Le Mondial de football 2018 aura lieu en Russie du 14 juin au 15 juillet. Tous les quatre ans, c’est un des plus grands événements sportifs de la planète, mais aussi une des plus belles fêtes populaires du monde, qui fédère bien au-delà des supporters de football. Plutôt que de suivre les matches devant sa télé, pourquoi ne pas en profiter pour se rendre sur place et combiner à la fois la passion du sport et du voyage? C’est ce que j’ai déjà fait à deux reprises puisque je suis allée en Afrique du Sud pour le Mondial en 2010 puis au Brésil en 2014. A chaque fois, ce fût une aventure formidable et inoubliable. Avec les supporters du monde entier qui débarquent pour encourager leur équipe on a l’impression de faire le tour du monde tout en restant dans le même pays. L’esprit festif et convivial prédomine largement sur les rivalités et animosités qui peuvent parfois exister entre supporters. Plus qu’un simple sport, le football est un formidable vecteur de rassemblement social.

Souvenirs de la Coupe du Monde au Brésil en 2014 avec mon amie Emily

Alors comment s’y prendre pour organiser un voyage en Russie pour voir le Mondial? Contrairement aux idées reçues, on peut très bien assister à une Coupe du Monde sans se ruiner, pour peu qu’on soit débrouillard, flexible et peu exigeant sur le confort en voyage. Que ce soit pour l’Afrique du Sud ou le Brésil, je n’avais rien organisé à l’avance, pas même acheté de billets pour les matches. Mais pour la Russie, la configuration s’annonce différente. C’est un pays plus compliqué que les autres et qui n’est pas très touristique. J’y suis déjà allée à trois reprises, donc je vous invite déjà à lire cet article général avec tous mes conseils pour un voyage en Russie. Pour ce qui est du Mondial, voilà les principales informations que j’ai pu réunir et les astuces que je peux donner forte de mon expérience de deux Coupes du Monde.

Le logo Russia 2018 à Volgograd sur les bords de la Volga

Visa russe mode d’emploi pour la Coupe du Monde

C’est la première bonne nouvelle: les supporters détenteurs de tickets pour les matches seront exemptés de visa pour entrer en Russie. Quand on sait la galère pour l’obtenir et le prix à payer, c’est un sacré avantage! Il suffira d’avoir acheté au minimum un billet, et cela donnera droit à rester en Russie dans une période commençant dix jours avant le premier match (soit le 4 juin à partir de 00h00) et s’achevant dix jours après la finale (soit jusqu’à 23h59 le 25 juillet), donc beaucoup plus que le visa de tourisme qui est limité à 30 jours. Il faudra par contre faire une demande de Fan-ID, sorte de pièce d’identité du supporter, qu’il faudra présenter pour accéder aux stades. Tout est expliqué sur ce site: https://www.fan-id.ru/index.html  Il faudra bien sûr avoir un passeport également, valide sur toute la durée du voyage en Russie.

Pour ceux qui souhaitent assister au Mondial sans avoir acheté de tickets de matches au préalable, qui veulent juste profiter de l’ambiance ou qui accompagnent des supporters, il faudra faire une demande de visa russe classique. Pour ma part, je recommande plutôt de passer par une agence comme Action Visas pour faciliter les démarches.

Acheter des tickets pour les matches du Mondial

Mes billets de matches pour le Mondial en Afrique du Sud et au Brésil

C’est bien sûr l’étape la plus importante: réussir à acheter un/des ticket(s) pour la compétition. Comme je l’ai indiqué en introduction, pour les précédentes Coupes du Monde je n’avais acheté aucun billet à l’avance, donc je ne suis pas très familière du fonctionnement du site de la Fifa. C’est en tout cas le seul site officiel pour acheter des billets. Il y a déjà eu plusieurs phases de vente, notamment par tirage au sort, et la prochaine a lieu du 13 mars au 3 avril, sur la base de premier arrivé, premier servi. Il faut donc être assez réactif pour dégoter les précieux sésames. La dernière phase aura lieu du 18 avril au 15 juillet, jour-même de la finale. Il sera donc encore possible d’acheter des billets après le début de la compétition, notamment à la fin des phases de groupes, quand on saura quelles sont les équipes qui poursuivent la compétition. A ce moment là, il peut y avoir pas mal de possibilités d’achat de dernière minute, surtout lorsque des équipes favorites ne sont pas qualifiées pour la deuxième phase: de nombreux supporters déçus annulent les options qui leur permettaient de voir les matches de leur équipe et libèrent donc des billets à la vente.

