, reste plus qu’à trouver nos billets gratuits pour Magic Coldplay de ce soir….

 

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3 commentaires pour “Euro Coldplay Tour: de Paris à Arras en auto-stop”


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