Un panneau bilingue français anglais Stop/Arrêt au Nouveau-Brunswick au Canada

Un panneau bilingue français anglais Stop/Arrêt au Nouveau-Brunswick au Canada

«Bon matin» Ce sont les premiers mots que j’ai entendus en arrivant au Québec, un matin… Et oui car là-bas, pour dire « bonjour » le matin, on dit «bon matin», et non «bonjour». Logique finalement, comme «good morning»… Mais c’est vrai que pour une française de France, ça surprend un peu au prime abord. D’ailleurs dans le langage familier, on ne dit pas «salut», mais «allo»…
J’ai pris beaucoup de plaisir en tout cas à voyager au Québec, et découvrir une nouvelle façon de parler la langue française. Car le français québécois, ça n’est pas juste un accent différent, ce sont aussi beaucoup d’expressions que nous en France on n’utilise pas, ou qu’on n’utilise plus, ou qui ont changé de sens, ou qui sont nées de la proximité avec la langue anglaise…
L’enjeu n’est pas le même de part et d’autre de l’Atlantique. En France, on n’a aucun souci à incorporer dans notre langue des mots d’origine anglaise. Pour ma part, je considère que ça fait partie de l’évolution normale de toute langue vivante. «Sandwich», «marketing» ou «stop» sont devenus des mots français à part entière… Au Québec, l’approche est radicalement différente. Région francophone dans un pays à majorité anglophone, les québécois doivent défendre au quotidien l’usage du français. Un vrai match, où la langue de Molière doit défendre son pré carré face à celle de Shakespeare…

Match humoristique entre Shakespeare et Molière

Molière 1/Shakespeare 0

Alors attention, au Québec, surtout on ne dit pas «week-end», mais «fin de semaine», on ne dit pas «faire du shopping», mais «magasiner», on ne dit pas pressing, mais « nettoyeur« , on ne dit pas parking, mais « stationnement« … Une francisation qui va jusque sur les panneaux routiers, puisqu’on n’écrit pas «stop», mais «arrêt» !

Pour des Français, l’emploi de tous ces mots sonne un peu bizarre, car tous ces «anglicismes» sont vraiment devenus des mots français à part entière et sont rentrés dans le dictionnaire depuis longtemps. D’ailleurs, au Québec, on n’écrit pas « blog » (terme issu de l’anglais), mais «blogue».

Shakespeare 1/Molière 0

Mais tout n’est pas si simple dans le match entre Molière et Shakespeare. Parce que les Québécois emploient finalement pas mal de mots anglais eux aussi !
«Ah c’est trop cute» (mignon, ndlr)! Ca on l’entend à tout bout de champ ! Alors qu’en France, «cute», c’est vraiment un mot anglais, pas de débat là-dessus.
Pour soirée, ou fête, ils disent «party»… et au masculin en plus ! «Ah c’était trop cool le party hier soir»…
Au Québec, ils emploient aussi comme nous le mot anglais «job» pour dire «travail», mais ils l’utilisent au féminin… «une job», et pas «un job» comme on dit nous…
Autre mot anglais que j’ai plusieurs fois relevé dans le langage courant : «tough». «C’est tough», ce qui signifie, c’est difficile, pénible…

Du québécois au français, de quoi en perdre son latin…

Loin du match entre Shakespeare ou Molière, beaucoup d’expressions ou mots n’ont pas la même signification, en français ou québécois… alors attention aux faux amis !

Un «abreuvoir» en québécois, c’est une « fontaine » en français.
Un «5 à 7», c’est un verre entre amis ou entre collègues, après le boulot, alors que pour nous, c’est une sieste coquine entre amants.
Un  «gang», c’est un groupe de copains, alors que pour nous ce sont des délinquants ou des voyous.
Une «poutine», c’est une spécialité culinaire, alors que pour nous c’est le Président/Premier ministre de Russie…
Une «camisole» , c’est un débardeur, alors qu’en France on l’emploie pour «camisole de force»: une chemise de contention qui empêche tout mouvement dans les hôpitaux psychiatriques.
Et au moment de passer à table, pas d’embrouilles hein ? Au Québec, pour le «petit-déjeuner», on dit le «déjeuner», pour le «déjeuner», on dit le «dîner», et pour le «dîner», et bien c’est le «souper»… D’où le joli mot de «souper-théâtre»… 😉