Il y a quatre catégories de prix différentes, sachant que la 4e, la moins chère, est réservée aux ressortissants russes. C’est comme ça pour toutes les Coupes du Monde: il y a toujours des tickets moins chers pour permettre aux habitants du pays de profiter plus facilement de l’événement. Un Russe pourra ainsi assister à un match de groupe en déboursant un peu moins de 20 euros, ce qui permet au Mondial de rester une fête populaire. Pour les étrangers, le prix minimum est de 90 euros (c’est moins cher que le prix du visa russe qui dépasse facilement les 100 euros avec les frais annexes).

Avant d’acheter ses tickets pour les matches, il faut avant tout décider quelle stratégie adopter. Encourager les Bleus et suivre l’équipe de France? Il faut alors postuler pour les packs de la première phase et/ou les options sur les matches d’après en fonction des résultats. A ce stade de la phase de vente, comme beaucoup de billets ont déjà été écoulés, il peut être judicieux d’envisager une stratégie alternative: viser des matches pour lesquels il y a peu de demande. Par exemple: Croatie/Nigeria le 16 juin à Kaliningrad, Suède/Corée le 18 juin à Nijni-Novgorod, Islande/Nigeria le 22 juin à Volgograd… Cela peut permettre d’être assuré de voir au moins un match et d’avoir ainsi le précieux fan-ID qui donne droit au visa russe et à l’entrée des stades.

Comme pour chaque grand événement sportif il y a bien sûr un énorme marché noir de la revente de tickets. Tout d’abord, il faut faire preuve de prudence avec les sites comme Ticketbis ou Viagogo. Ce ne sont pas des sites officiels, mais des sites de revente de particuliers à particuliers, comme eBay ou Le Bon coin. Ils prétendent « sécuriser » les transactions mais ils ne peuvent pas contrôler si les billets proposés à la vente sont vrais ou faux. Beaucoup d’avis négatifs circulent à leur sujet, donc mieux vaut éviter d’y acheter le moindre ticket. Cette remarque vaut pour tous les sites internet en fait. Le seul site officiel d’achat de billets c’est celui de la Fifa. J’ai plusieurs fois croisé des supporters en Afrique du Sud ou au Brésil qui s’étaient fait avoir en dépensant des fortunes sur des sites de ce genre et ils n’ont jamais vu la couleur de leurs billets…

Le meilleur moyen alternatif d’acheter des tickets pour le Mondial c’est directement sur place. De par mon expérience, j’ai pu constater que ce n’était pas trop compliqué d’acheter des tickets à la dernière minute devant les stades avant le début des matches (surtout pour les matches de groupes ou les affiches moins prestigieuses, pas pour la finale ou les matches avec des grandes équipes bien sûr). Et contrairement aux idées reçues, pas forcément besoin de payer plus cher que le prix des billets. Il y a toujours des particuliers qui revendent des tickets car ils ont un ou des amis qui n’ont pas vu venir. Beaucoup de groupes de potes ou de familles décident un an avant d’aller voir la Coupe du Monde tous ensemble, achètent leurs billets sur le site de la Fifa, et à la dernière minute, l’un ou plusieurs d’entre eux ne peut plus financer le voyage, est obligé d’annuler, etc… Avec la loi de l’offre et de la demande devant les stades, c’est même parfois possible d’acheter des billets à prix bradés, car il peut y avoir plus de vendeurs que d’acheteurs. Quelques conseils et choses à savoir:

  • En arrivant devant le stade, ne pas se précipiter en achetant les premiers billets proposés. Prendre le temps de faire un tour et demander les prix auprès de plusieurs personnes.
  • Pas besoin d’arriver trop tôt. Les meilleurs deals se font souvent peu avant le début du match, quand les revendeurs bradent les tickets.
  • Préférer acheter des tickets à des particuliers plutôt qu’à des revendeurs au noir qui se prennent des commissions et majorent les prix.
  • Pour éviter arnaques et faux billets, demander au vendeur de vous accompagner à l’entrée du stade et de rentrer en même temps s’il est aussi en possession d’un billet.
  • Refuser de payer plus cher que le prix du billet: ça alimente les trafics. En général, les particuliers qui ont des billets en trop veulent juste récupérer les sous pour leurs amis qui n’ont pas pu venir et revendent au prix d’achat.
  • Ne pas mettre tout son argent liquide au même endroit pour éviter de déballer trop de billets au moment de l’achat. On peut tenter de négocier en disant qu’on a par exemple 50 euros maximum sur soi en montrant son porte-monnaie pour convaincre le vendeur de céder à ce prix-là.
  • C’est beaucoup plus facile d’acheter un billet si on est tout seul que si on en cherche deux ou plusieurs places assises à côté.
  • Viser les matches de groupes sans équipe prestigieuse comme ceux que je citais précédemment (Suède-Corée, Islande-Nigeria, Panama-Tunisie). Lors de la dernière Coupe du Monde au Brésil, c’était par exemple très facile d’acheter un billet dernière minute pour Ghana/Etats-Unis à Natal: il y avait beaucoup plus de vendeurs que d’acheteurs devant le stade. Pour la seconde partie de la compétition, viser les matches avec « affiche surprise ». En Afrique du Sud par exemple, j’ai pu voir très facilement le 8e de finale Uruguay-Corée du Sud à Port Elisabeth: il y avait peu de supporters pour ces deux équipes et j’ai même vu des officiels distribuer des billets gratuits devant le stade pour remplir les tribunes qui sinon seraient restées à moitié vides.
  • Concernant le nom qui figure sur le billet (et n’est pas le bon forcément), il faut savoir que ça ne m’a jamais posé problème. J’ai assisté à deux Coupes du Monde, aux Jeux Olympiques à Londres, à des concerts et des matches dans le monde entier avec des billets qui n’étaient pas à mon nom et je n’ai jamais vu de contrôle d’identité à l’entrée des stades. Difficile de dire à l’avance avec certitude ce qu’il en sera en Russie, mais je doute que ce soit différent. Par contre, à mon avis, ce sera impossible de rentrer dans un stade sans avoir le fan-ID autour du cou. Il faudra donc avoir acheté au moins un billet de manière officielle sur le site de la Fifa.
  • Prévoir un plan B: repérer un bar à proximité du stade pour voir le match au cas où on n’arrive pas à trouver de billet. Ou sinon se rabattre sur le Fan Fest de la ville, mais en général, avec le temps de transport, on rate la première mi-temps.

Séance photo avec les Angolais qui m’ont offert un billet pour le 1/4 de finale France-Allemagne à Rio de Janeiro

Un billet gratuit en échange d'un sourire


Lors des deux précédentes Coupes du Monde, j’ai eu recours en fait à un procédé un peu insolite pour trouver mes billets d’entrée. J’allais directement devant les stades avec une pancarte « Fille française donne un sourire pour un billet gratuit ». La méthode a plutôt bien marché puisqu’en Afrique du Sud j’ai pu assister ainsi à quatre matches: France-Uruguay et Angleterre-Algérie à Cape Town, le 8e de finale Uruguay-Corée du Sud à Port Elisabeth et la finale Espagne-Pays-Bas à Johannesbourg (à lire: tout le récit de mon aventure pour la finale de la Coupe du Monde). Au Brésil j’ai vu Etats-Unis-Ghana à Natal (à voir en vidéo ci-dessous), le 8e de finale France-Nigeria à Brasilia et le 1/4 de finale France-Allemagne à Rio de Janeiro. Alors ce n’est pas forcément reproductible par tout le monde car il faut avoir envie d’endosser ce rôle et de jouer le jeu, mais suite à mes récits sur mon blog, plusieurs autres personnes ont essayé (dont des mecs je tiens à préciser) et réussi également. Alors libre à vous de tenter le coup! En tout cas j’ai déjà essayé la pancarte en russe pour aller voir U2 en concert à Moscou avec mon amie Emily (Travel and Film) et nous avions trouvé nos deux billets.

 

Se loger en Russie pendant le Mondial

Aire de repos pour les supporters à l’aéroport de Rio de Janeiro pendant le Mondial 2014

Ce sera à mon avis le point noir du budget pour assister au Mondial en Russie. Tout va vite être complet et très cher. Mise à part les quatre villes Moscou, St-Pétersbourg, Sotchi et Kazan, qui sont assez touristiques et qui présentent une forte capacité hôtelière, les autre villes hôtes vont avoir du mal à loger les milliers de supporters qui vont débarquer en masse. Mon conseil, c’est donc d’essayer de faire des réservations le plus tôt possible: l’avantage quand on passe par un site comme Booking, c’est que la majorité des réservations sont annulables sans frais. Donc on peut bloquer des options et se décider plus tard. Sinon, un autre site très populaire pour réserver des hôtels en Russie c’est Ostrovok, mais je ne m’en suis jamais servie. J’avais consacré un paragraphe assez long sur la question de l’hébergement dans mon article sur tous mes conseils pour un voyage en Russie. Il va sans dire que les budgets moyens mentionnés en temps normal (20 à 40 euros la nuit pour un hôtel petit/moyen budget) seront largement dépassés pendant la période Coupe du Monde. Pour ceux qui voyagent à 4 ou plus, il sera sûrement bien plus intéressant de réserver un appartement sur une plateforme comme Airbnb ou Abritel. Normalement le couchsurfing (hébergement gratuit chez l’habitant) marche très bien en Russie, mais pendant le Mondial, ce sera difficile. Il faudra avoir un profil avec de nombreuses références et être un utilisateur du site depuis plusieurs années pour trouver un hôte. Pour ma part, j’ai utilisé couchsurfing en Afrique du Sud et au Brésil, mais je suis membre du site depuis 2009 et j’ai donc un très bon profil.

