Alors tout d’abord, ce vendredi 12 juin, j’ai un terrible cas de conscience. Ce soir, y
a le mignonissime Mika au Cirque d’Hiver en concert accoustique, et en même temps, les cultissimes papys du rock AC/DC au Stade de France. Quel dilemme mes amis… Comment choisir entre « Relax, take it easy » et « Highway to hell »?? Toute la journée, au boulot, à la cantine, à la cafet, dans les couloirs, j’en profite pour faire un petit sondage. Alors Mika
au Cirque d’Hiver ou AC/DC au Stade de France ? Et je suis pas plus avancée, c’est 50/50, avis hyper partagés… Mais un collègue finit par me donner l’argument-massue. « Mais Mika, t’auras plein d’occasions de le revoir sur scène, alors qu’AC/DC… c’est peut-être la dernière ». Décision prise: go to the Stade de France. Le sourire ravageur du beau Mika, ce sera pour une autre fois…

Arrivée sur mon terrain de jeux préféré sur les coups de 20h. C’est vrai, j’aime bien les abords du Stade de France. Avec toutes les baraques à frites et échoppes en tous genres, ça sent la fête dès la sortie du RER. Qui veut le tee-shirt AC/DC ? Les cornes rouges AC/DC clignotantes ? Le caleçon AC/DC ? Et ce soir, comme souvent, y a plein de personnes qui revendent leurs billets, soit autant de cibles potentielles pour dégoter mon ticket à l’oeil, enfin, en échange d’un beau sourire tout de même… Chemin faisant vers le Stade, je les aborde à peu près tous sur mon passage. « Ah vous tombez bien, je cherche justement un billet, mais j’ai des conditions un peu particulières… » Et hop, je leur montre ma traditionnelle pancarte « Cherche une place gratos en échange d’un sourire ». Bon, ça met un peu de temps à se décanter ce soir et j’essuie pas mal de refus polis, mais je continue ma route. Avec le sourire bien sûr.
Normalement, ma copine Emily, habituée elle aussi à dénicher des billets gratos doit me rejoindre, mais pas encore aperçue. De toutes manières, l’objectif, c’est de chercher chacune de notre côté, et la première qui en trouve un, essaye d’en trouver un deuxième. Faut bien mutualiser nos efforts, comme ça on a deux fois plus de chances de rentrer… Même si c’est deux fois plus dur de trouver deux billets gratuits qu’un seul… Forcément.

Là, je suis au pied du Stade, devant la porte B. Pile au même endroit où j’ai trouvé mon billet pour le matche France-Lituanie le 1er avril dernier. « Prancuzaite iesko nemokamo bilieto manais i sypsena »… Ma fameuse recherche de billet en version originale lituanienne non sous-titrée… J’aborde un mec, billet AC/DC à la main, mais chou blanc, il préfère le revendre. Et là, à quelques mètres de là, un autre me voit avec ma pancarte, s’approche timidement, et tout simplement me tend un des deux billets qu’il a à la main. « Tenez, moi j’en ai marre d’essayer de le revendre ». Chic chic chic, je tiens enfin mon billet. « Oh merci, c’est trop sympa, merci, merci ». Mais je n’en reste pas là. Il a un deuxième billet!! « Mais j’ai une copine qui me rejoint. Vous voudriez pas me le donner aussi votre deuxième billet ? » Et voilà, le deuxième billet in the pocket. Trop cool. Et en plus, tous les deux en tribune, et à côté, forcément. Bingo. Deux billets d’un coup, pour le prix d’un seul sourire, là je suis plutôt fière de moi. Je remercie amicalement mon généreux bienfaiteur qui, débarrassé de ses billets en trop, peut enfin aller s’installer dans le Stade pour profiter de la première partie qui fait déjà rugir les enceintes. Et je m’empresse d’appeler Emily pour lui annoncer la bonne nouvelle. « Mais t’es où ? J’ai déjà trouvé ton billet cocotte, qu’est-ce que tu fous ? ». Et la pauvre Emily est encore bien loin d’ici puisqu’elle est coincée sur son quai de RER en banlieue depuis une demi-heure à cause d’un problème technique, ou d’une grève, je sais plus… « Mais grouille-toi, faut pas louper le début… » Bon, plus facile à dire qu’à faire… Plus facile aussi de trouver des billets gratuits pour AC/DC que d’arriver à l’heure en RER…

 


Bon, une barquette de frites et un coca plus tard, la miss finit par arriver, et on se précipite pour s’installer dans nos tribunes, juste à l’heure pour l’entrée en scène fracassante d’Angus Young, Brian Johnson et toute l’équipe. Bien petits vus de si haut, mais côté son, ça déchire, malgré la froide accoustique du Stade de France. La poupée gonflable sur la locomotive pour « Whole Lotta Rosie », la cloche pour « Hells Bells » et les coups de cannon pour « For those about to rock »… Tous les incontournables d’ACDC sont au rendez-vous dans un stade qui s’illumine à la tombée de la nuit avec les milliers de cornes rouges clignotantes arborées par les fans. Et bien sûr le traditionnel strip-tease d’Angus qui laisse tomber casquette, short et veste d’écolier pour exhiber son magnifique caleçon AC/DC!! Bon, au bout d’un moment, on a l’impression d’écouter dix fois la même chanson car le rythme est toujours un peu le même, mais le spectacle est au rendez-vous. Jusqu’à l’apothéose finale en feux d’artifice dans un stade survolté. C’est sûr, AC/DC, fallait les voir au moins une fois dans sa vie. Bon, ça, c’est fait…

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