Parler québécois, un français d’un autre siècle

Les québécois utilisent beaucoup de mots qu’on pourrait assimiler au «vieux français», que nous en France on n’utilise plus du tout… Comme «breuvage» pour dire «boisson», «dispendieux» pour dire «cher», «présentement» pour dire «maintenant», «souliers» pour dire «chaussures»…

Mon best-of des expressions québécoises insolites

Pour parfaire votre formation «parler québécois pour les nuls», sachez que les minettes/pétasses en boîtes de nuit, on les appelle les «pitounes», les insectes ce sont des «bibittes», les moustiques (mise en garde en passant, jamais vu de moustiques aussi voraces qu’au Québec…) ce sont des «maringoins», un bonnet, c’est une «tuque», adorer, c’est «capoter», une épicerie, c’est un «dépanneur», un bisou, c’est un «bec», une chanson c’est une «toune», une sucette, c’est un «suçon», un soutien-gorge, c’est une «brassière»…
L’auto-stop, c’est faire «du pouce»
Et la plus belle : tomber amoureux : «tomber en amour».

Le french kiss, une manière de réconcilier la langue de Shakespeare et de Molière?

Le french kiss, une manière de réconcilier la langue de Shakespeare et de Molière?

Le chiac : Shakespeare 1/Moliere 1

Le chiac, c’est encore autre chose… C’est le langage parlé par les Acadiens au Nouveau-Brunswick (province voisine du Québec au Canada), qui sont les descendants des premiers colons français établis en Acadie, alors appelée « Nouvelle-France ». Rien à voir avec le québécois, le chiac, c’est un drôle de mélange complètement improbable entre le français et l’anglais, où l’on conjugue en français, des verbes en anglais… Et ça donne ça :
«J’vais watcher un game» : je vais voir un match;
«J’aime ta jupe mais la way qu’à hang» : j ‘aime ta jupe mais pas la manière dont tu la portes
«J’ai parké mon car» : j’ai garé ma voiture
«J’ai crossé la street» : j’ai traversé la rue…
Là c’est Molière et Shakespeare qui se retournent tous les deux dans leurs tombes non ? A moins qu’ils ne soient finalement réunis justement… pour le meilleur et pour le pire… Quel beau mariage ! Encore mieux que l’esperanto pour mettre tout le monde d’accord! 😉

En bonus, quelques vidéos pour entendre parler québécois ou chiac… bien plus parlant que par écrit:

 

– Le chiac pour les nuls:

– Le chiac est la solution:

Et merci, chers amis québécois de votre indulgence… 😉 J’ai seulement passé une dizaine de jours dans votre belle province, alors je ne prétends pas être une experte de la langue québécoise… J’espère ne pas avoir écris trop de bétises… Merci de me signaler les expressions que j’aurais pu oublier! Pleins de becs à tous!

Infos pratiques pour aller au Québec:

Pour les billets d’avion, je vous conseille de regarder les offres d’Air Transat, qui propose des vols directs pour Montréal au départ de huit villes françaises.

Lucie, du rêve d'un tour du monde à la réalité
Pour la rentrée, ces familles partent faire le tour du monde

56 commentaires pour “Parler québécois pour les nuls… ou le match Shakespeare contre Molière”

  1. Très sympa ce petit article! ça me rappelle les versions québécoises des films que je téléchargeais au début de Emule! Déjà on était surpris par les voix des acteurs et le film avait une tournure assez comique avec toutes les petites expressions parsemées au fil des scènes.

    Ici, à Singapour, le match est plutôt entre Shakespeare et Xianzu. Le « Singlish » est roi et nous avons parfois du mal à comprendre à la fois l’accent (très prononcé pour certains) et les expressions locales. Mais on finira par s’y faire! 🙂

    Au Canada, il y a 2 langues officielles, à Singapour 4 (anglais, chinois, tamoul et malais)… le problème est donc double! 😉

    Eva
    the-singapore-miminews.blogspot.fr


    • Sarah

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      ah oui effectivement! quatre langues officielles! ça doit être compliqué à gérer j’imagine… et aussi riche d’évolutions et de métissages. c’est intéressant de voir comment les langues évoluent les aunes au contact des autres!