Camping improvisé au Sambodromo à Rio de Janeiro pour les supporters

Sinon il faudra compter sur le système D et être prêt à dormir dans des situations de fortune. Au Brésil par exemple, il y avait des « Fun Zone » dans les aéroports pour permettre aux supporters de se reposer quelques heures avant ou après un vol en avion. A Rio de Janeiro, face à l’afflux massif d’Argentins, un camping de fortune avait été installé sur le sambodromo, là où défilent les écoles de samba pendant le carnaval. A mon avis, pour les supporters petit budget en Russie, ce sera une bonne idée de partir avec une tente et des sacs de couchage car il y aura parfois des campings provisoires installés en bordure des villes.

Il faut savoir aussi que les règles d’enregistrement ont été durcies pour la période de la Coupe du Monde. Normalement, les étrangers qui voyagent en Russie doivent s’enregistrer dans les sept jours ouvrés quand ils logent dans une ville. Mais entre le 25 mai et le 25 juillet 2018, il faudra s’enregistrer dès le premier jour d’arrivée. Quand on est à l’hôtel ce n’est pas un problème car il suffit de demander à la réception de faire cette formalité, mais pour ceux qui choisiront le logement chez un particulier, il faudra bien demander à son hôte de faire cette opération. Sinon c’est aussi possible de faire la démarche dans un bureau de Poste. En temps normal, c’est une procédure qui est peu contrôlée, mais cela peut arriver qu’on doive fournir les justificatifs d’enregistrement à la sortie de Russie. Difficile de dire avec certitude ce qu’il en sera pendant la Coupe du Monde. Le mieux c’est au moins de bien faire son enregistrement le premier jour où on arrive en Russie, puis un autre dans le courant du voyage, comme ça on a l’esprit tranquille.

Se déplacer en Russie pendant la Coupe du Monde

Comme pour l’hébergement, j’ai déjà donné de nombreuses informations sur les transports en Russie dans cet article. L’avion et le train sont les meilleurs moyens pour rallier une ville à l’autre. Les distances sont très grandes: de Saint-Pétersbourg à Iekaterinbourg il y a plus de 2.000km et de Iekaterinbourg à Sotchi, presque 3.000km. Une bonne nouvelle pour ceux qui ont des tickets de matches: il y a aura des trains gratuits pour les supporters pour rallier les villes hôtes. Par contre, on ne pourra pas monter dedans avec juste son ticket de match: il faudra avoir réservé sur ce site http://welcome2018.com/en/free-transport/

Sinon pour les transports urbains, le Fan-ID donnera le droit d’utiliser les transports en commun gratuitement les jours de matches. D’une manière générale, les transports en commun sont très développés et très fiables dans les villes russes. Par contre, pour réussir à s’orienter, ça vaut vraiment le coup d’acheter une carte Sim locale en arrivant pour avoir internet tout le temps. Ca permet aussi de pouvoir utiliser les applications de taxi comme Uber ou Gett: on peut savoir dès la commande le prix qu’on va payer pour la course et il y a moins de problème de compréhension avec le chauffeur puisqu’on rentre soi-même l’adresse. Pour les cartes Sim, il faut demander l’option « All Russia », car sinon des frais de roaming s’appliquent quand on change de région.

