Ce soir à l’affiche: The Killers à Santiago. Une pure coïncidence sur mon parcours de tour du monde! Deux jours après avoir acheté mon billet d’avion, je regarde l’agenda des concerts à Santiago. Et miracle!! Y a les Killers le 29 novembre, à peine deux semaines après mon arrivée. Ca pouvait pas tomber mieux. Les Killers, j’adore!! Déjà traversé le Channel pour aller les voir en mode « French girl gives a smile for a free ticket ». Opération réussie à Paris aussi avec ma pancarte « Cherche une place gratos en échange d’un sourire»… Et là, un nouveau défi de taille: chasse au billet gratuit en espagnol à Santiago du Chili… Autre continent, autre culture, autre langue. Un vrai challenge pour moi qui
baragouine à grand-peine quelques mots d’espagnol. C’est facile d’avoir la tchatche en français ou en anglais… Dans une langue qu’on ne connait pas, c’est un peu plus dur. Mais au moins, le sourire, ça c’est universel et ça marche partout…

Enfin c’est ce que j’espère… Parce que ce 29 novembre en fin d’après-midi, je dois avouer que j’en mène vraiment pas large. J’ai potassé quelques phrases clés avec Jeanne, mon amie française qui m’héberge à Santiago. Tout est bien écrit sur mon petit carnet. « Tienne una entrada que sobra ? » (Est-ce que vous avez un billet en trop ?) « Quiero una entrada gratis a cambio de mi sonrisa » (je cherche une place gratuite en échange de mon sourire) « Lo hago mucho en Paris, y Londres » (Je le fais beaucoup à Paris, et à Londres…. « Hago un tour del mundo, viajo sola » (je fais le tour du monde, je voyage toute seule)… Bref, le minimum vital pour pouvoir expliquer un peu ma démarche, raconter qui je suis, mon voyage… Petite séance de répétition pour assimiler tout ce vocabulaire nouveau, fabrication de la pancarte « Una chica francesa quiere una entrada gratis a cambio de su sonrisa »… Et c’est parti direction la Movistar Arena.

Et dès la sortie du métro, je patauge grave. Oublié de noter le nom de la salle sur mon petit carnet, et du coup, je peux même pas demander mon chemin aux gens vu que je sais pas où je vais… Y a des allées et venues dans tous les sens, et j’arrive pas du tout à me repérer, ni distinguer s’il y a un flot massif de personnes qui se dirigent dans la même direction, comme c’est le cas habituellement pour les concerts qui drainent plusieurs milliers de personnes. D’ailleurs j’ai aucune idée du succès des Killers ici. Est-ce que c’est une petite salle genre l’Olympia, intermédiaire genre le Zénith, plus grosse genre Bercy….? Coup de téléphone en catastrophe à Jeanne. « Euh, tu pourrais pas regarder sur google pour voir où il est le concert des Killers, je suis complètement paumée…. »

« C’est la Movistar Arena ». Ca y est, je retombe un peu sur mes pieds, parviens à demander mon chemin… Et commence à croiser les éternels stands de marchands ambulants. Casquettes, tee-shirts ou auto-collants à l’effigie des Killers… C’est bon, je suis dans la bonne direction. Par contre ici, pas de hot-dogs ou de baraques à frites:, mais « completos » ou « empanadas »… Les incontournables de la junk-food à la chilienne. Les completos, c’est des sortes de mauvais hot-dogs dans du pain tout mou avec du guacamole et plein de mayonnaise qui déborde, et les empanadas, des sortes de feuilletés fourrés avec fromage, saucisse, jambon…

Premier objectif: prendre mes repères. Comprendre qui sont les revendeurs au black, repérer où se postent les gens qui ont des billets en trop à revendre, situer l’entrée du public, l’entrée VIP, la billeterie… Pas évident tout ça… Pour un concert à Paris, dès l’abord d’une salle de concert, on se fait tout de suite interpeler par des revendeurs qui cherchent à acheter, revendre… Mais pas ici. Je traîne un peu sous un soleil de plomb (et oui, c’est bientôt l’été à Santiago…) avant d’oser aborder « mes premiers clients ». « Hola, tienne una entrada que sobra ? » Ca va, j’ai bien retenu mes phrases clés. Mais eux, ils n’ont pas de place en trop. Et personne n’en a d’ailleurs. J’enchaine les petits groupes de jeunes qui papotent devant la Movistar Arena, mais impossible de tomber sur quelqu’un qui a un billet de plus. Et personne n’essaye d’en revendre non plus. Aïe aïe aïe… Ca complique tout. Avec mon espagnol balbutiant, je tente de demander où se trouvent les gens qui ont des billets en trop à revendre. Et comprends à demi-mots qu’il faut aller plus loin, là-bas sur le parking, car ici, c’est interdit.