      • lolita du 27

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        bonsoir,
        je poste ça ici je n’ai pas trouvé où je pouvais poser une question sur la signification d’un mot.
        merci pour d’autres que je comprends mieux grâce à Sarah et aux autres.
        voilà quand un canadien/québécois s’adresse à vous en disant « chere » ça reste dans le domaine du commun (pour tout le monde) ou y a t il une connotation plus amicale, plus proche?


  2. excellent .. tu as oublié : se chicanner et … les boites quand on déménage et les bouteilles pour les biberons … la bagnole partout … la job (ah non, tu l’as dit) .. ma meilleure amie là où j’habite aux US était de Montreal .. j’ai entendu ça pendant deux ans … et et …. le Happy Meal de Mac Do … tu connais ???? alors ça c’est inoubliable : on était crevés en plein milieu entre Montreal et Quebec : comment dire un happy meal quand on a dans la tête que des mots anglais : JOYEUX FESTIN … véridique … Bon je ne me moque pas .. j’adore …
    Isabelle de fromSide2Side Articles récents..Pony Express : le musée de Saint-Jo MissouriMy Profile


    • Sarah

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      ah génial! j’adore!! Joyeux festin 😉 trop marrant! je savais pas, et pour cause, je ne suis pas entrée dans un MacDo au Québec… pourtant d’habitude j’aime bien en voyage, ça peut dépanner pour manger rapide et pas cher… mais là à chaque fois, j’essayais de gouter un maximum de poutines, alors j’allais plutôt dans les fast-food québécois!


      • Tyler

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        Mais là il faut que vous sachiez que la poutine est disponibles dans les MacDo au Québec (et partout dans le reste du Canada si je ne me trompe pas.) J’aime bien votre article. Moi, je suis américain mais j’ai appris le français au Québec et il me fait plaisir d’entendre ce que pensent les français des francophones d’Amérique du Nord. Seule une chose à vous dire : vous avez manqué une des choses la plus importante sur la langue québécoise–les sacrés (ou comme disent les Français les jurons.) On les entend partout en ville et ces mots ne veulent rien dire en français européen.


  3. Je pense surtout que la différence majeure entre le français de France et le français du Québec (vis à vis des anglicismes), c’est la syntaxe québécoise qui est directement calquée/polluée par l’anglais : prendre une marche, jeudi le 26, ou même les expressions directement traduites « tomber en amour », « sauver de l’argent » par ex. Enfin j’en avais noté un tas quand j’y vivais ! Je trouve que c’est beaucoup plus dangereux pour la préservation de la langue française que d’utiliser « shopping » : là, on sait tout de suite que c’est un mot anglais, on le repère facilement. Tandis que lorsque la syntaxe est carrément modifiée… c’est plus insidieux.
    En tout cas pour me débarrasser des anglicismes, j’utilise toujours la banque de dépannage ! 🙂 http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/


    • Sarah

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      merci pour cette analyse super intéressante! c’est vrai que je n’avais pas fait le rapprochement entre « tomber en amour » et « fall in love »… très juste. du coup ça me fait penser aussi à l’habitude qu’ont les québécois de répéter le pronom à la fin d’une phrase… un peu genre « tu en veux-tu? », à la manière du « do you » en anglais…


  4. Trop écoeurant tout ça !! Comprenez que c’est délicieux/fantastique en québécois !! Celui a carrément un sens contraire, difficile la 1ère fois de comprendre ce que ça siginifie !