La feuille de route des Bleus


L’équipe de France jouera son premier match contre l’Australie le 16 juin à Kazan, le deuxième contre le Pérou le 21 juin à Iekaterinbourg et le troisième contre le Danemark le 26 juin à Moscou. Avec ce groupe « assez facile », on peut espérer que la France termine première: elle disputerait alors son huitième de finale le 30 juin à Kazan. Si elle finit deuxième, elle jouera le 1er juillet à Nijni-Novgorod. Pour les quarts de finale, les deux options possibles sont soit le 4 juillet à Nijni-Novgorod, soit le 5 juillet à Sotchi. Pour les demies: soit le 10 juillet à Saint-Pétersbourg, soit le 11 juillet à Moscou. Pour finir, la « petite finale » aura lieu le 14 juillet à Saint-Pétersbourg et la finale le 15 juillet à Moscou. Pas sûre du tout que la France aille jusque là, mais on peut toujours rêver…

Le match des villes hôtes: quel itinéraire en Russie?

La réponse à cette question dépend avant tout des tickets de matches qu’on réussit à acheter et des équipes qu’on souhaite suivre bien sûr. Il y aura au total 64 rencontres, dans 11 villes hôtes: Kaliningrad, Saint-Pétersbourg, Moscou, Nijni-Novgorod, Saransk, Iekaterinbourg, Kazan, Samara, Volgograd, Rostov-sur-le-Don et Sotchi. Elles sont toutes situées dans la partie européenne de la Russie, car il aurait été bien évidemment irréaliste d’organiser des matches en Sibérie ou jusqu’à Vladivostok… Mais indépendamment des matches, il y a des villes plus ou moins incontournables à découvrir en Russie. Sur les 11 villes hôtes, j’en ai visité 8. Voilà quelques conseils et impressions. Pour ceux qui voudront combiner Mondial de foot et voyage en transsibérien, il faut savoir que trois villes se situent sur le parcours de ce train mythique: Nijni-Novgorod, Kazan et Iekaterinbourg. Pour un voyage thématique le long de la Volga, on pourra s’arrêter à Nijni-Novgorod, Kazan, Samara et Volgograd. C’est possible de demander un devis gratuit et sur-mesure à une agence de voyage pour ceux qui préfèrent un voyage organisé plutôt qu’en indépendant.

Moscou: une capitale incontournable et fascinante

La cathédrale Basile-le-Bienheureux sur la place Rouge

Qu’on aille voir ou pas un match à Moscou, c’est un passage quasi-incontournable avec les liaisons aériennes. Ce serait donc dommage de ne pas s’arrêter au moins trois ou quatre jours pour découvrir la capitale de la Russie, qui est, à mon avis la ville la plus intéressante et la plus fascinante du pays. Il y a des débats sans fin entre les partisans de Moscou et ceux de Saint-Pétersbourg pour le titre de plus belle ville de Russie, mais pour ma part, le choix est sans appel: c’est Moscou! Avec la mythique place Rouge, la multicolore cathédrale Basile-le-Bienheureux et le prestigieux Kremlin, on découvre avec fascination les emblèmes de la Russie les plus célèbres dans le monde. Mais Moscou n’est pas seulement une ville avec un riche patrimoine historique, c’est aussi une capitale qui se modernise à très grande vitesse et qui impressionne par son dynamisme. Des espaces artistiques alternatifs émergent des friches industrielles, comme Red October, en face de la cathédrale du Christ-Sauveur; des gratte-ciels futuristes apparaissent dans le ciel de Moscow City comme Evolution Tower; des nouveaux espaces verts apparaissent en plein milieu de la jungle urbaine comme le magnifique parc Zaradié à côté de la place Rouge. Par contre, Moscou est une ville immense et un peu froide au premier abord. Pour faire la fête avec les supporters il faudra à mon avis aller du côté de la rue de l’Arbat ou dans le quartier de Kitaï-Gorod. Le fan fest sera à Vorobyovy Gory (la colline des moineaux), au sud-ouest de Moscou, juste à côté du stade Loujniki. Pour le logement, s’il faut s’éloigner du centre pour trouver un prix correct, ça peut être intéressant de regarder les options possibles le long de la ligne de métro 1 (la ligne rouge), qui dessert à la fois la place Rouge, le stade Loujniki et le quartier de l’Arbat. Trouver un hôtel à Moscou.

Saint-Pétersbourg: architecture et nuits blanches

L’Ermitage et la cathédrale du Sauveur-sur-le-Sang

Même si Moscou a ma préférence, Saint-Pétersbourg vient en numéro 2 parmi les plus belles villes de Russie. C’est assez improbable que la France y dispute un match, mais quoiqu’il en soit, ce serait vraiment dommage de ne pas profiter de ce voyage pour aller découvrir la ville des tsars. En plus, autour du solstice d’été le 21 juin, ce sera la fameuse période des « nuits blanches », avec des journées de presque 24 heures. Avec l’Ermitage, qui compte parmi les plus beaux musées du monde, la cathédrale multicolore du Sauveur-sur-le-Sang et les nombreux canaux sur la Neva qui lui donnent le surnom de « Venise du Nord », Saint-Pétersbourg est une ville immanquable.  Elle est située à 4 heures de train de Moscou. L’offre hôtelière est très importante à Saint-Pétersbourg, donc je pense que ce sera une des rares villes hôtes du Mondial où il sera possible de se loger sans payer un prix excessif. Trouver un hôtel à Saint-Pétersbourg.