Arrivée sur le parking en question. Une jeune nana me guide un peu et m’oriente vers une femme plus âgée. Une revendeuse au black. Ah ben les voilà enfin ces « fameux revendeurs au black version chilienne » que j’arrivais pas à trouver. Profil type: des femmes, 50-60 ans. Tiens, c’est curieux ça. Chaque pays a vraiment son profil de revendeur au black. En France, c’est des jeunes de banlieue, des rebeus et des blacks, en Grande-Bretagne, des hommes plutôt âgés, tous « white colored », et ici au Chili, des femmes, d’âge mur également… A chaque pays sa catégorie sociale qui se retrouve sur le carreau et tente de s’en sortir par le « système D ». Bien sûr pas moyen de négocier avec elles un ticket gratos puisqu’elles sont là pour faire du business. Je reste un peu dans les environs, mais pas moyen d’intercepter les rares personnes qui les accostent, échangeant rapidement à couvert quelques billets.


Retour devant la Movistar Arena. Pas moyen de dégoter une place, mais au moins, les Chiliens sont plutôt sympas. Surpris et amusés par ma pancarte, ils m’expliquent néanmoins gentiment que ici, au Chili, ça peut pas marcher. Mais pourquoi? Ca, j’ai du mal à comprendre. « Mais ça marche en France, en Grande-Bretagne… » je leur rétorque. « Ah oui, mais ici, au Chili, c’est impossible », m’assurent-ils. Impossible? Comment ça impossible? Désolée, mais ça fait pas partie de mon vocabulaire…

Pourtant ça commence à sentir le roussi. Ca fait déjà une heure que je suis là, et malgré toutes les dizaines de personnes que j’ai abordées, seules deux avaient effectivement un billet en plus. Mais ont refusé de me le donner. Au moins je me paie quelques bonnes tranches de rigolades avec deux-trois groupes bien sympas. Mon espagnol n’est pas aussi mauvais que je le pensais, et j’arrive un peu à échanger, parler des concerts que j’ai vu, U2, Madonna, de mon tour du monde…

Cette fois-ci, celui que j’aborde a un beau badge bleu-ciel qui pandouille autour du cou. Ca m’a tout l’air d’un badge VIP tout ça. « Hola, tienne una entrada que sobra? » Non, il a pas
l’air, puisqu’il me répond « non » gentiment. Mais bon, tant pis, je lui montre quand même ma pancarte et lui fait tout mon petit spitch. Et, là, grand-sourire au bord des lèvres, je le
vois farfouiller dans son porte-feuille… et sortir… UN BILLET!! Miracle, je l’ai trouvé mon « entrada gratis »!! Difficile de comprendre vraiment qui il est et pourquoi il a des places en plus (en fait toute une liasse dans le fameux porte-feuille). Sans doute un mec du staff qui attend des invités. Juste le temps de prendre ma photo souvenir, et d’autres personnes
viennent l’aborder. Sans doute les fameux invités. Toute contente de moi, je me faufile vers l’entrée. Et alors que je suis juste aux barrières de sécurité pour les contrôles d’usage (assez poussés au Chili… je dois même ouvrir mon étui à lunettes pour prouver qu’il s’agit bien de lunettes à l’intérieur…) j’entends le concert qui commence. Vite! Vite! Vite! Je vais rater le début. Dans la précipitation d’ailleurs j’arrive pas à comprendre ce qu’il y a écrit sur mon billet, et encore moins les indications en espagnol données par les hôtesses. Après plusieurs mauvaises portes, et manqué de me vautrer en beauté en descendant les escaliers des gradins dans le noir, je parviens finalement jusqu’à mon siège… Plutôt proche de la scène, place VIP oblige…

Concert génial. Super ambiance. Une salle énorme, un peu genre Bercy, debout, dansant et criant du début à la fin. C’est sûr, les Chiliens s’y connaissent bien mieux en terme d’ambiance que Français, Anglais ou Ecossais… Et les Argentins dis-donc, ils sont comment en concert ?? Allez, RDV à Buenos-Aires dans quelques semaines pour ma prochaine chasse au billet gratuit en espagnol…

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8 commentaires pour “Chasse au billet gratuit pour The Killers à Santiago”


    • Sarah

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      merci pour tes encouragements miss, ça fait plaisir… ce blog me prend un temps de malade, et ça fait plaisir de voir que ça n’est pas pour rien…


  1. Boris

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    t’as vraiment eus de la chance, parce que etant chilien, c’est impossible, a moins que tu te croise avec les organizateur, comme ce fut le cas.


    • Sarah

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      trop cool, mon premier commentaire de chilien! ca fait plaisir! mais tu sais, c´est jamais impossible… meme si avec les chiliens c´etait difficile quand meme…


  2. Eh bien les Chiliens, ce n’était pas évident! Et j’ai bien aimé tes profils types de revendeurs au black alors j’en profite pour compléter grâce à ma dernière expérience de tickets gratuits pour Eros Ramazzotti à Rome, le profil type des italiens revendeurs au black, ce sont des petits ritals qui parlent beaucoup avec les mains (sans blague) genre mafieux quoi! Mais pas trop durs à trouver!


  3. Edouard

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    Trop méga cool, v’là des vidéos. Pas mal ta méthode, je vais l’essayer pour faire mes courses.


  4. armony

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    Heureuse de découvrir ton blog et ce concept des billets gratos que je ne connaissais pas !! surement à très bientôt ! Armony


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