    Effectivement les québécois se battent pour préserver la langue française-québécoise dans leurs contrées. Et pour cela, on tombe parfois dans l’exagération mais en même temps, c’est un excellent moyen pour montrer quotidiennement la langue. Sinon l’anglais pourrait prendre le dessus, et alors « Adieu le québécois ». Il faut dire que l’anglais est présent partout là-bas, vraiment partout et que d’une certaine manière, il cannibalise le français.
    Leur bataille me rappelle celle des langues régionales avec les Bretons, Occitans, Basques, Corses, etc. qui par exemple installent des panneaux bilingues pour préserver leur culture et ne pas la voir disparaître.

    Sinon pour info, dans le Sud de la France, le « petit-déjeuner » c’est aussi le « déjeuner », le « déjeuner » devient le « dîner », le « dîner » devient le « souper ». Et pourtant nous ne sommes pas québécois. Bref, on pourrait aussi parler du pain au chocolat et de la chocolatine… Même en France, il y a des distinctions entre le français parlé dans le Nord et dans le Sud. Si je vous parle de « roumégaïre », il faut comprendre un « râleur », de « bramaïre », d’une  » personne (en général un enfant) qui ne fait que pleurer ». (Tout ça vient de l’occitan).
    En fait, je crois qu’on pourrait presque parler d’une forme dialectale de la langue française… Je ne suis pas linguiste mais c’est l’impression que tout ça me donne.

    En tout cas, merci pour ce rappel lexical québécois… J’en avais oublié certains !!


    • Sarah

      Répondre

      ah merci pour le commentaire! super intéressant! je ne savais pas qu’on disait ça dans le sud de la France! comme quoi on en apprend tous les jours sur sa propre langue et son propre pays. et c’est vrai que du sud ou nord de la France, qui est pourtant un petit pays, il y a beaucoup de manières différentes de parler et des expressions locales… du coup on se demande finalement qui parle « le vrai bon français d’origine »… et y en a-t-il un d’ailleurs? à paris on a souvent ce sentiment, mais peut-être est-ce un peu égocentrique de penser ça. voyager permet de nuancer ce jugement.



  5. Ah vachement sympa cet article et marrant, on en apprend des trucs, à relire avant un prochain voyage au Québec. Et tu as retenu beaucoup d’expressions pour y être allée si peu de temps! Moi je n’y suis jamais allée mais ayant voyagé avec un Québécois et une Belge au Mexique, on a bien rigolé sur les expressions, j’aurais dû les noter, mais tout de même je me rappelle de celle-là, quand le Québécois nous a dit:  » Pour ma fête, on va faire une grande partouze » (il voulait dire qu’il allait faire une fête avec ses amis pour son anniversaire).
    Tiens justement moi je viens d’écrire un article cinéma et hier est sorti en France un film québécois que j’ai vu avec toi: « Vic + Flo ont vu un ours », d’ailleurs heureusement qu’ils mettent des sous-titres parfois!
    Emilyz Articles récents..Les films en compétition internationale au Festival Paris Cinéma 2013My Profile


    • Sarah

      Répondre

      ahahah! génial le coup de la partouze! ça a du mettre un blanc de la conversation… 😉
      c’est comme je l’ai pas mis dans ma liste, mais dans le même genre, ya le coup de la turlutte… en québécois, turlutter, c’est chantonner… alors qu’en France, ben voilà quoi…
      oui je l’ai vu aussi « Vic et Flo »! très bien d’ailleurs, on n’a pas souvent l’occasion de voir des films québécois en France. et effectivement, il y a des passages où c’est sous-titré car difficile à comprendre. Moi ça m’est arrivé aussi, dans la région des fjords au Québéc, près de Saguenay et Chicoutimi, une région assez rurale, de ne pas comprendre ce que les gens disaient…


    • Sylvere

      Répondre

      Euh, dsl, mais partouze, au Québec, ça a le même sens qu’en France! Je crois qu’il s’est moqué de vous!!! 😀


  6. Très bon résumé et ravie que ça vous plaise…En tant que Québécoise, je trouve important de bloguer en français et je tente d’utiliser le moins de mots anglais possible…C’est une fierté cette belle langue et un débat d’actualité ici.