Kazan: multiculturelle et sportive

La mosquée Kul Sharif au sein du Kremlin de Kazan

Kazan est une ville très surprenante en Russie et à mon avis, ça sera un des meilleures « spot » pour assister au Mondial! Ca tombe bien car la France y dispute son premier match le 16 juin, et peut-être un huitième de finale le 30 juin si elle finit première du groupe C. Kazan a déjà accueilli en 2017 la Coupe des confédérations de la Fifa. C’est donc une ville qui a déjà l’expérience des grands événements sportifs mondiaux et elle dispose de bonnes infrastructures hôtelières et de transport. En plus, c’est une ville étudiante et il y a un centre-ville animé avec beaucoup de bars. La grande rue piétonne qui traverse la ville, la rue Bauman, sera certainement l’épicentre de l’animation festive, même si le stade et le fan fest seront situés de l’autre côté de la ville, sur l’autre rive de la rivière Kazanka. Niveau touristique, c’est une ville très intéressante à découvrir, notamment pour son côté multiculturel: Kazan est la capitale du Tatarstan, une république autonome musulmane de Russie. J’ai écrit un article sur tout ce qu’il y a à voir et visiter à Kazan. Pour l’hébergement, ce sera beaucoup plus agréable de loger dans les alentours de la rue Bauman, entre le Kremlin et la place Tukaya. Trouver un hôtel à Kazan.

Samara: coup de cœur sur les bords de la Volga

Sur les bords de la Volga, entre Kazan et Volgograd, Samara n’est pas une ville très connue sur le plan touristique, mais ça a été une de mes plus belles surprises en Russie. Le principal atout ce sont les longues plages de sable blanc le long de la Volga qui donnent à la ville un air très sympa de cité balnéaire en été. Les plages y sont même beaucoup plus agréables que celles de la mer Noire qui en fait sont toutes recouvertes de galets. Samara compte aussi beaucoup de belles églises orthodoxes et des maisons colorées en bois traditionnelles. Il y a également un musée de l’espace intéressant car c’est à proximité que sont construites les fusées spatiales Soyouz. Niveau historique, on peut y visiter le bunker de Staline pendant la Seconde Guerre mondiale. Avec les bars qui s’installent en bord de plage les beaux jours, je pense que l’ambiance pendant le Mondial devrait y être très festive! La France n’y disputera pas de match, mais ça sera une étape agréable de détente balnéaire. Pour ceux qui hésitent encore, des Russes m’ont dit que c’était à Samara qu’on trouvait les plus belles femmes de Russie et les meilleures bières… Après ça, si vous n’êtes pas encore convaincus, je ne peux plus rien dire! Trouver un hôtel à Samara.

Iekaterinbourg: Oural et transsibérien

Iekaterinbourg, c’est la grande métropole de l’Oural, située sur le passage de la frontière entre l’Europe et l’Asie. Historiquement, la ville est célèbre pour avoir été le lieu de l’assassinat du tsar Nicolas II et de sa famille en 1918 par les bolcheviks. C’est un bon camp de base pour partir explorer les montagnes de l’Oural. On peut réserver des tours d’une journée dans la nature à l’office du tourisme. Iekaterinbourg est aussi une ville étape intéressante sur le trajet du transsibérien. On peut y prendre une portion du train mythique et continuer après vers la Sibérie, le lac Baïkal et pourquoi pas même Vladivostok! On peut réserver les billets sur le site en anglais de Russian Railways (nom anglais: Ekaterinburg). Par contre, pendant les périodes de matches, ce sera assez difficile de trouver un hébergement. Les capacités hôtelières de la ville sont assez limitées. Trouver un hôtel à Iekaterinbourg.