    Au plaisir

    clin d’oeil: c’est quoi une débarbouillette ? 🙂


    • Sarah

      Répondre

      oui c’est vrai que maintenant je comprends mieux le point de vue des québécois d’essayer de traduire un maximum les mots en français. Avant j’avoue que je trouvais ça un peu bizarre et extrémiste, mais maintenant je comprends mieux les enjeux…
      débarbouillette? ah non je ne sais pas… bon, je pourrais tricher un peu et faire une recherche google, mais c’est moins marrant… c’est une serviette pour se nettoyer le visage ou quelquechose comme ça?


      • Ouiiii ! une débarbouillette, c’est bien cette petite serviette pour le visage /corps. On m’a regardé bizarrement en France la première fois que j’ai demandé où sont les débarbouillettes… 🙂 J’adore ce vocable bien de chez moi…


        • Sarah

          Répondre

          c’est vrai que ça peut surprendre de prime abord… mais c’est effectivement très mignon comme mot! je le ressortirai!


    • Salut !! ( bonjour ) ,, Je viens de CHARLEVOIX , et il y a des expressions aser colorées … comme au SAGNÉ , ( a cause tu fais simple de même ) DURE A TRADUIRE ( en français )  » pourquoi té si ridicule  » Et vous  » LES FRANçAIS ‘ vous utiliser des termes ANGLOPHONES qui me fonds SUR SAUTER !! vous utiliser le terme pour des véhicule récréatif, des motoriser , ( VOUS SES DES CAMPING CAR ) !! ? Pourquoi ??


  7. Super article qui me rappelle ce que j’avais aussi écrit à ce sujet et surtout mon séjour là-bas… Me voilà nostalgique. En tout cas, tu fais un beau bilan de tout cela.
    Pour le nom des repas, c’est comme en Suisse. Quant à moi, je suis ravie de voir que je parle en fait au quotidien le chiac et que je suis incomprise. Un mix d’anglais et de français, c’est la langue parfaite pour moi… 🙂
    Lucie Articles récents..Saveurs d’Espagne à ValenciaMy Profile


  8. Bravo! Excellente analyse. J’avoue que je craignais le pire car c’est devenu un peu cliché pour nous, québécois, d’entendre les touristes français badiner à propos de notre accent et de notre vocabulaire. Tu possède sans doute un excellent sens de l’observation pour avoir noté et surtout, bien compris le sens de ces différences, ainsi que notre rapport différent à la langue française, et ce en si peu de temps. Mais il n’y a pas que les québécois et les acadiens qui parlent un français différent en Amérique du nord. Tu sais sans doute qu’il y a de plus en plus de tes compatriotes qui viennent s’installer pour de bon à Montréal, dont plusieurs que je côtoie régulièrement au travail. Tu devrais les entendre après quelques années parler couramment québécois mais avec leur accent français de France. Ça en fait une catégorie à part à nos oreilles. Par contre, je n’ai jamais entendu un français prononcer correctement notre célèbre juron « tabarnac », même après avoir vécu 20 ans et plus au Québec. On entend plutôt quelque chose qui ressemble à « tabernacle » et ça, ça nous fait beaucoup rigoler. 😀
    Pierre Articles récents..Un week-end à MunichMy Profile


  9. Je rentre de Québec et je vois que les même expressions nous ont marqué! Voyageant avec des enfants: on m’a parlé du « Carosse » de mon bébé (ouah, j’ai monté dans la hiérarchie sociale..) pour la poussette! Ma fille avait oublié ses « gougounes » sur la plage, et elle ne comprenait pas la dame qui lui expliquait que ces tongs partaient dans l’eau et elle a commandé du « blé d’Inde » dans un plat au resto et a presque pleuré (fatigue aidant) quand elle a vu arrivé un plat avec le maïs qu’elle déteste! Je partage ton article, cela m’évitera d’en écrire un sur ce thème 😉
    Sandrine Articles récents..Randonnée au Lac Vert dans la vallée étroiteMy Profile


  10. On se moque, on se moque (gentiment !) …mais on utilise bien « parking » en France …et seulement en France !!!

    En tout cas, le québecquois, j’adore !!! Les expressions, l’accent, ….du bonheur ! Je fond …un oeu comme avec le sirop d’érable !