Volgograd: le souvenir de Stalingrad

Il n’y aura pas de matches de l’équipe de France, mais Volgograd peut être une étape intéressante pour ceux qui s’intéressent au tourisme de mémoire: c’est le nouveau nom de Stalingrad, qui fut la plus terrible bataille de la Seconde Guerre mondiale. De 1942 à 1943 plus d’un million de soldats et civils y sont morts, dont 800.000 soviétiques. Le patriotisme héroïque de la nation russe a permis de mettre un coup d’arrêt à l’Allemagne nazie sur le front Est. Sur les bords de la Volga, Volgograd est une ville typique soviétique avec de grands ensembles architecturaux. Le stade ultra-moderne, la Volgograd Arena a été construit sur les décombres de la Seconde Guerre mondiale, aux pieds du monument le plus emblématique de la ville: la gigantesque statue de la mère patrie de 70m de haut érigée en souvenir de la bataille. Il devrait y avoir une bonne ambiance lors du passage des supporters de l’équipe d’Islande (match Nigeria-Islande le 22 juin) et des Japonais (match Japon-Pologne le 28 juin). Trouver un hôtel à Volgograd.

Nijni-Novgorod: églises et bords de la Volga

Les Bleus pourraient s’y rendre en huitième ou en quart-de-finale. Nijni-Novgorod est une ville sympathique sur les bords de la Volga, pas très loin de Moscou en train. Il y a beaucoup de belles églises orthodoxes avec des dômes dorés qui scintillent sous le soleil. La partie moderne de la ville, du côté de la gare de train, de la place Lénine et du stade n’est pas très agréable. Mieux vaut traverser le long pont qui coupe la ville en deux, de part et d’autre de la rivière Oka. C’est plus sympa de loger de ce côté-ci de Nijni-Novgorod, même s’il faudra traverser pour assister aux matches. Trouver un hôtel à Nijni-Novgorod.

Sotchi: la riviera russe sur la mer Noire

Autant le dire tout de suite, j’ai été très déçue par Sotchi. Située sur les bords de la mer Noire, c’est la station balnéaire la plus populaire de Russie, mais tout y est très cher, et les plages, recouvertes de galets, pas si agréables que cela. Beaucoup de supporters seront peut-être tentés d’y passer quelques jours de vacances en fin de Mondial, mais à mon avis les plages de sable blanc le long de la Volga comme celles de Samara seront plus sympas. Le seul avantage de Sotchi c’est de disposer de bonnes infrastructures hôtelières et de transport. La ville a notamment accueilli les jeux Olympiques d’hiver de 2014, mais en fait les compétitions de ski se sont déroulées dans les montagnes à Rosa Khutor, à deux heures de Sotchi, et les compétitions en salle avaient lieu sur le village olympique qui est situé à Adler, à 30/40 minutes de Sotchi. Pour ceux qui iront voir un match de Mondial à Sotchi (peut-être la France en quart-de-finale le 5 juillet), il vaudra d’ailleurs beaucoup mieux se baser à Adler plutôt qu’à Sotchi. En plus, la plage y est moins bétonnée. Trouver un hôtel à Adler.

Kaliningrad, Rostov-sur-le-Don et Saransk

Difficile de donner des indications sur ces trois villes car je ne les connais pas. Saransk n’est pas une ville remarquable sur le plan touristique, donc à moins d’avoir un ticket de match et d’être très motivé pour y aller, ça ne vaut pas trop le coup. En plus, c’est la ville hôte où il va y avoir le plus de problème de logement car les infrastructures hôtelières sont assez limitées. Kaliningrad est un endroit assez atypique en Russie, car c’est situé dans une enclave territoriale entre la Pologne et la Lituanie, sur les bords de la mer Baltique. Rostov-sur-le-Don est une jolie ville sur les bords de la Volga. J’aurais souhaité pouvoir m’y arrêter lors de mon dernier voyage en Russie en septembre-octobre 2017 mais je n’ai pas eu le temps.

 

Voyager en Russie pendant le Mondial 2018 Voyager en Russie pour la Coupe du Monde de football

Sécurité et voyage en Russie pendant le Mondial

Risque terrorisme. La Russie est un pays qui inquiète un peu niveau sécurité en voyage car l’insécurité géopolitique y est assez élevée, avec plusieurs conflits en cours, notamment avec la Géorgie ou l’Ukraine. Le risque terrorisme est bien évidemment à prendre en compte, d’autant plus que les grands événements mondiaux types Mondial ou Jeux Olympiques peuvent apparaitre comme des cibles potentielles. Ces dernières années, la Russie a été plusieurs fois victime d’attentats terroristes comme à Moscou en 2011, à Volgograd en 2013 ou à Saint-Pétersbourg en 2017. Pour autant, rien ne sert de céder à la paranoïa. Les mesures de sécurité sont très élevées en Russie et le seront encore plus pendant la compétition. Et de toutes manières, rares sont les pays aujourd’hui épargnés par cette menace.