    Euh exception faite quand même des doublages ciné !!! Là, déjà que la VF j’ai du mal…mais Brad Pitt ou Naomi Watts en V…Q …là, je peux pas !
    (qui a dit .. »tu n’as qu’à pas télécharger illégalement !!! 🙂 )


    • Sarah

      Répondre

      ah tiens, je suis jamais tombée sur des VF en doublage québécois… ça doit être marrant… Mais déjà que Brad Pitt en VF normale j’ai du mal, alors… Oui du coup moi aussi je suis un peu nostalgique maintenant… dès que j’entends l’accent, je fond… 😉 par contre, je suis pas fan du sirop d’érable, c’est un peu trop doucereux je trouve…


  11. Haha! Enfin pris le temps de lire. D’abord, sache que perso, je grince des dents en entendant « bon matin » (quel anglicisme!), mais que je ne me rappelle pas la dernière fois où j’ai dit « fin de semaine » (toujours week-end!). Plus compliqué encore, il y a les régionalismes… Au Saguenay par exemple, tu commandes « un frite », mais à Montréal, « une frite ». « Une job », c’est vraiment en langage populo. À l’écrit, c’est « un ». Quant à l’épicerie, ici on l’utilise pour une épicerie fine ou un supermarché. Le concept de « dépanneur » n’existe pas vraiment en France (ou alors, les plus proche serait le tabac je crois)! 😉

    Heu… et le truc de la partouze, je suppose que le mec en question n’avait pas trop de culture générale (ou beaucoup d’humour!) parce qu’on l’utilise vraiment dans le même sens que vous! LOL


    • Sarah

      Répondre

      oui c’est sûr, tous les québécois ne parlent pas de la même façon, et c’est pareil en France… 😉 En France en fait, le « dépanneur », c’est « l’arabe du coin ». Enfin surtout à Paris, je ne sais pas trop si c’est comme ça ailleurs en France. Des petites épiceries ouvertes 7 jours sur sept et très tard le soir, comme les dépanneurs…



    • Sarah

      Répondre

      ah oui très bon!! je l’ai pas entendu celle-là…. mais c’est vrai que j’ai lu la mise en garde dans le lexique du guide du routard… (pour que tout le monde comprenne, les gosses en québécois, ce sont les… couilles…) 😉




      • Oui c’est ça! « Tout va bien » ou « c’est parfait »… plus souvent utilisé en version courte « c’est tigidou » ou une autre variante c’est « tigidou laï laï »… ou encore « tigidou right trou s’a slide ».

        Fouille-moi d’où ça vient, mais c’est une expression assez vieille que j’utilise couramment (en version courte).

        (Je viens de glisser une nouvelle expression dans ce commentaire… 🙂 Fouille-moi, qui veut dire « je ne sais pas ». Ceci étant dit, c’est très familier.)
        Alex Articles récents..2 jours dans un cendrierMy Profile



  12. Célyne Roy

    Répondre

    et moi depuis que je vis en Espagne je vais souvent passer passer quelques jours en France voir les copains et à chaque fois je suis sidérée de la quantité de mots anglais que vous introduisez dans vos conversations. en écoutant la radio, des ministres, des Spikrines commes vous dites, tois ont un vocabulaire choquant pcq un toers sont des mots anglais alors que le mot français existe parfaitement!!! C’est comme une sorte de snobisme de votre part. Je n’y vois aucun intérêt, sauf quand le mot n’existe pas. je dois aussi dire que j’ai vécu toites les étapes de votre engouement pour le parler québécois, et on m’avait corrigé dans un salon de thé oū j’avais ccommandé une tranche de gâteau au fruit en me répondant sèchement qu’il s’agissait d’un « cake » et la fois où c’était un « pull » et noncun chandail! hihihi. Les premières années où j’ai vécu en France par la suite, on se faisait un bonheur de me corriger certaines paroles pour ensuite découvrir qi’elles existaient à l’autre boutbde la France! ouf le soulagement!
    et j’ai ris en lisant une des personnes avec son commentaire « c’est vachement sympa »…ca vient d’où que vachement veut dire beaucoup?? chez nous au Québec on n’est pas tellement « critiqueux’ mais si vous commencez à parler de nos « bizarreries » on va vous sortir les vôtres! hahaha…la bise !



  13. Ce qui est étrange avec le québécois c’est qu’il comprend tout de l’européen, à l’exception près du verlan, mais qu’à l’inverse il est très difficile pour un européen de comprendre le québécois. Quelqu’un aurait-il une explication à cela?

    Très bon texte, j’ai bien aimé les liens avec le chiac, qui en effet, même pour un gars du Québec, sonne très drôle à son oreille. C’est ce qui est bien bizarre avec le québécois (j’en suis un en passant) c’est que même à travers ces régions il y a des débats sur les expressions. Par exemple à Montréal on dit UN bus, mais à Québec on dit UNE bus. On dit un «p-ôteau» vs. un «pot-teau» (poteau). Baleine vs. bal-haine.

    Comme mentionne Eva B. plus haut, ce qui semble faire rire l’européen ce sont les traductions de film. Ici, au Québec (ou chez nous comme on dit au Québec) on traduit religieusement tous les titres de films en version française. Ça fait rire a priori, mais sachez que ami européen Hangover, ce traduit logiquement par Lendemain de veille au Québec, mais étrangement par « Very Bad Trip » en Europe. Traduire un film par une autre traduction anglaise. Bizarre non!?

    Si jamais ça intéresse, on a également poussé l’étude du québécois sur notre blogue ici:
    http://detourlocal.com/sortir-avec-un-gars-du-quebec/
    Détour Local Articles récents..Se déplacer en Afrique: notre dédicasseMy Profile


    • Karine

      Répondre

      Si nous québecois comprenons mieux les Francais qu eux nous comprenent c’est parce que plus de 75% des films,séries ect. que nous avons en version francaise sont doublés en France.Je l’ai appris récemment,avant je pensais que c’était des voix québecoises et je me demandais pourquoi je croisais jamais des gens avec des voix et expressions semblables.


  14. J’ai eu une dizaine de colocs français, ici à Montréal. Chaque fois je me fais un devoir de les instruire pour une meilleure adaptation 😉
    C’est TRÈS drôle de les voir essayer…
    Bon un accent change très difficilement rendu à un certain âge, c’est sûr, mais j’ai toujours espoir de les voir utiliser -ou du moins comprendre-nos expressions. Et j’avoue que parfois j’invente un peu hehe




  15. Salut,

    Il y a quelques petites erreurs :

    -ce n’est pas un gang, mais une gang
    -ce n’est pas un car mais un char
    -et enfin je pense que quand tu a entendu « toune » (chanson) c’était plutôt un anglicisme, c’est à dire « tune »


    • Super ton blog.

      En réalité c’est:

      Un tube (France) = une toune (Québec, anglicisme)

      Une partouze (France) = une partouze (Québec)…les deux ont le même sens en France et au Québec…du coup probablemet une tentative (manquée) d’un gars en vacances qui espérait ou rêvait un peu trop …l’excuse de la différence entre les langues lui a permis de s’en sortir sans trop de ridicule… 😉

      BT


    • Non non ç est bien une toune et écrit toune pour dire une musique traduit direct thune , comme bienvenue pour dore de rien traduit direct de you welcome ! Par contre je comprend pas le faite de dire « je va « pour fire je vais …. Je va a l épicerie etc…


  16. @detour local

    « Ce qui est étrange avec le québécois c’est qu’il comprend tout de l’européen, à l’exception près du verlan, mais qu’à l’inverse il est très difficile pour un européen de comprendre le québécois. Quelqu’un aurait-il une explication à cela? »

    Oui, c’est parce que les Québecois depuis le plus jeune âge ont de nombreux contacts avec la culture francaise, à travers les films, téléfilms, livre, radio, internet… Même à la télévision ou à la radio québecoise, les gens s’expriment souvent en francais international, c’est à dire avec l’accent de paris. Alors que l’inverse n’est pas vrai, en France on entend que très rarement l’accent québecois.