Hooliganisme. L’autre crainte majeure concerne le hooliganisme. On se souvient tous des violents heurts à Marseille entre supporters russes et anglais pendant l’Euro de football 2016. Il y a un vrai problème de hooliganisme russe effectivement, mais cela concerne surtout les déplacements à l’étranger. Sur le territoire de la Russie, les forces de sécurité sont très importantes et il y a de bonnes raisons de croire que les éléments extrémistes ne prendront pas le risque de se retrouver emprisonnés pour de longues années. Il pourrait tout de même y avoir quelques tensions lors des matches avec l’Angleterre (le 18 juin à Volgograd, le 24 juin à Nijni-Novgorod et le 28 juin à Kaliningrad), mais les hooligans anglais devraient être aussi tentés de se tenir à carreau plutôt que de finir dans les prisons de Poutine…

Sécurité des voyageurs. Globalement la Russie est un pays assez sûr pour les touristes, mais un problème de sécurité qui pourrait affecter de manière assez large les supporters, et surtout les hommes, c’est le risque de se faire droguer en soirée pour se faire dépouiller. J’ai entendu plusieurs histoires de mecs qui ont eu des soucis avec ça en Russie, parfois avec des conséquences très graves comme de se réveiller à l’hôpital dans le coma, ou pire d’y perdre la vie. Les femmes ont l’habitude de se méfier en sortant le soir et de vérifier leurs verres, mais les hommes beaucoup moins, surtout lorsqu’ils se retrouvent face à une blonde magnifique (qui n’a pas forcément de bonnes intentions!). Ce sera donc certainement le point où il faudra être le plus vigilant pendant le Mondial: ne pas accepter des boissons d’inconnu(e)s, surveiller ses verres et rester sur ses gardes! La Coupe du Monde est une fête populaire exceptionnelle, alors ce serait dommage de voir les festivités gâchées de la sorte. Et bien sûr, comme pour tout voyage à l’étranger, il faut bien évidemment partir avec une bonne assurance voyage.

Le Mondial comme moyen de communication culturel

Rencontres avec des supporters du monde entier lors du Mondial en Afrique du Sud

A tous ceux qui ont prévu d’aller en Russie pour la Coupe du Monde, j’espère avoir donné quelques pistes pour mieux organiser un tel voyage. Le plus important finalement ce ne sont pas les matches ou les résultats sportifs, mais les moments partagés avec les autres supporters lors de cette grande fête populaire. Mes meilleurs souvenirs, ce sont les rencontres avec des gens du monde entier, dans les bars, les fan fest, devant les stades… Pour cela, vivre un Mondial est vraiment quelque-chose d’unique et pas besoin d’être passionné de football pour en profiter. Le sport est surtout un prétexte à la fête et un formidable moyen de communication entre les cultures.

Je n’ignore pas les polémiques qui entachent ce genre de compétitions sportives, les dérives du foot business et les scandales de corruption. Bien sûr que les milliards dépensés pour construire des stades pourraient être utilisés pour construire des hôpitaux ou des écoles. Mais il faut aussi prendre en compte l’impact positif des investissements dans de meilleures infrastructures de transport, la rénovation des monuments pour donner une bonne image du pays et le coup de projecteur pour développer le tourisme. Lors de mon dernier voyage en Russie, en septembre-octobre 2017, j’ai eu la drôle de surprise de découvrir un pays en chantier, avec partout des travaux pour refaire les routes et les aéroports et des échafaudages sur quantité de sites historiques et culturels. La Coupe du Monde de football est un formidable accélérateur de modernisation. Je crois également plus que tout à la force du dialogue culturel et aux échanges entre les peuples pour faire bouger les choses. La Russie traverse une difficile période de transition vers un autre modèle économique et politique. Longtemps restée fermée sur elle-même et les pays du bloc soviétique, c’était un immense empire qui n’avait pas besoin des autres pour s’en sortir. Il y a encore beaucoup de méfiance culturelle et de préjugés de part et d’autre. Je suis peut-être utopique et naïve, mais j’ai l’espoir de croire qu’attablés autour d’une bonne bière devant un match de foot, supporters russes et étrangers feront plus ample connaissance et relègueront au second plan les rivalités sportives et politiques. Rien de tel qu’un comptoir de bar pour refaire le monde… C’est une chance pour la Russie d’accueillir sur son sol autant de voyageurs du monde entier. J’espère qu’elle saura la saisir!

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