  17. Jean-Michel

    Répondre

    Salut,

    petite précision :
    au Québec, UN gang, c’est bel et bien un gang de rue, des criminels (comme en France, donc…).
    UNE gang, c’est un groupe d’ami.

    Ciao!


  18. Merci pour ce bel article. A noter également que la francophonie canadienne prend des formes et des accents différents en fonction des provinces… Les franco-ontariens peuvent parfois être, à bien des égards, différents des québécois.
    Après 8 mois à Ottawa, je commence seulement à appréhender toute la subtilité, l’histoire et les enjeux de la place du français en contexte minoritaire. Une vraie question de société finalement pour la construction de cette belle et jeune nation canadienne !


  19. Nico J

    Répondre

    Ayant vécu au quebec durant quelques années je rassure les débutants ce n’est pas si difficile que cela 😉 Les insectes se disent « bibittes » c’est bien vrai et j’avoue qu’au début cela m’a bien fait rigoler^^ Je confirme que ce post est un excellent guide pour commencer le québécois je félicite Sarah pour la rédaction 😉



  20. Isabelle québécoise pure laine!!!

    Répondre

    Je suis québécoise et plusieurs expressions sont vrais mais quelques unes???
    Pas du tout…Exemple:  » Crosser la street » pour dire traverser la rue…???
    J’ai jamais entendu ça!!!
    Cela dépend des régions, milieu social peut être ou de chez pas quel trou mais non on crosse pas la street, on crosse le système (Fraude le gouvernement) ou
    on crosse un mec (branlette) 😉 mais pas la street…;-)))
    Je vous dis…lorsqu’on se retrouve avec des français…Nous savons que vous aimez ça et que ça vous fait rigolé notre accent…
    Donc on sort nos airs de « côlons » (voyou) pour vous en mettre plein la vue.
    Nous aussi on vous trouve drôles avec vos Gosses et vos putains…Votre shopping, votre Mc Fish au Mc Do…Au Québec c’est du Mc Poisson…;-)))
    Je vous adore! Chaque fois que je vais en France, on me demande si je bois du Caribou
    Non! Jamais!!! Le Caribou c’est dégueulasse!!! (dégoûtant).
    Non je ne connais pas Céline Dion mais je l’ai déjà vu chanter au centre d’achats (centre commercial). ;-))) et son frère était mon voisin et l’automne passé j’ai vu maman Dion à la pharmacie!!! ;-)))
    Chez vous, j’ai honte de parler…Je suis frustrée de me faire reconnaître même si je m’efforce de cacher mon accent, je me sens une villageoise qui sort tout droit d’un film d’époque…T’sais le genre de bonne femme avec les dents pourrittes (cariées).
    J’ai tellement rigoler en commandant un boeuf parmentier sur les Champs Élysées et recevoir un foutu Pâté chinois!!! Merde…C’est bien la dernière chose que je pensais manger chez vous!!! Hi! Hi!
    Je retournerai à Paris en 2016…Au plaisir de vous faire rigoler!!! ;-)))


  21. En Suisse également, nous disons déjeuner, dîner et souper. Et nous disons septante (70), huitante (80) et nonante (90) et non pas quattre vingt dix (4 x 20 + 10 !!!) pour en arriver à 90… 🙂 (je vous laisse le jugement sur ce qui est en fait moins bizarre et plus logique…)


  22. hahaha j’adore ! Je suis québécoise et tes explications m’ont bien fait rire. Je ne vais pas invité un français à un 5 à 7 héhéé. J’adore votre accent par contre !


  23. Super !! Je suis québécoise et sincèrement il y a beaucoup de vérité, tu as par contre oublier nos expressions singulière venant du temps jadis, comme accouche qu’on baptise (Fait cela vite finalement) ou encore Tire toi une bûche (prend toi une chaise) Air de Bœuf (pour dire que quelqu’un est bête, de mauvaise humeur) Écrire à la mitaine (Écrire à la main) Astheure (maintenant) Avoir de l’allure (être beau, bien habiller) Avoir du ptit change (de la monnaie) et l’un de mes préférés avoir les yeux dans la graisse de bine (avoir l’air fatigué ou rêveur) et je pourrait continuer pendant des heures !


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